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Quatre propositions de François De Smet pour « s'emparer de notre mémoire coloniale »
Le lundi 15 juin 2020

Ces derniers jours, dans la foulée des manifestations contre les violences policières et le racisme aux États-Unis, la question de la « décolonisation de l’espace public » a fait un retour fracassant dans l’actualité belge à l’occasion du déboulonnage et/ou de la détérioration de statues de Léopold II un peu partout dans le pays. C’est le cas notamment à Auderghem dont le bourgmestre Didier Gosuin a condamné ces actes, estimant que « ce n’est pas en faisant tomber une statue qu’on gomme le passé. »

Aujourd’hui, de nombreuses voix s’élèvent pour demander de la Belgique des excuses quant à son passé colonial, au terme par exemple des travaux d’une commission parlementaire de type « vérité et réconciliation » comme proposé par le président de la Chambre.

François De Smet, le président de DéFI, va dans ce sens : « Si dans la lutte contre le racisme et les discriminations, on est en avance du point de vue législatif, pour ce qui est de la reconnaissance et de l’histoire de la colonisation, il y a encore un travail à faire. Les faits ne font pas polémique mais ils n’ont pas été qualifiés ; c’est comme si on ne se les était pas appropriés comme nation, il y a toujours eu un malaise. Il faut donc un travail au Parlement et voir à l’issue de cette commission, si l’Etat belge doit formuler des excuses », explique-t-il dans Le Soir ce lundi 15 juin.

« Il est temps d’affronter et digérer ce passé »

Dans une carte blanche publiée ce lundi par Le Vif, François De Smet estime que « ce passé, il est temps de l’affronter et de le digérer. Sans plus perdre de temps, mais sans non plus de précipitation. Non, nous ne connaissons pas assez l’histoire de la colonisation belge au Congo. Il est faux de dire que le sujet serait absent des cursus scolaires. Mais pourtant, les faits sont là : la plupart des citoyens n’ont pas de vision du sujet en sortant des études. Je n’en ai moi-même aucun souvenir scolaire marquant. Nous sommes assez nombreux dans ce cas et en soi, ce n’est pas normal. C’est d’autant moins normal que la connaissance historique, stricto sensu, ne pose pas de polémique particulière : les faits sont connus, traités, illustrés. Mais une sorte de chape de plomb sépare ces connaissances historiques du grand public. Cette ignorance généralisée explique en large partie nos difficultés actuelles. Il manque visiblement un trajet, suivi d’un acte fort, et qui doit être de nature politique. »

Un monument dédié aux victimes de la colonisation

Dans le contexte particulier du moment, DéFI formule quatre propositions « pour s’emparer réellement de notre mémoire coloniale » : « Certaines sont déjà lancées dans l’espace public ; d’autres sont pleinement originales », dit François De Smet.

  • Mettre sur pied une commission parlementaire spéciale sur la colonisation belge au Congo, qui aura un objectif précis : le passé colonial belge doit-il amener notre pays à présenter des excuses ? « Même si ma conviction personnelle est que la réponse est « oui », il faut que ces éventuelles excuses soient le fruit d’un travail inscrit dans le temps, et non le fruit d’une improvisation jetée trop vite pour tourner une page. Quelques semaines où, sans réécrire l’histoire, les parlementaires déterminent le rôle et la responsabilité de notre pays. La commission « réconciliation » proposée par le président de la Chambre pourrait parfaitement remplir ce rôle. »
  • Faire de l’histoire de la colonisation un chapitre important de notre cursus programmatique.
  • Laisser les statues de Léopold II, en les accompagnant partout d’un explicatif clair relatant la vérité historique et qui contextualise la figure de ce roi.
  • Ériger un monument aux victimes de la colonisation dans un endroit important et visible de l’espace public. « J’insiste : pas sur une petite place discrète, mais dans un lieu fort et emblématique. Et ce, en concertation avec les historiens et les associations de Belges afro-descendants se battant pour la reconnaissance de cette page de notre histoire.»

L’intégralité de la carte blanche de François De Smet est à lire ici.

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