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Transports - Saga des trains bondés
La réponse de DéFI au ministre Bellot
Le lundi 19 décembre 2016

Depuis plusieurs semaines, DéFI et DéFI Jeunes, avec le soutien des Amis du Rail, mènent campagne dans les trains pour dénoncer les conditions de transport des étudiants, le dimanche et le vendredi soir. Le dimanche 27 novembre, on se souvient que les organisateurs s’étaient rendus à Rochefort pour y rencontrer le ministre Bellot et lui remettre les 600 signatures récoltées, une semaine plus tôt, dans le cadre d’une pétition. On se souvient également que le ministre avait, à l’issue de l’entrevue, invité ses visiteurs à l’accompagner jusqu’à la gare de Jemelle pour évaluer la situation directement sur place.

Si des différences d’appréciation quant au problème de suroccupation de l’IC 2141, le train qui quitte Arlon pour Namur et Bruxelles à 18 h 32, avaient été constatées, les deux parties s’étaient, en revanche, accordées sur un point : le train P 8621, qui quitte Arlon une demi-heure tôt que l’IC 2141, circule à moitié vide !

« C’est quand même incroyable, la SNCB fait donc circuler un train de 900 places à moitié vide et personne n’a jamais cherché à savoir pourquoi ce train, spécialement affrété pour les étudiants, était si peu fréquenté« , s’était alors indigné Jonathan Martin, président de DéFI Luxembourg et initiateur de la campagne.

Qu’à cela ne tienne, DéFI mènera l’enquête ! Ce dimanche 18 décembre, Jonathan Martin et les membres de son équipe sont donc, une nouvelle fois, montés à bord de l’IC 2141. « Chaque dimanche soir, c’est le même cirque : le train qui te ramène vers ton kot est bondé ! Pourtant, il existe un train qui part une demi-heure plus tôt et qui circule à moitié vide. Pourquoi ne le prends-tu pas ? » Telle était la question posée par DéFI à près de 200 étudiants, entre Libramont et Namur.

Résultats 

 Pas au courant : 26,5 % des réponses 

 Question d’habitude : 9,6 % 

 Pas envie de partir plus tôt : 25,9 % 

 Je veux rester avec mes potes : 5,4 % 

 Problèmes de correspondance : 19,3 % 

 Autre : 13,3 %

 enquete-pasunevache

Des chiffres qui font réagir le président de DéFI Luxembourg : « Ces résultats attestent d’abord de la complexité du dossier. Maintenant, nous pouvons quand même en tirer deux enseignements majeurs. Le premier, c’est que la SNCB n’a pas été capable d’assurer correctement la promotion de son train auprès de sa jeune clientèle. Visiblement, l’entreprise publique se montre plus efficace dans le domaine de la communication lorsqu’il s’agit d’informer ses clients sur le supplément de 7 € qui leur sera dorénavant compté s’ils prennent un ticket dans le train. Ceci étant, nous avons quand même constaté que la SNCB, suite à notre intervention, essayait de rectifier le tir avec des annonces au micro dans le train. Preuve que cette campagne n’a pas été vaine. Le second enseignement, c’est que ce train, même davantage connu, est loin de constituer l’alternative idéale à l’IC 2141. C’est un fait, les étudiants ne souhaitent pas partir plus tôt et ne sont pas emballés à l’idée d’attendre longtemps une correspondance, sans parler des causes de moindre importante telles que l’ouverture tardive de certains internats et kots, l’impossibilité pour les étudiants grands-ducaux de prendre ce train au départ de Luxembourg ou encore la difficulté de combiner le bus et le train.« 

Le parti amarante n’a pas manqué non plus de lancer le débat à la Chambre. Ce mardi 13 décembre, en commission de l’Infrastructure, la députée fédérale DéFI Véronique Caprasse est revenue sur la composition particulière de ce train à forte occupation qu’est l’IC 2141 : « Depuis de nombreuses années, les étudiants de la province de Luxembourg et du Sud-Namurois qui, le dimanche soir, reprennent le train pour rejoindre les villes universitaires, sont régulièrement confrontés à des trains bondés. Si tous les trains ne sont pas concernés de la même manière, il convient de reconnaître que l’IC 2141 pose particulièrement problème jusque Namur, surtout si la correspondance vers Liège n’est pas assurée à Marloie. À n’en pas douter, le choix du matériel roulant qui entre dans la composition de ce train n’est pas étranger au problème (de suroccupation). L’utilisation d’anciennes voitures internationales pose en effet question. Bien que vous ayez récemment déclaré que 17,4 % du matériel roulant est immobilisé, ce qui est assez interpellant, je ne pense pas que ce soit aux étudiants d’en faire systématiquement les frais, sous prétexte qu’ils bénéficient d’un tarif attractif. Gardons toujours à l’esprit qu’ils sont les navetteurs de demain.« 

Et la députée de conclure son intervention par la question qui dérange : « De combien de rames à double étage dispose la SNCB et comment ces rames sont-elles réparties entre les deux Régions du pays ?« 

« En faisant abstraction des relations régionalement mixtes, il y a (donc) une répartition Flandre-Wallonie de l’ordre de 65-35 pour les rames double étage. Selon la SNCB, ce ratio correspond à la répartition de la demande observée, puisque 64,7 % des voyageurs SNCB montent dans une gare située en Flandre contre 35,3 % dans une gare wallonne, si l’on fait abstraction de Bruxelles« , répond le ministre fédéral de la Mobilité.

Retrouvez ici la version in extenso de la question orale de Véronique Caprasse.

Pour Jonathan Martin, également vice-président exécutif de DéFI, c’est la stupefaction : « 65/35, c’est hallucinant ! Lorsqu’on parle des investissements, la Flandre n’a que faire des besoins de la Wallonie, bien plus importants en raison de l’étendue de son territoire et de son relief, et s’en tient rigoureusement à la clé de répartition 60/40. Une logique qui menace continuellement certaines de nos lignes luxembourgeoises. Mais lorsqu’il s’agit de l’utilisation du matériel au quotidien, du bon matériel, la Flandre se rappelle qu’une région peut avoir des besoins, surtout s’il s’agit des siens. Et qu’importe si les étudiants du Luxembourg et du Sud-Namurois se retrouvent avec les reliques de la SNCB, chaque dimanche.« 

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