Développement territorial
La prise en considération des vues et perspectives, entre autres sur les biens classés, lors de l’octroi de permis de bâtir : le cas du Cinquantenaire et de l’avenue de Tervueren.
Le mercredi 24 janvier 2018

Une des caractéristiques donnant aux grandes villes de la beauté, de la lumière, la sensation d’ouverture et d’espace, réside dans les profondeurs de vues et les perspectives implantées par les plans d’urbanisme. Combiner ces perspectives avec des quartiers à dimension humaine confère à la ville sa chaleur et son attractivité.

Cette donnée des « vues urbaines » a influencé le développement de Bruxelles, spécialement à la fin du 19e – début du 20e siècle, avec l’action du roi Léopold II, qualifié de « roi bâtisseur », à qui notre région doit de nombreuses transformations dont le tracé de l’avenue de Tervueren et la construction du musée royal de l’Afrique centrale, la création de parcs publics comme le parc de Woluwe et le parc Duden, etc.

Depuis lors, l’urbanisation s’est considérablement développée et de nouveaux enjeux de développement territorial sont nés, notamment dus à l’accueil des institutions européennes à Bruxelles.

Le développement des institutions européennes s’est fait de manière disparate pendant des années. Spéculations, destructions puis enfin enquêtes, plans, écoute des habitants, résolution au Parlement bruxellois (2003), accord tripartite (2006), analyse topo-morphologique (2007), études de remembrement, schéma directeur (2008), concours d’architecture (2009), Règlement Régional d’Urbanisme Zoné (RRUZ) dans la philosophie d’ensemble du Projet urbain (validé par le Gouvernement bruxellois en décembre 2010), zone-levier, ppas, permis,… : le quartier européen – et spécialement la rue de la Loi – a fait l’objet d’attentions nombreuses et diverses ces dernières années.

Après des années de destructions, une attention à la dimension humaine des projets urbanistiques et à la mixité des quartiers situés autour des institutions européennes a été pensée et a normalement guidé certains choix, ce qui est positif. Il faudra faire le bilan du respect de cette dimension mais ce n’est pas l’objet de cette interpellation.

Depuis ces derniers mois, de nombreuses nouvelles constructions voient le jour.

Le dernier projet en voie de finition est le « Realex », situé sur l’espace 105 rue de la Loi et 30-34 rue Jacques de Lalaing. Culminant à 114 mètres de haut, il fait partie des plus grands buildings de Bruxelles avec 26 étages et une surface totale de 58.080 m2.

Ce qui frappe aujourd’hui au fur et à mesure que pousse cette immense tour, c’est sa grande visibilité depuis différents endroits de la Région, dont l’avenue de Tervueren. Cette avenue, faut-il le rappeler a été aménagée entre 1895 et 1897 sur les instances du roi Léopold II et les conseils et plans de Victor Besme, «inspecteur général du Service Voyer des faubourgs de Bruxelles», à l’occasion de l’Exposition universelle de 1897 afin de relier le parc du Cinquantenaire au château du parc de Tervueren où se tenait l’exposition sur le Congo.

Cette prestigieuse avenue, la plus belle de la région, offre une perspective vers la ville, perspective marquée par le Cinquantenaire, perspective abîmée aujourd’hui par la tour Realex.

Je me suis donc interrogée sur la manière dont sont prises en compte les vues et perspectives lors de projets urbanistiques importants.

Dans ce cas précis, comment les projets ont-ils tenu compte de la proximité du Cinquantenaire et de l’avenue de Tervueren, de ce « paysage important du point de vue historique, culturel et archéologique » – pour reprendre des termes du Cobat – que représentent cette avenue et ce monument ?

Tous les bâtiments du Cinquantenaire sont classés (arrêté de 2003). Il en est de même pour de nombreux immeubles situés le long de l’avenue de Tervueren, sur Etterbeek et Woluwe-Saint-Pierre ainsi que pour le parc du Cinquantenaire et le parc de Woluwe.

Reprenant différents documents qui ont conduit à redessiner le quartier européen, je ne trouve aucune trace, sauf erreur de ma part, de l’analyse de l’impact des projets urbanistiques Urbain-Loi sur les vues et perspectives depuis l’avenue de Tervueren. Pourtant, du Cobat, il ressort l’importance de veiller aux perspectives sur les biens classés (art 228 et 237 entre autres).

J’aimerais dès lors interpeller le Ministre-Président avec une double interrogation que je développerai :

  • Comment le développement territorial de la région prend-il en considération les vues et perspectives, entre autres sur les biens classés, lors de l’élaboration des différents règlements et octroi de permis de bâtir ?
  • Dans le cas de l’immeuble Realex, l’impact sur la vue vers le Cinquantenaire et depuis le tracé de l’avenue de Tervueren a-t-il été pris en compte ? Où ? Comment ? Quels étaient l’avis de Commission royale des monuments et des sites et de la commission de concertation à ce sujet ?

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