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Journée mondiale des enseignants
"Un prof bien formé, c'est un prof mieux équipé pour appréhender l'apprentissage de ses élèves"
Le vendredi 4 octobre 2019

A l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, ce samedi 5 octobre, Emma Itoua, prof en 5e, 6e et 7e secondaires se confie sur la difficulté de sa profession mais aussi sur sa passion des sciences de l’éducation et l’importance de la transmission du savoir.

« Prof, c’est ma deuxième carrière »

Emma Itoua plaide coupable d’entrée de jeu : « Avant d’être enseignante, je critiquais les enseignants et j’avais les mêmes stéréotypes que tout le monde c’est-à-dire: c’est un boulot de planqués, ils ont beaucoup de vacances et ils ne travaillent pas énormément. Et puis, la vie fait que j’étais au bord de la dépression ou du burn-out dans mon premier job. J’ai donc entamé une réflexion sur ma carrière professionnelle et je me suis rendue compte que j’avais toujours aimé transmettre mes connaissances. Je suis aussi passionnée par les sciences de l’éducation et je fais le plus de formations possibles dans ce domaine. Bref, j’avais envie de transmettre ce que je sais et de donner aux apprenants le bagage nécessaire pour “affronter la vie”. Et, je suis devenue enseignante. »

Enseignant, c’est un métier pénible

Pour Emma Itoua, une chose est sûre, lorsqu’on devient enseignant en seconde carrière, il y a un engagement qu’on ne peut pas mettre en doute. « Quand j’ai commencé à enseigner, j’ai vite compris que c’est un métier pénible. On est face à une jeunesse en rupture totale et ce, à tous les niveaux. L’enseignement, c’est un sacerdoce. Il faut avoir “le feu sacré” pour accompagner les jeunes à construire la société de demain. Donc si tu n’as pas ça en toi, au bout de deux ou trois ans, tu lâches parce que ce n’est pas un métier facile.

Par exemple, lorsque j’organise un débat sur les lois et les normes de notre société, les trois quarts de ma classe commencent l’échange avec l’idée en tête que la police, c’est l’ennemi. Les institutions ne leur parlent pas et ils n’y comprennent pas grand chose. On pourrait dire qu’ils sont complètement « à la ramasse » au niveau du fonctionnement de notre pays, de nos lois et de nos gouvernements. Tout cela, sans doute, par manque de dialogue.

Et, ce n’est pas tout. Aujourd’hui, les directeurs et les enseignants se sentent incompris, pas entendus et seuls. On ne nous donne pas les outils pour enseigner dans de bonnes conditions. Ce n’est pas du tout valorisant d’être prof. à l’heure actuelle. On est tout simplement de plus en plus démotiver et cela a évidemment un impact sur les jeunes qui sont dans nos classes. »

La motivation des élèves, le plus gros challenge

En tant qu’enseignante, Emma Itoua a un but principal : « Je veux que quand j’arrive en classe, mes élèves soient contents de me voir. Et, quand le cours est fini, je veux qu’ils sortent en se disant qu’ils ont appris quelque chose. Pour moi, le prof est au centre du développement d’un pays. Sans éducation, il ne peut pas y avoir de développement de la société. Il faut que nos institutions écoutent davantage la base. Les experts des ministères sont souvent à des années lumières de la réalité du terrain. Il faut aller plus loin, par exemple, dans les propositions de formations. Un prof. bien formé, c’est un prof. mieux équipé pour appréhender l’apprentissage de ses élèves. »

La qualité d’un système éducatif est fonction de ses enseignants

L’enseignement est une des priorités de DéFI ! C’est un thème qui est défendu au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par Joëlle Maison. Ce jeudi 3 octobre, notre députée bruxelloise interpellait la nouvelle Ministre de l’enseignement sur le manque d’attractivité du métier mais aussi sur les solutions à apporter face à la pénurie des enseignants. « La qualité d’un système éducatif est fonction de celle de ses enseignants, c’est indéniable. Nous voulons outiller les enseignants. Leur donner des solutions et leur faire confiance, les sortir de leur isolement, combattre les violences auxquelles ils sont parfois soumis, décloisonner les réseaux. Mais aussi, placer la maîtrise de la langue française et le développement de l’esprit critique au centre des missions de l’école. »

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