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Sophie Rohonyi : « Nous ne voterons pas pour des élections anticipées »
Le lundi 10 février 2020

La députée fédérale Sophie Rohonyi accordait ce 8 février au Vif-L’Express une longue interview dans laquelle elle déplore le fait que les enjeux partisans l’emportent sur l’avenir du pays. Une situation dont le CD&V et la N-VA sont responsables.

La « coalition 77 », une alternative crédible

Pour Sophie Rohonyi, la « coalition 77 », qui consisterait à associer les libéraux, les socialistes et les écologistes avec le soutien de DéFI pour former un gouvernement est une piste crédible pour sortir de l’impasse actuelle: « Je pense que la solution qui a été proposée par notre président, la « coalition 77 » est tout à fait envisageable. Mais il va de soi que l’on ne pourra proposer cette issue qu’à partir du moment où le CD&V continuerait à s’exclure. Le choix du roi de nommer Koen Geens se justifiait dans le sens où c’est à ce parti de débloquer la situation ou à se déscotcher de la N-VA. Ce qui me fatigue, c’est que les enjeux partisans priment sur l’avenir du pays. Le CD&V explique que la N-VA est indispensable parce que, sans elle, il n’y aurait pas de majorité dans le groupe linguistique néerlandophone. C’est vrai. Sauf que la N-VA a démontré que ce n’était pas un partenaire fiable au niveau gouvernemental, c’est un parti nationaliste qui veut la fin du pays. On craint une situation explosive en 2024 si la N-VA n’est pas au gouvernement. Or, l’enjeu, c’est d’avoir un gouvernement maintenant.»

Des élections anticipées, un manque de respect envers l’électeur

Quant à la possibilité d’avoir recours à des élections anticipées, Sophie Rohonyi n’y va pas par quatre chemins et explique les risques associés au fait de retourner aux urnes dans les circonstances actuelles: « Des élections, pour faire quoi ? Cela ne ferait que rajouter du chaos au chaos. Les cartes ont déjà été distribuées le 26 mai 2019 par l’électeur, en prenant le temps d’analyser le programme. Leur demander de revoter, cela donne un signal très négatif, c’est leur dire qu’ils ont mal voté et que l’on n’est pas capable d’assumer nos responsabilités. Cela va susciter de la lassitude et de la colère. Cela risque de renforcer les extrêmes et de rendre la situation encore plus inextricable. On se doit de réussir comme en 2011.»  

Une coalition PS/N-VA, une formule qui ne marche pas

Concernant la mission royale de Koen Geens, prolongée jusqu’au lundi 17 février, Sophie Rohonyi fustige un entêtement à vouloir former un gouvernement avec des partis qui sont clairement inconciliables. Elle déplore une perte de temps inutile à un moment où la situation devient urgente: «Cela fait huit mois que l’on essaye cette unique formule PS / N-VA qui ne marchera pas, on a assez perdu de temps. » Au delà de l’objectif poursuivi par Koen Geens, c’est aussi la méthode qui pose problème: « Cela m’a choquée en outre de voir le CD&V restreindre le contenu de la mission royale dévolue à Koen Geens alors que c’est au roi à le faire. »

Le vrai visage de la N-VA

Sophie Rohonyi est bien placée pour comprendre qu’une coalition stable avec la N-VA ne peut pas fonctionner. En tant que députée fédérale, ancienne présidente de DéFI Périphérie et habitante d’une  commune à facilités, elle connaît mieux que personne le vrai visage de la N-VA: « Trop souvent, lorsqu’il a décidé de gouverner avec elle, le MR nous a expliqué que la N-VA fédérale n’était pas la N-VA régionale ou locale. Non : elle a mené un travail de dépeçage de l’Etat fédéral – j’ai plusieurs exemples en tête, dont la réforme de la protection civile qui a mis en danger Bruxelles. J’ai par ailleurs été heurtée de voir que la N-VA est un parti ne respectant ni les décisions de justice, ni l’Etat de droit. Nous avons obtenu plusieurs décisions de justice qui bétonnaient les facilités linguistiques et à plusieurs reprises, la ministre flamande Liesbeth Homans ne les a pas respectées, tout comme le secrétaire d’Etat Theo Francken n’a pas respecté plusieurs décisions de justice à l’égard des migrants. Nous défendons les francophones parce qu’il s’agit d’une minorité dont les droits ne sont pas respectés, comme nous voulons protéger tous les non-néerlandophones en Flandre. La démocratie, c’est la préservation de la diversité, qui est une richesse. Le modèle de la N-VA, c’est le repli sur soi. Voilà pourquoi ce n’est pas un parti apte à réduire les inégalités. »

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