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"Nous ferons tout pour que la porte qui vient de s'entrouvrir pour un vrai statut de l'artiste ne se referme pas"
Le vendredi 10 juillet 2020

Depuis le début de la crise sanitaire, DéFI s’est engagé aux côtés des artistes. Le secteur culturel compte en effet parmi les principales victimes du Covid et la précarité matérielle de la plupart des travailleurs de ce secteur n’a fait que s’aggraver.

« Une occasion manquée car cela reste une aumône »

Ce jeudi 9 juillet, DéFI a voté la proposition de loi adoptée par la Chambre et qui rencontrait ses demandes à court terme : l’immunisation du statut d’artiste jusqu’au 31 décembre et l’autorisation du cumul des droits d’auteur et des statuts jusqu’au 31 décembre. Toutefois, a rappelé le député fédéral François De Smet, on aurait pu aller plus loin encore – et c’est d’ailleurs le sens d’une proposition de loi de DéFI, encore à l’examen : « Je crois qu’il aurait fallu entendre la demande du secteur d’immuniser le statut jusqu’en mars 2021. Je regrette, sur ce point, que cette proposition se limite à une période blanche jusqu’au 31 décembre. Je regrette que, au nom d’un compromis politique nécessaire à faire passer cette loi, il ait fallu faire comme si la saison artistique pouvait redémarrer en trois mois, ce qui est irréaliste. De la même manière, je regrette que nous ne soyons pas capables aujourd’hui de mettre fin à l’interdiction du cumul du statut avec les droits d’auteurs pour toujours, et pas simplement jusqu’à la fin de l’année. De ce point de vue, cette proposition de loi est hélas une occasion manquée. Ce n’est pas la faute des auteurs de la proposition, mais là aussi du manque de volonté politique plus large. On a vu pourtant combien cela représente de difficultés en ce compris judiciaires. J’irai même plus loin : n’accepter ce cumul que jusqu’au 31 décembre ressemble à une urgence, à une aumône, alors qu’il s’agit de mettre fin à une discrimination, ni plus ni moins. Mon sentiment est donc mitigé. »

Enfin un vrai statut pour les artistes ?

Mais, pour DéFI, la réponse apportée aux artistes victimes de la crise n’est qu’un arbre qui cache la forêt. L’objectif reste plus que jamais de doter le secteur culturel d’un véritable statut pour les artistes et de ne plus les envisager juste comme des chômeurs reliés à l’ONEM : « DéFI fera tout pour que la porte qui vient de s’entrouvrir ne se referme pas. Nous sommes déterminés à avancer, au cours des prochaines semaines, avec tous ceux qui le souhaiteront, sur une refonte réelle du statut d’artiste avec toutes les bonnes volontés. Les témoignages que nous avons reçus nous engagent pour l’avenir. Ils dessinent une réalité qui est claire : le statut d’artiste mérite mieux, vraiment mieux qu’un formulaire de chômage. Ceux que nous avons auditionné l’ont tous dit : ce sont des travailleurs, des entrepreneurs. Et en face, il n’y a pas de statut, il y a un imbroglio de règles qu’on appelle statut d’artiste. »

Pour François De Smet, les artistes devraient même sortir de la tutelle du ministère de l’Emploi pour émarger à un ministère… fédéral de la culture: « Il faut un interlocuteur unique au fédéral, un ministre de la culture qui soit à la fois compétent pour ce statut et pour les établissements culturels. Parce que le problème de la culture au Fédéral, ce n’est pas son absence, c’est sa secondarisation, sa mise en arrière-plan : ce n’est jamais la compétence principale première de personne. C’est une annexe. C’est une annexe de la ministre du travail sur ses aspects de sécurité sociale et de droit au chômage ; c’est une annexe du ministre qui reçoit les institutions culturelles au milieu d’autres choses ; ce n’est jamais un premier choix, ce qui explique tout. Il est temps que le Fédéral prenne sa place dans la gestion culturelle dans ce pays, au lieu de s’effacer avec les effets d’endormissement qui en découlent, et qui sont mis si cruellement en exergue par la crise sanitaire sans précédent que nous subissons. »

Jusqu’à 1.500 € pour chaque intermittent du secteur de la culture en Région bruxelloise

Par ailleurs, la Région bruxelloise avance plus rapidement que le fédéral sur ce dossier. Le gouvernement bruxellois, dont DéFI fait partie, vient d’adopter en première lecture un arrêté prévoyant l’octroi d’une aide exceptionnelle unique et individuelle pour les travailleurs intermittents de la culture.

En pratique, chaque intermittent bruxellois du secteur de la culture pourra bénéficier d’une aide exceptionnelle de maximum :

  • 1.500 € pour le travailleur qui a perçu entre le 13 mars 2020 et le 31 mai 2020 des revenus s’élevant à moins de 775 € ;
  • 1.000 € pour le travailleur qui a perçu durant cette même période des revenus s’élevant à moins de 1.550 € ;
  • 500 € pour le travailleur qui aurait perçu durant cette même période des revenus s’élevant à moins de 3.100 €.

La demande devra se faire en ligne sur le site d’Actiris, à la fin du mois juillet et jusqu’au 16 août.

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