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Carte blanche
Préparer l'après-coronavirus... et revenir à l'essentiel
Le samedi 28 mars 2020

Ce samedi 28 mars, Sophie Rohonyi, députée fédérale publiait une carte blanche dans L’Echo sur la crise coronavirus.

L’histoire de l’Humanité s’est ainsi construite : chaque épidémie majeure fait place à une réflexion sur notre organisation politique et les comportements qu’elle implique. La crise du coronavirus est un drame sanitaire, social et économique dont l’être humain, fort de son évolution, devra plus que jamais tirer les leçons en revenant à l’essentiel.

De par le confinement imposé à 2,6 milliards de personnes, notre planète sort temporairement de son apnée permanente. À Bruxelles, le télétravail a divisé les temps de trajet par 3. Partout ailleurs, la nature reprend ses droits. L’air se purifie en Chine, les cygnes et dauphins réapparaissent à Venise, les oiseaux se font entendre à Paris…

Aujourd’hui, nous sommes contraints d’avoir une économie respectueuse de notre environnement. Demain, il faudra, non par obligation mais par volontarisme, éviter tant une économie à l’arrêt que des plans de relance économique qui justifieraient la négation de nos engagements environnementaux.

Il faudra également revenir à l’essence du libéralisme et préserver le libre-échange en régulant notre économie. Une économie libérale et non ultralibérale dont les excès ont accru les risques de pandémies, mais aussi de dépendance des autres pays concernant le matériel médical et pharmaceutique.

L’essence de nos vies

Quand la mort nous guette, nous prenons automatiquement conscience de la fragilité de notre existence. Ce sont dans ces moments que nous ressentons le besoin quasi vital de dire à nos proches que nous les aimons, mais aussi de nous rendre utiles aux autres.

Des gestes simples qui soulagent ceux qui sont en première ligne de la crise et qui en limitent les dégâts socio-économiques.

Des gestes de solidarité auxquels les exclus de notre société participent activement. En fabriquant volontairement des masques, les demandeurs d’asile et les détenus démontrent leur civisme et leur capacité à s’inclure dans une société individualiste qui préférait jusqu’ici les oublier. Une réalité tordant le cou aux préjugés chers à l’extrême droit.

L’essence de l’Europe

Après la Seconde Guerre mondiale s’est construite une fédération d’États soucieuse d’harmoniser ses politiques économiques et sociales. Aujourd’hui, cette harmonie semble avoir fait place à une concurrence contre-productive entre États. Nous le savions en matière de gestion des flux migratoires. Nous le savons aujourd’hui en matière de politique sanitaire.

La crise du coronavirus met en lumière les meilleures qualités humaines, mais aussi ses pires travers, en particulier l’égoïsme. L’Union européenne n’en est pas exempte. En témoigne le détournement par la République tchèque de 680.000 masques et respirateurs destinés à l’Italie.

En Belgique, nous nous voyons contraints de fermer notre frontière avec les Pays-Bas par souci de ne pas voir nos efforts de confinement réduits à néant par une politique néerlandaise misant, elle, sur l’inquiétante stratégie de l’immunité collective.

L’ambition européenne semble toutefois renaître depuis l’accord sur le gel des règles budgétaires européennes. Il devra en être de même pour un plan européen de relance économique.

L’essence de la Belgique

Au début de la crise, la difficulté de prendre des mesures économiques et sociales s’imposant à tous était justifiée par notre complexité institutionnelle.

En se concertant avec les entités fédérées, le fédéral a finalement assumé ses missions de prévention et de gestion des conséquences de cette pandémie. Mieux encore: l’urgence de la situation a convaincu l’ensemble des partis démocratiques à soutenir un gouvernement certes minoritaire mais devant agir rapidement et efficacement pour le bien collectif. Il en ressort que le fédéralisme de coopération, que certains voulaient donner pour mort, est bien vivant.

La Belgique a donc encore un sens dès lors que les entités qui la composent acceptent de faire primer l’intérêt général sur les intérêts partisans et d’évaluer, à terme, l’efficacité – ou non – de nos successives réformes de l’État.

Une attitude constructive qui ne peut que participer à la restauration de la confiance du citoyen dans notre système politique, aussi complexe soit-il. 

L’essence de nos services publics

Chaque soir, à 20 h, nous remercions toutes les personnes se mobilisant pour soigner les malades, pour nous protéger de nouvelles contaminations, ou pour nous alimenter.

Des secteurs sous tension qui l’étaient déjà avant la crise, soit en raison de coupes budgétaires, soit en raison d’un manque de personnel face à leur charge de travail. Nous devrons les soutenir pendant et après cette crise. Nous devrons réinvestir dans nos services publics en général et dans nos soins de santé en particulier pour assurer leur pérennité.

Nous ne pouvons en effet pas nous permettre d’épuiser, tant physiquement que mentalement, nos médecins, nos infirmier(e)s, nos policiers, nos pompiers, nos pharmaciens, nos employés de grandes surfaces… Il en va de leur santé mais aussi de la santé de l’ensemble de la population, tant leurs interventions sont déterminantes pour notre santé publique. 

Revenir à l’essentiel, c’est donc comprendre que les secteurs qui ont été trop longtemps dénigrés et sous-financés sont aujourd’hui ceux qui nous redonnent espoir. L’espoir de guérir, de retrouver nos proches et nos libertés, et de construire une société plus juste.

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