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Interview
“Un des dangers de la politique, c’est que c’est devenu un métier que vous faites de 20 à 65 ans”
Le mercredi 30 septembre 2020

François De Smet, député fédéral et président de DéFI, était l’invité des Visiteurs du soir de LN24. Aux côtés de Zidani, humoriste et comédienne, et des deux débatteurs, Luc Hennart et Nicolas Vadot, notre président a commenté l’actualité fédérale, la possibilité d’une nouvelle réforme de l’Etat mais aussi la difficulté des artistes durant la crise coronavirus.

Ne pas faire de la politique toute sa vie

Pour François De Smet, DéFI trouve son utilité en politique par sa force d’inspiration : « Il nous arrive, très modestement, d’avoir raison avant les autres sur une série de dossiers. Et, nous sommes reconnus pour être une force d’inspiration parce que sur certains sujets comme les droits des minorités, les questions de migration, les droits humains, le statut des artistes… DéFI a une ligne qu’il garde et qu’il défend. Je crois que le politique doit servir à cela. »Et si la politique est décriée aujourd’hui, notre président en a toujours une image très noble :  « Je pense que celles et ceux qui l’exercent prennent souvent un risque et mettent une partie de leur vie entre parenthèses. Dans mon idéal, la politique ne devrait même pas être un métier mais un service que l’on rend pendant une partie de sa carrière si possible en ayant déjà fait autre chose avant. Un des danger de la politique, c’est que c’est devenu un métier que vous faites de vos 20 à 65 ans avec les dérives que cela peut comporter. Je pense que la politique se porterait beaucoup mieux si tout le monde en faisait un peu plus. Penser à une limitation des mandats successifs serait une bonne chose. Il faut un renouvellement pour que ce ne soit pas uniquement les mêmes profils au Parlement. Il faudrait plus de représentativité des différents secteurs professionnels. »

Philosophe politique ou politique philosophe ?

Est-ce que sa formation de philosophe sert ou dessert François De Smet aujourd’hui ? L’intéressé souhaite surtout ne pas être réduit à son parcours académique : « Je pense que ça aiguise la curiosité mais il ne faut pas me réduire à un académique et à un philosophe. J’ai aussi travaillé sur le terrain, en étant directeur de Promo Jeunes par exemple. Toute ma vie, j’ai toujours eu une casquette de philosophe qui publie des livres et qui fait des conférences et une autre de travailleur ancré dans la vie de terrain. Et, j’ai toujours eu besoin des deux pour garder mon équilibre. Pour mon travail actuel de politique, la philosophie m’aide à prendre du recul et à tourner les problèmes d’une autre façon. »

“Vous représentez toute la nation pas seulement votre clan”

Très critique des guerres d’égos lors des récentes négociations fédérales, François De Smet admet que tout politique a un égo mais qu’un problème se pose quand les querelles d’égos deviennent tellement importantes qu’elles masquent le fond du problème. « Il ne faut jamais oublier qu’en tant que femme ou homme politique, vous représentez, pour un temps seulement, les citoyens. Vous représentez quelque chose qui vous dépasse et vous avez la responsabilité des gens qui ont voté pour vous mais aussi de ceux qui n’ont pas voté pour vous. C’est frappant de voir, à la Chambre, la N-VA ou d’autres partis parler de leurs électeurs uniquement. Ils oublient que selon les principes de la démocratie parlementaire, chacun des députés représente toute la Nation. Vous représentez aussi ceux qui n’ont pas voté pour vous, ceux qui n’ont pas voté du tout et ceux qui n’ont pas le droit de vote parce qu’ils sont trop jeunes. Si chacun se disait “Je dois représenter toute la Nation dans chacune de mes décisions et pas seulement mon clan parce que ce qui est important ce n’est pas de savoir ce que les bleus, les jaunes, les verts etc… vont avoir à la fin de la négociation mais ce que mon pays a”, on arriverait à une négociation de meilleure qualité et on ne tomberait pas dans ces querelles d’égos. »

Réformer de façon rationnelle avec les secteurs concernés

Les réformes de l’Etat successives ont peut-être montré un dysfonctionnement profond en Belgique. Pour DéFI, il faut faire ce que nous n’avons jamais fait en Belgique : évaluer les réformes avant d’en faire une énième nouvelle. « Nous devons absolument évaluer les différentes réformes de l’Etat et prendre le temps de la consultation des secteurs concernés. Prenons un exemple, la santé. Plusieurs commissions Covid sont en cours et rendront des conclusions sur la gestion de la crise aux différents niveaux de pouvoir mais aussi sur l’articulation des différents niveaux de pouvoir. Le problème de notre fédéralisme c’est qu’il émiette les compétences. Je peux tout à fait vivre avec le fait que certaines compétences sont mieux exercées au niveau régional ou au niveau fédéral. Le problème c’est qu’on a découpé beaucoup de compétences entre les différents niveaux, comme les soins de santé. Pour DéFI, il faudrait demander au Parlement une évaluation des précédentes réformes de l’Etat et sur trois compétences en particulier : la santé, l’économie/le travail et les transports. Objectivement, ce sont les compétences où il y a le plus de problèmes d’articulation. On évalue alors avec des experts, des académiques et des représentants des secteurs concernés. Avec ça, on dresse les contours d’une vraie réforme de l’Etat pour 2024. Il faut profiter de ce temps pour proposer une réforme de l’Etat sur des bases rationnelles et non plus identitaires. »

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