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"On ne met pas tous les moyens en oeuvre pour protéger nos enfants"
Le mercredi 3 février 2021

La question de l’inceste, qui a fait irruption sur le devant de la scène médiatique ces dernières semaines, doit être abordée tous les niveaux de pouvoir susceptibles 

Pour Christophe Magdalijns, la conclusion est simple : « En matière de détection des cas d’inceste, nous n’en faisons pas assez! DéFI demande une politique volontariste de formation et de sensibilisation du personnel d’accueil de la petite enfance (et le personnel enseignant) pour détecter le plus tôt possible les cas d’inceste. On ne peut accepter que les victimes soient livrées à elles-mêmes, souvent plusieurs dizaines d’années. »

La question de l’inceste occupe depuis quelques semaines le devant de la scène médiatique. Pour DéFI, tous les niveaux de pouvoir doivent, dans le périmètre de leurs compétences, se saisir de cette problématique tellement taboue qu’elle a été totalement ignorée durant des siècles.

50.000 victimes dans nos écoles ?

Ce mardi 2 février, les députés Christophe Magdalijns et Joëlle Maison ont interrogé les ministres de l’Education et de l’Enfance au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Enjeu : le rôle de l’école et des milieux d’accueil dans la détection de pareilles situations. « Selon l’OMS, 20% à 24% des petites filles et  5% à 11 % des petits garçons sont victimes d’inceste », rappelle Joëlle Maison en interpellant la ministre de l’Education. « J’ai conscience de tout ce qui pèse sur l’école. Madame la Ministre, je ne partage pas votre opinion selon laquelle la lutte contre le harcèlement est une obligation de moyens et non une obligation de résultat. Le harcèlement comme l’inceste abîment, tuent parfois, et empêchent aussi d’apprendre. Les effets de l’inceste sont ravageurs. Vous et moi avons été émues par ces témoignages. Il faut aussi tenir compte du conflit de loyauté dans lequel se trouve emprisonné l’enfant qui l’empêche de parler ou qui le place dans une situation où sa personnalité est meurtrie à tout jamais. Sur un million d’enfants scolarisés en Fédération Wallonie-Bruxelles, entre 50 000 et 60 000 seraient victimes d’inceste. Nous avons vu tous les moyens que nos sociétés ont été capables de débloquer, y compris paralyser un pays, pour protéger les plus faibles. Je ne comprendrais pas que l’ensemble des responsables concernés par les questions de prévention, de santé et de protection de l’enfance ne mettent pas tous les moyens en œuvre pour protéger nos enfants. »

Une formation pour les personnels de l’enfance

De son côté, Christophe Magdalijns a interrogé la ministre de l’Enfance sur les statistiques en Communauté française mais aussi sur l’existence d’une formation du personnel spécifique à la détection et l’accompagnement spécifique relatif à l’inceste dans tous les types de milieux d’accueil.  Les équipes SOS Enfants de l’ONE prennent chaque année en charge 400 cas de maltraitance sexuelle dont les deux tiers concernent des violences intrafamiliales. Il ne s’agit que de chiffres parcellaires puisque d’autres structures effectuent ce type de travail. L’ONE ne dispose par ailleurs pas de formation spécifique.

Pour Christophe Magdalijns, la conclusion est simple : « En matière de détection des cas d’inceste, nous n’en faisons pas assez! DéFI demande une politique volontariste de formation et de sensibilisation du personnel d’accueil de la petite enfance (et le personnel enseignant) pour détecter le plus tôt possible les cas d’inceste. On ne peut accepter que les victimes soient livrées à elles-mêmes, souvent plusieurs dizaines d’années. »

L’inceste doit devenir un crime à part entière

Ce jeudi 11 février, une proposition de loi a été prise en considération à La Chambre. Ce texte, que nos députés fédéraux François De Smet et Sophie Rohonyi ont co-signé avec le cdH, « vise à reconnaître la spécificité de l’acte incestueux en l’inscrivant dans le Code pénal comme un crime à part entière. »

« La législation actuelle n’incrimine en effet pas directement l’acte incestueux et ne reconnaît pas l’acte incestueux comme un abus sexuel en tant que tel. »

« Notre Code civil interdit l’inceste dans le cadre d’un mariage, et notre Code pénal ne prévoit qu’une circonstance aggravante en cas de viol, qu’il soit commis par un ascendant ou par une personne qui dispose d’une certaine autorité sur la victime. Cette absence d’interdiction pénale claire dans notre législation peut mener à une trop grande marge d’interprétation des dispositions existantes et a pour conséquence que de nombreux auteurs de crimes d’inceste estiment que, vu l’absence d’interdiction directe, l’inceste n’est pas un acte pénalement répréhensible. »

Accordons aux victimes l’attention et la protection qu’elles méritent

Cette proposition de loi « vise donc à envoyer un message clair aux familles et à qualifier dans le Code pénal le fait en cause comme un crime à part entière, en tenant compte de sa gravité et de l’importance de lutter contre ce fléau. On accorde ainsi aux victimes l’attention et la protection qu’elles méritent, sur le plan pénal, tout en évitant, d’une part, un trop grand flou sur ce qui est ou non permis et, d’autre part, une interprétation trop extensive des dérogations à la législation sur le sujet. »

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