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Syrie
"Ramener les enfants avec leur mère, la seule solution à la fois humanitaire et sécuritaire"
Le vendredi 18 octobre 2019

Ce jeudi 17 octobre, François De Smet, député fédéral, interpellait le Ministre de la Justice sur la situation des enfants belges en Syrie.

En effet, dans les camps kurdes de la zone de conflit en Syrie, on compte un grand nombre d’enfants belges. 69 selon l’OCAM, 41 identifiés et localisés d’après le délégué général aux droits de l’enfant. La majorité de ces enfants a moins de 5 ans.

Une évidence humanitaire et sécuritaire

Pour DéFI, c’est une évidence qu’il faut rapatrier ces enfants. Une évidence humanitaire parce que leur vie est mise en péril dans une zone aussi instable. Une évidence sécuritaire aussi ; laisser ces enfants là-bas aujourd’hui, c’est semer des graines de haine, de rancœur, d’endoctrinement dont se serviront les terroristes de demain.

Quel gâchis !

Mercredi 16 octobre, le conseil national de sécurité s’est réuni et a décidé de ne rien faire parce que la situation sur place serait devenue trop dangereuse. François De Smet comprend mais souligne le gâchis que présente cette situation : « Je veux bien le croire, même si tous les observateurs ne rejoignent pas cette analyse. Mais quel gâchis. Quel gâchis quand on songe que cela fait deux ans que le Délégué général aux droits de l’enfant tente de faire revenir ces enfants. Certes, la Belgique a rapatrié 6 enfants, 4 orphelins et deux mineurs non-accompagnés, mais c’est tout. C’est bien peu sur le total. Et maintenant il est sans doute trop tard. »

« Un choix de court-terme désastreux »

Le député fédéral DéFI continue : « Je sais pourquoi on ne s’est pas occupé des autres. Parce que ces enfants ont des mères, des mères parfois suspectées et mêmes condamnées par contumace pour activités terroristes. Et parce que votre gouvernement persiste à refuser tout retour d’adultes, pour les juger ici, malgré que des acteurs comme l’OCAM et le Parquet fédéral, vous le demandent. Vous vous y refusez par peur de l’opinion publique. Et c’est un choix de court-terme désastreux, qui met en péril la sécurité de ces enfants et la nôtre. La Belgique aurait dû rapatrier ces familles, prendre soin des enfants, juger les mères. Et alors que dans ce dossier, l’intérêt humanitaire rejoignait l’intérêt sécuritaire, nous avons perdu aujourd’hui sur les deux fronts. »

Une position inchangée qui ne convainc pas

La réponse du Ministre de la Justice ne convainc pas : « La position du gouvernement en faveur des enfants et de leur rapatriement est claire et inchangée. Il est donc faux de prétendre que la décision de les rapatrier est restée lettre morte. Cinq d’entre eux ainsi qu’une jeune adulte, tous orphelins ou non accompagnés, ont été rapatriés en juin. Pour les autres enfants, qui se trouvent avec leur mère respective, nous sommes bloqués par l’impossibilité pratique de séparer les enfants de leur mère. C’est la conséquence de l’attitude des Turcs ainsi que des organisations humanitaires internationales. »

Ramener l’enfant avec sa mère

Impossible de séparer les enfants de leur mère ? Personne ne le demande s’insurge François De Smet : « L’idée, c’est qu’en effet, pour pouvoir ramener ces enfants, il faut évidemment les ramener avec leur mère. En effet, beaucoup de ces mères sont soit soupçonnées, soit déjà condamnées par contumace pour des activités terroristes. Mais encore une fois, c’est la fixation du gouvernement sur sa position consistant à refuser de faire revenir des adultes qui l’empêche de faire revenir les enfants au nom de l’unité familiale. C’est quand même très cynique. En réalité, même si je comprends que nous ne sommes pas tout seuls, et que nous sommes dans un ensemble européen, rien n’empêcherait de rapatrier ces enfants avec leur mère, et que ces mères – et d’ailleurs ces pères dans certains cas – soient jugés et condamnés ici pour leurs actes. Cela me paraît la seule solution à la fois humanitaire et sécuritaire. »

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