Rentrée politique d’Olivier Maingain à « La Libre Belgique »
Le mercredi 27 août 2014

Par ses déclarations, ce jour, au quotidien « La Libre Belgique », le président des FDF a fait sa rentrée politique. Ses mots ne sont pas tendres à l’égard du MR qu’il accuse d’avoir trompé les électeurs. Il livre également ses premières impressions sur ce qui filtre dans la presse par rapport aux négociations « kamikazes »…

Même s’il déclare qu’il souhaite rester prudent, Olivier Maingain émet plusieurs réserves par rapport à ce qui s’annonce, enchaînant des constats durs et peu encourageants pour les Francophones du pays, notamment. « On nous promet d’abord qu’il n’y aura pas de réforme de l’Etat, que l’on va connaître cinq ans de trêve communautaire. Or ceux qui connaissent la politique en Belgique savent qu’on peut faire beaucoup de choses sur le plan institutionnel sans enclencher un processus de révision de la Constitution. Par la seule arme budgétaire on peut faire très mal sur le plan institutionnel », précise-t-il d’emblée. Et d’émettre quelques doutes quant à la pérennité des crédits pour Beliris, quant à l’avenir de la Poste, quant à la santé des budgets bruxellois et wallon…

Sa deuxième réserve concerne les réformes structurelles dont notre pays a besoin (financement de la sécurité sociale et des retraites) qui ne peuvent s’effectuer sans un « large consensus social  ». Et de « mettre en garde ceux qui croient qu’il faut commencer par des mesures idéologiques pour marquer leur empreinte dans la majorité. Je pense à la suppression de la déductibilité des primes syndicales. C’est de la symbolique pure ». « On va voir jusqu’où ce gouvernement va faire mal au portefeuille des citoyens. Au FDF, nous n’avons jamais annoncé qu’on allait raser gratis », poursuit-il.

Quant au MR, le président des FDF lui reproche d’avoir trompé les électeurs. « Le MR se voyait dans les majorités régionales et veut se venger en se mettant dans les bras du parti qu’il combattait (la N-VA – ndlr). Il n’y a pas de cohérence. Il s’agit d’un règlement de comptes avec le PS. Le MR boira le calice jusqu’à la lie. Il va bientôt découvrir les charmes cachés de la N-VA. » Et de prédire qu’ «  il va devoir avaler morceau par morceau ce que les partis flamands exigeront  ». « La N-VA servira les intérêts de la Flandre avant tout, c’est une certitude. »

A la question du journaliste « La ‘suédoise’ ne doit pas exister selon vous ? », Olivier Maingain répond sans ambages que « dans l’intérêt du pays, je souhaite que cette majorité ne se mette pas en place. Il faut se donner la peine de voir comment se construit la logique nationaliste au Nord. (…) Je ne combats pas cette logique nationaliste parce qu’elle est flamande, mais parce qu’elle est contraire à mes choix de société ». Et de s’avouer préoccupé par la politique européenne de la Belgique « avec un parti antieuropéen comme la N-VA  ». Le président des FDF voit poindre également un autre danger : vu l’ampleur de l’opposition francophone, le risque de voir le gouvernement demander les pouvoirs spéciaux comme sous Martens-Gol, afin d’éviter trop de débats parlementaires. « Ceci a laissé de très mauvais souvenirs car cela prive le Parlement de ses prérogatives de contrôle et peut permettre au gouvernement d’aller au-delà de ce qu’il a annoncé  », poursuit-il.

Quant à la Région bruxelloise, pour Olivier Maingain, il est hors de question qu’elle contribue plus avant à l’effort budgétaire national. «  La sixième réforme de l’Etat induit déjà une forme d’austérité budgétaire au détriment des Régions. Ce sera donc ‘non’, nous ne payerons pas une deuxième fois. »
Comment voit-il les relations futures entre la Région et le gouvernement fédéral ? « La N-VA est un parti qui va poser des problèmes. Ce n’est pas un parti de gestion, mais un parti de rupture. (…) Il faudra se faire respecter. Mais si une saine collaboration s’installe, il ne faut naturellement pas fermer la porte. »

Sur l’épineux dossier du survol aérien et le moratoire prévu dans la note Michel-Peeters, là non plus, le président des FDF ne mâche pas des mots ! « Il est étonnant qu’un gouvernement promoteur de réformes structurelles ne le fasse pas pour le survol de Bruxelles. Le retour de manière définitive à la situation antérieure est aussi injustifiable que le plan Wathelet. » Et de rappeler les principales revendications FDF en ce dossier, à savoir l’extension de la nuit et la restructuration des activités de l’aéroport national.

Enfin, s’il répond clairement qu’il ne sent désormais pas plus proche du PS que du MR sur le plan idéologique, il précise néanmoins qu’ «  il y a eu au PS une véritable volonté de négocier un programme et l’accord du gouvernement bruxellois marque une vraie rupture ». « Il y a une volonté des partenaires de la coalition et, surtout, une prise de conscience.  » Et de mettre en garde le gouvernement bruxellois : « Si Bruxelles ne parvient pas à se redéployer au profit de ses habitants, elle sera une proie pour le lion et le risque de mise sous tutelle reviendra. Il n’y aura plus de refinancement de Bruxelles. C’est une dernière chance et il ne faut pas se tromper  », conclut-il.

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