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interview
"Quand vous êtes élu, vous représentez toute la Nation, et pas seulement vos électeurs"
Le jeudi 20 février 2020

Le président de DéFI François De Smet était l’invité de LN24, jeudi 20 février, pour s’exprimer sur le choix du Roi de nommer la présidente du Sénat et le président de la Chambre pour débloquer la situation au fédéral. 

La meilleure carte que le roi pouvait jouer

François De Smet salue le choix du Roi de nommer Sabine Laruelle et Patrick Dewael  « Il s’agit de deux personnalités d’expérience. Il était temps d’avoir dans le processus des gens qui ont la plus grande partie de leur carrière derrière eux, qui n’ont plus rien à prouver, qui ne vont pas rentrer dans des guerres d’ego, ce qui est toujours tentant surtout si l’on ne sait pas si il va ou non y avoir des élections. C’était la meilleure carte que le RRoi pouvait jouer.»

La solution sera au centre

En ce qui concerne une alliance possible avec la N-VA au fédéral, François De Smet voit mal qu’elle puisse se réaliser : «Je ne crois pas deux secondes que l’on va ressusciter le lien PS/N-VA. Je crois que le message est enfin passé vis-à-vis de tout le monde même si personnellement, j’essaye de le crier dans le désert depuis des mois. » A la question de Martin Buxant de savoir si l’est possible de former une coalition fédérale avec la N-VA sans le PS, François De Smet répond négativement sans hésiter: «Je n’y crois pas, la seule formule existant est une formule bancale à 77 où il faudrait que le CDH et le MR aillent seul.  Je n’imagine pas le CDH monter à bord d’un tel attelage. Et quand même, rappelons que les quatre partis de la suédoise ont tous perdu les élections. Il y a quand même un message de recentrement. Tous le monde le sait ce ne sera ni un gouvernement de centre-gauche ni de centre-droit la solution au centre-centre. »

Si des portes se ferment, d’autres s’ouvrent

Comme le rappelle François De Smet, il y a plusieurs coalitions possibles qui n’ont pas encore été tentées : « Il y a une série de coalitions qui n’ont pas été examinées jusqu’à ce jour. A la première partie de la mission Magnette, les notes ne fuitaient pas. Vous aviez un arc-en-ciel en constitution (libéraux-socialistes-écologistes). Il est légitime, puisque c’est le troisième parti flamand tout de même, que dès le moment où on ne va pas avec la N-VA qu’on tente d’abord d’aller chercher le CD&V. C’est pour çà qu’on est passé à l’option Vivaldi. Moi je crois que la Vivaldi est toujours possible mais qu’il faut arriver à déscotcher le CD&V de la N-VA. Et même si le CD&V dit non, alors il reste des solutions avec DéFI ou avec le CDH. Si vous ajoutez l’un de ces deux partis, vous avez une majorité de 77 avec DéFI ou de 80 avec le CDH. Ce sont des majorités courtes mais stables. »

Le député doit représenter toute la Nation

Sur la question de la double majorité, François De Smet a voulu rappeler le rôle central auquel est tenu le député face à la Nation au sein de nos institutions: « Dans la philosophie de la démocratie représentative, c’est faux de dire qu’un député ne représente que ses électeurs, c’est un mensonge. Une fois que vous êtes élu, vous représentez chacun toute la Nation, en ce compris ceux qui n’ont pas voté, en ce compris ceux qui n’ont pas eu le droit de vote et ceux qui ont voté pour d’autres partis. Je veux dire par là c’est qu’il n’y a pas de raisons qu’un député de Wallonie ou de Bruxelles ne puisse pas se mettre à la place de l’électorat flamand et  vice versa parce que vous devez penser à l’intérêt général. C’est le fondement de notre démocratie parlementaire. Je crains que tant que nous ayons un bloc nationaliste qui est aussi fort, vous aurez de temps en temps, une minorité francophone ou une minorité flamande. »

Djihadistes: « Il faut rapatrier tout le monde »

En ce qui concerne le dossier du retour potentiel des djihadistes de Syrie et d’Irak et de la question du  rapatriement des enfants et des mères de nationalités belge présents sur place, François De Smet a rappelé : « Les enfants doivent être rapatriés. Il y a une décision de justice. C’est très difficile et c’est même illégal du point de vue humanitaire de séparer les enfants de leurs parents et de leur mère. Nous on pense qu’il faut rapatrier tout le monde et qu’il faut juger ces combattants. C’est un des rares dossiers où vous avez le sécuritaire et l’humanitaire qui s’allient. A partir du moment où vous avez le parquet fédéral et une série d’autres instances qui vous disent que c’est çà qu’il faut faire, moi je crois qu’il faut les écouter. » François De Smet défend également cette vision pour répondre à un besoin purement sécuritaire: « Vous pouvez avoir des gens qui se retrouvent tout à coup dans la nature, qui sont libérés, et qu’on a pas sous les radars. Moi je préfère que ces gens purgent leur peine et soient en prison ici et qu’on puisse continuer à les surveiller après, plutôt que de les savoir dans la nature ou dans une région instable où ils peuvent revenir demain avec les armes. »

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