ACTUALITÉS

Fédération Wallonie-Bruxelles
Nicole Bomele " Les milieux d’accueil indépendants sont les premières victimes de la réforme de l’accueil de la petite enfance "
Le mardi 16 novembre 2021

Ce mardi 16 novembre, la députée DéFI bruxelloise, Nicole Bomele a interpellé la Ministre de l’Enfance et de la Santé à la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard, sur le désespoir des milieux d’accueil non subventionnés.

La réforme MILAC

Pour la députée amarante, cette réforme, qui redessine les grandes lignes du secteur en Fédération, est un véritable cadeau empoisonné de la précédente législature. Désormais, tous les milieux d’accueil devront répondre à certaines normes -forme juridique, statut social du personnel , exigence du CESS, etc- qu’ils soient subventionnés ou non. En réaction, la Fédération des milieux d’accueil de la petite enfance (FeMAPE), représentant pas moins de 200 membres,  a déposé un recours, toujours pendant, devant le Conseil d’Etat. 

Un décalage entre le secteur subventionné et le non subventionné

J’ai pu entendre le terrain, et il gronde! Ces femmes, car oui, il s’agit essentiellement de femmes, mal payées de surcroît, risquent fort d’être obligées de fermer car on est dans une logique de tout ou rien avec cette réforme. Le décalage entre le secteur subventionné et le non subventionné est honteux. Alors que l’on donne toujours plus aux milieux subventionnés, ce que je ne critique pas car c’est une bonne chose, il me semble anormal d’exiger toujours plus de celles qui se trouvent de l’autre côté du mur. J’ai conscience qu’une ouverture a été amorcée avec la création d’un subside de base accessible aux milieux d’accueil jusqu’ici non subventionnés. L’initiative semble louable mais pensez-vous qu’elle trouvera réellement son public ? Le mécanisme envisagé est-il conforme aux attentes du secteur ? Je me suis laissé dire que cette question reviendrait au cœur des débats d’ici peu” déclare la députée Nicole Bomele.

Cette dernière est effarée de voir le non subventionné si peu écouté “Quand on sait qu’il n’y a pas assez de places dans le subventionné et qu’avant que les places soient en suffisance, on peut attendre des années. De manière générale et si des ajustements pertinents ne sont pas apportés, cette réforme va amener le retour des crèches clandestines tout simplement. Et ça, c’est un bon de 50 ans en arrière, sans le moindre contrôle.”

Le cas des accueillantes

Ces femmes qui travaillent dans le secteur sont des professionnelles, avec parfois 15, 20, 30 ans d’expérience. Pour la députée amarante “Le passage sous statut de salariée est une bonne chose, mais il est important de revenir sur les conditions très contraignantes pour passer sous ledit statut : s’engager à travailler minimum 10h/j, 5j/7 et donc 50h/semaine, pour un salaire variant de 1700 à 1900 euros nets par mois -en ce compris des frais propres à l’employeur- soit 7 euros de l’heure. Et la cerise sur le gâteau, si l’on veut bénéficier de ce statut, toutes les années d’ancienneté peuvent être jetées à la poubelle vu qu’il n’y a pas valorisation

Ce n’est pas normal, que pour en bénéficier, on doive autant sacrifier. J’ai entendu un témoignage particulièrement dur : une puéricultrice enceinte, qui n’a pas son CESS mais qui a suivi toutes des formations reconnues par l’Etat, veut demander un congé de maternité et un congé allaitement. Si elle prend ses congés, quand elle reviendra, elle ne pourra plus être puéricultrice à cause de la réforme. Je ne sais pas si vous réalisez à quel point on abandonne un tas de femmes avec cette réforme. Il est vrai que la plupart des accueillantes qui passent sous statut de salariée ne s’en plaignent pas/ Mais n’imaginez pas que c’est parce qu’elles sont pleinement satisfaites ! Elles sont juste passées d’un statut inexistant à un statut qui leur donne l’illusion de ne pas être exploitées ! Pour la majorité silencieuse, c’est moins pire ou déjà mieux que rien

Le cas des crèches

J’aimerais revenir sur les primes covid et leurs conditions d’octroi. Celle-ci n’a pu bénéficier qu’au personnel salarié et, moyennant une disposition particulière qui mérite d’être saluée, aux accueillantes indépendantes. Il n’en reste pas moins qu’une grande partie du secteur non subventionné a été exclue du bénéfice de cette prime. En pratique, plusieurs difficultés ont été rencontrées concernant leur octroi sous forme d’éco-chèques : D’une part, il arrive que certains PO, à l’instar de quelques CPAS, refusent d’allouer l’avantage car pas “équitable” par rapport au reste du personnel communal n’ayant, quant à lui, pas reçu cette prime spécifique. Ce n’est évidemment pas acceptable pour le personnel des crèches dont les communes ou les CPAS sont le pouvoir organisateur. D’autre part, les travailleuses indépendantes qui exercent en crèche ont également été exclues, dont certaines directrices qui sont obligées d’avoir un statut d’indépendante du fait de leur qualité de dirigeante d’entreprise

Le secteur non subventionné est blessé et lassé qu’on essaie une fois de plus de les faire passer pour des commerçantes avides qui ne se soucient que peu du bien-être des enfants. Et elles tirent la sonnette d’alarme : pour que les enfants soient épanouis en milieux d’accueil, il faut du personnel bien traité, travaillant dans des conditions dignes. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et pour le non subventionné, cela va aller en empirant. C’est tout un secteur qui se meurt” conclut la députée DéFI bruxelloise, Nicole Bomele.

Thématiques populaires
Culture Droits humains Droits linguistiques Education Emploi Enseignement Enseignement supérieur Environnement Fédération Wallonie-Bruxelles Gouvernance Mobilité Pouvoirs locaux Santé Social Élections 2019
AUTRES ACTUALITÉS
Nous devons plus que jamais éviter de donner de faux espoirs aux victimes et être à la hauteur de leurs attentes !
25 novembre Nous devons plus que jamais éviter de donner de faux espoirs aux victimes et être à la hauteur de leurs attentes !
Violences faites aux femmes : DéFI bouge les lignes
Mobilisation Violences faites aux femmes : DéFI bouge les lignes
La commune de Woluwe-Saint-Lambert, un exemple de dynamisme et de bonne gestion !
Région bruxelloise La commune de Woluwe-Saint-Lambert, un exemple de dynamisme et de bonne gestion !
Face au boom des budgets participatifs, la Région bruxelloise rappelle quelques règles pour assurer leur efficacité
Budgets participatifs Face au boom des budgets participatifs, la Région bruxelloise rappelle quelques règles pour assurer leur efficacité