Enseignement supérieur
Médecine : examen d’entrée, quotas, pénurie
Le mardi 3 octobre 2017

Désormais, l’accès aux études de 1er cycle (bachelier) en sciences médicales ou de 1er cycle en sciences dentaires est conditionné par la réussite d’un examen d’entrée. Le vendredi 8 septembre, 3.471 candidats se sont finalement présentés à l’épreuve (dont 20% de non-résidents) contre 4.500 inscrits. Les questions sont nombreuses à ce sujet. En voici une première ébauche :

1° A posteriori, quel est le coût global de la mise en œuvre effective de l’examen d’entrée ?

2° Parmi les candidats présents, quelle est la ventilation par genre ?

3° Un spécialiste de l’évaluation témoignait dans le Soir (06/09/17, « L’examen d’entrée en médecine, un concours déguisé ») : «  Ici, on ne va garder que ceux qui ont déjà pris de l’avance, soit en sortant des meilleures écoles, soit en ayant suivi des cours particuliers que tout le monde ne peut pas s’offrir ». Est-il possible d’obtenir le taux de fréquentation aux cours préparatoires organisés par les universités ? Quel est le coût de participation aux « prépas » ? Comptez-vous publier en ligne les questions de l’examen du 8/09 ? D’une manière plus générale, quelles sont les mesures prises pour favoriser l’égalité des chances dans l’accès aux études de médecine et dentisterie ? Une objectivation des freins et difficultés rencontrées est-elle prévue, notamment en interrogeant les 1.000 candidats qui se sont désistés ?

4° Il était possible de faire la demande d’aménagements raisonnables pour les étudiants en situation de handicap, de trouble spécifique d’apprentissage (dyslexies, etc.), de déficience avérée ou de maladie invalidante. De telles demandes ont-elles été reçues et analysées par le jury ? Avec quelles réponses ?

5° Quelles sont les règles de cotation suivies par les correcteurs pour déterminer la réussite de l’examen d’entrée ?

6° La presse a relayé le niveau de difficulté, jugé par certains excessif. La difficulté des questions, on l’imagine, tend à faire « coller » le nombre d’attestations de réussite avec le nombre d’attestations INAMI disponibles. Les étudiants ont désigné la filière et la faculté de leur choix lors de l’inscription à l’examen, dès lors, pouvez-vous nous donner la répartition par filière et par université des 3.471 candidats? Quel est le nombre de copies complètes comptabilisé à l’issue de l’examen ?

7° Les résultats auront été promulgués le 18 septembre. Quelles en sont les grandes lignes ? Quel est le pourcentage de réussite ? Quelle est la ventilation de la réussite entre étudiants non-résidents et résidents, entre garçons et filles, entre filières et universités ? Quel est le taux de réussite à l’examen d’entrée des étudiants « reçus-collés » (ils ont réussi les cours du bloc 1, mais ne sont pas classés en ordre utile) ? Quel est le sort des étudiants « reçus-collés », en cas d’échec à l’examen d’entrée ?

8° Une analyse sera-t-elle tirée des résultats obtenus par les étudiants ? Permettra-t-elle d’orienter les réflexions quant à l’apprentissage des sciences dans l’enseignement obligatoire ?

9° Quelques étudiants ont été provisoirement dispensés de passer l’examen. Par son arrêt rendu le 1er septembre, la Cour constitutionnelle a en effet décidé de suspendre temporairement l’application de l’art. 13 du Décret de la Communauté française du 29 mars 2017 relatif aux études de sciences médicales et dentaires. En effet, il empêche les étudiants inscrits dans des programmes d’allègement et qui ont réussi les cours prévus par leur convention, de terminer l’acquisition des 60 premiers crédits du programme d’études de premier cycle avant de réussir l’examen d’entrée et d’accès. Ceux-ci devront cependant passer le fameux examen d’entrée une fois leurs 60 crédits validés. L’examen a été maintenu pour les autres étudiants, y compris les reçus-collés. Avez-vous étendu cette dispense provisoire à l’ensemble des étudiants ayant honoré leur convention d’allègement ? Combien étaient-ils dans ce cas de figure ?

Dans un deuxième volet de mon interpellation, j’aborderai l’analyse du Soir portant sur l’évolution de la force médicale. Le contingentement fédéral limitant le nombre de médecins et de dentistes a montré ses effets pervers et négatifs, tant sur le terrain de l’offre médicale qu’au niveau des études universitaires permettant d’accéder à ces professions.

Le seul résultat de cette politique de contingentement est de générer une pénurie de médecins déjà effective en Wallonie et en gestation à Bruxelles.

Ces pénuries sont scientifiquement démontrées et posent un problème important en termes de santé publique pour la population. D’ici 2037, la densité de généralistes pourrait diminuer de près de 50 %. Indiscutablement, vingt ans après le lancement des opérations, la planification de l’offre médicale par l’État fait plus que jamais débat. Ce n’est pas tant le principe même qui pose question (de nombreux pays « planifient » à qui mieux mieux) que les hypothèses fondatrices.

Dans ce contexte, je vous interrogerai sur ces dernières (les hypothèses fondatrices), dont celle du contingentement, mais également celle d’une régulation par l’offre plutôt que basée sur les besoins des francophones. Je reviendrai sur une question posée le 23 février 2016 relative à la définition des besoins de la Fédération Wallonie-Bruxelles en médecins. A cet égard, je voudrais notamment savoir quel est l’état du travail scientifique de diagnostic et de projection des besoins des francophones en professions de soins de santé, ainsi que les méthodologies suivies.

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