L'aide aux personnes
Le soutien aux associations dans leur recherche d’immeubles adaptés à leurs besoins pour réaliser leur mission.
Le vendredi 2 février 2018

Certaines ASBL à vocation sociale dans les domaines de la santé, de l’aide à la jeunesse, du soutien aux personnes en situation de handicap, de la culture, de l’éducation, … réalisent un travail extraordinaire, travail d’intérêt public souvent. Les initiateurs et responsables de ces associations deviennent en choisissant de s’investir souvent bénévolement des gestionnaires, des employeurs et même des entrepreneurs en gestion de bâtiments.

Comme bon nombre de mes collègues, je suis régulièrement contactée par des responsables d’associations qui nous font part de leurs préoccupations et attirent notre attention sur les différents problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces personnes engagées dans le monde associatif, qui réalisent chaque jour un travail remarquable, sollicitent l’aide des responsables politiques, car elles estiment, à juste titre me semble-t-il, que les pouvoirs publics se doivent d’apporter un soutien pour trouver des solutions à certains de leurs problèmes en octroyant un soutien financier et/ou logistique à leurs associations, en leur donnant des conseils juridiques ou en les accompagnant dans leurs démarches administratives.

Grâce à ces contacts avec le milieu associatif, nous pouvons identifier les besoins et les attentes des acteurs de terrain. Un constat revient régulièrement : les associations actives en région bruxelloise, spécialement dans le secteur de l’aide aux personnes, éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver des immeubles adaptés à leurs besoins. Il s’agit évidemment d’un problème majeur qui, dans certains cas, peut mettre en péril l’existence même de l’association. Cette difficulté est surtout de nature financière. En effet, la plupart des ASBL de presque service public, si je puis dire, disposent de fonds propres relativement limités qui ne leur permettent pas (ou ne leur permettent plus) d’acquérir un immeuble, les prix de l’immobilier ayant considérablement augmenté dans notre région au cours des quinze dernières années. De nombreuses associations doivent donc opter pour la location d’un immeuble, mais leurs faibles ressources financières ne leur permettent pas toujours de payer les loyers particulièrement élevés pratiqués par certains bailleurs. Qui plus est, même lorsqu’une ASBL possède des moyens budgétaires suffisants pour acquérir ou louer un bien immobilier en région bruxelloise, elle peine parfois à trouver un immeuble correspondant à ses attentes. Étant donné que les immeubles recherchés par les ASBL auront une affectation bien particulière (structure d’hébergement, centre de jour, maison de répit, service culturel ou de formation, etc.), ils doivent nécessairement présenter une série de caractéristiques (grande superficie, de nombreuses chambres pour les pensionnaires, un ou plusieurs salons, des salles de bain, un réfectoire, des cuisines, des bureaux pour le personnel, une salle de réunion, un jardin, une cour ou un espace récréatif, des aménagements pour les personnes à mobilité réduite, …). Or, les bâtiments satisfaisant à l’ensemble de ces critères sont assez rares sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, si bien que l’offre d’immeubles de ce type ne répond que très partiellement à la demande émanant des associations.

Pour illustrer cette problématique, je souhaiterais évoquer devant vous la situation de deux associations, deux exemples parmi d’autres et c’est pour ça que ma question s’adresse à tout le Collège via la Ministre-Présidente. En effet, à mon avis, chaque ministre est concerné par cette question de l’aide et du soutien dans la recherche de lieux pour les associations et ASBL.
Le premier exemple qui semble avoir trouver solution tout récemment, est celui d’une association qui est une maison de répit pour les parents et les familles d’enfants atteints d’une pathologie lourde, ou en situation de handicap. Cette association a une expérience depuis plusieurs années ; les services qu’elle offre sont vraiment utiles. Il s’agit d’une initiative privée, sans but lucratif. Les initiateurs cherchaient une maison en région bruxelloise mais les coûts sont tellement hauts qu’il leur était difficile de pouvoir concrétiser ce déménagement.

Deuxième exemple, une maison accueille dans le sud-est de Bruxelles des jeunes en difficulté. Cette maison accueille les jeunes pour les soutenir, les encourager dans leur scolarité, leur objectif, leur bien-être individuel et pour partager en commun les repas et les héberger. Le bâtiment que l’ASBL occupe actuellement sera détruit dans le courant de l’année 2019, et les responsables de l’association recherchent donc activement un nouvel immeuble pour y (ré)implanter leur structure d’hébergement. Ce service d’accompagnement d’adolescents qui vivent en semi-autonomie et qui est reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles doit trouver impérativement une nouvelle maison. Cet immeuble devra compter au moins huit grandes chambres pouvant accueillir quinze jeunes, deux salles de bain, trois toilettes, un salon, une cuisine équipée, une salle à manger, une salle de loisir et d’étude, trois bureaux pour les membres du personnel, deux pièces destinées aux entretiens/réunions, un espace vert et un lieu de stockage ou un garage.

Ce type d’exemples se multiplient et ces projets qui fonctionnent, qui sont essentiels pour des familles, des jeunes, des enfants sont compromis vu la difficulté de trouver des lieux d’accueil. Il est probable que dans les années à venir, certaines associations devront renoncer à développer leurs activités en région bruxelloise, faute de disposer d’un immeuble adapté à leurs besoins.
Ni les communes, ni la Cocof ou la CCC, ne peuvent répondre à toutes ces demandes et mettre des bâtiments à disposition, gratuitement ou avec un loyer modéré. C’est dommage mais c’est ainsi. Par contre, il me semble que la Commission communautaire française jouerait un rôle très utile en pouvant aider et soutenir ces recherches, en coordonnant les partenaires privés potentiels ou les offres de bâtiments appartenant aux pouvoirs publics.

J’aimerais donc interroger la Ministre-présidente pour savoir si une réflexion a déjà été menée dans ce cadre-là. Mes questions sont les suivantes.

  • Y a-t-il un lieu, un endroit, un service ou des associations peuvent s’adresser et où elles pourraient trouver un lieu de rencontres entre les offres de bâtiments et leurs attentes ?
  • La Commission communautaire française a-t-elle déjà recensé les demandes et attentes de ce type, dans tous les domaines de compétences possibles ? Des associations actives dans le secteur de l’aide aux personnes ou dans d’autres secteurs ont-elles récemment contacté votre cabinet, les cabinets des membres du Collège et/ou votre administration afin d’attirer leur attention sur le fait qu’elles ne parvenaient pas à trouver un immeuble adapté à leurs besoins sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale ? Une analyse a-t-elle déjà été faite au niveau de la Commission communautaire française à ce sujet ?
  • Avez-vous pris des initiatives pour mettre en relation les ASBL à la recherche d’un nouveau toit avec les propriétaires (communes, CPAS, entreprises ou particuliers) prêts à mettre un de leurs biens à la disposition d’une association ?
  • Le Collège de la COCOF a-t-il octroyé, ou envisage-t-il d’octroyer, des subsides spéciaux aux ASBL qui souhaitent (ou doivent) déménager vers un nouvel immeuble en région bruxelloise ? Certaines associations peuvent accéder à des cautions, des garanties en cas d’emprunts. La Commission communautaire française offre-t-elle de tels services ? et selon quelles modalités ?

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Le compte rendu des débats

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