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Fédéral
Un budget à l’image du gouvernement : sans souffle
François De Smet à La Chambre
Le mercredi 22 décembre 2021

Même en essayant de lire entre les lignes, le budget de la Vivaldi ne traduit aucune grande réforme, aucune vision. Ce ne sont pourtant pas les enjeux qui manquent, au-delà de la gestion de la pandémie. Mais à ce stade, le seul défi que relèvent les partis de cette majorité est de gouverner ensemble. Insuffisant pour que nous soutenions ce budget.

L’accord de gouvernement du 30 septembre 2020 prévoit un effort budgétaire fixe annuel de 0,2% du PIB réalisé tout au long de la législature. Concrètement, pour l’année 2022, il faut trouver 911 millions d’euros. Notamment via des recettes supplémentaires. « Espérées », serait plus juste, car à ce stade, le flou persiste sur certains rendements annoncés.

Prenons l’exemple de la lutte contre la fraude fiscale et sociale, annoncée comme l’une des priorités de la Vivaldi. Celle-ci a prévu un rendement budgétaire très impressionnant : 200 millions d’euros en 2021, de 400 millions d’euros en 2022, de 700 millions d’euros en 2023 et de 1 milliard d’euros en 2024.

Faute de calcul précis sur le rendement attendu des mesures fiscales et d’un état de réalisation, le Parlement, n’est toujours pas en mesure de juger objectivement la pertinence des estimations du gouvernement sur ces recettes provenant de la lutte contre la fraude fiscale. On pouvait espérer mieux comme « promesse » tenue, surtout avec la présence de plusieurs partis de gauche au sein de la majorité.

La majorité annonce également 25 mesures pour assainir les finances publiques à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Si DéFI partage l’objectif de ne pas laisser filer le déficit public, à nouveau, nous nous interrogeons sur les estimations des recettes fiscales attendues pour y arriver.

Que ce soit pour la mise en œuvre de la taxe sur les comptes-titres – que certains qualifient, peut-être à des fins électoralistes, de véritable taxe sur les millionnaires -, le plan « retour au travail » ou encore les recettes fiscales liées aux accises, nous sommes soit face à un rendement assez flou, soit un rendement surestimé.

Notre crainte : si les mesures annoncées sont mal estimées ou trop approximatives, on rate l’objectif poursuivi. Il faudra donc prendre rapidement des mesures structurelles supplémentaires afin d’éviter de laisser dans le rouge les finances publiques. Dans quoi faudra-t-il encore couper ? Et surtout, le peut-on encore lorsque le gouvernement ne répond déjà plus aux attentes légitimes de la population ?

Car nous en sommes là. Ne prenons qu’un exemple : les soins de santé. Oui, les dépenses fédérales en 2022 ont augmenté de 4,9 milliard d’euros par rapport à 2019. Et si c’est un effort historique, le ministre l’a souligné lui-même, c’est toujours insuffisant. Nous ne pouvons plus nous contenter de demi-mesures, c’est maintenant qu’il faut investir massivement dans les soins de santé. Et de manière cohérente.

En effet, quel que soit l’investissement attribué au secteur des soins, il ne sera jamais réellement effectif si des mesures contre-productives sont prises en marge ! Et dans notre contexte de pénurie, de pandémie, de saturation des hôpitaux, non seulement la Vivaldi ne remet pas en cause l’existence du numerus clausus, mais pire, elle le renforce. Un non-sens absolu face à la nécessité d’un financement devant aller de pair avec des mesures pratiques en cohésion avec l’objectif de revalorisation du secteur de la santé.

Enfin, si DéFI salue la décision du gouvernement d’augmenter l’aide au développement pour 2022 de 12,5 millions d’euros, rappelons que la Belgique se situe toujours en-dessous de la moyenne européenne en la matière et que tous nos voisins directs y consacrent déjà des montants équivalents ou supérieurs à 0,7 % de leur revenu national brut.

François De Smet, président de DéFI : « Entre les effets d’annonce et les actes de ce gouvernement, le fossé se creuse. Les partis qui composent la majorité tentent de sauver la face en brandissant leur petit trophée. Mais niveau vision commune, projet de société, on cherche toujours le souffle. Cela fera quelques tweets d’autopromotion de plus. Mais dans les faits, les citoyens ne voient toujours pas comment se dessine leur avenir. Et l’impression domine que de nombreuses recettes escomptées ne reposent que sur du sable ».

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