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a la rencontre de nos élus (5)
Marie Nagy : « Bruxelles est une ville où les groupes ne se rencontrent pas. Nous avons besoin d'un 'dictionnaire commun' pour nous approprier avec lucidité notre avenir commun »
Le samedi 27 juillet 2019

Tout au long de l’été, nous vous proposons d’aller à la rencontre de nos nouveaux parlementaires à la Chambre et au Parlement bruxellois au travers de portraits tant personnels que politiques. Rendez-vous avec Marie Nagy, députée bruxelloise DéFI.

1. Si vous deviez définir DéFI en une phrase, quelle serait-elle?

Un parti attaché à la défense et à la promotion de Bruxelles, aux valeurs fondamentales et à la laïcité de l’État, c’est un parti incluant, précurseur et efficace. Très ouvert aux questions liées à l’environnement, au défi climatique et aussi très favorable à l’Europe et à sa construction politique ! 

2. Comment expliqueriez-vous les valeurs de DéFI en quelques mots à un ado ?

Pour que chacun puisse jouir de ses droits (par exemple se balader en sécurité partout, avoir accès à l’éducation affective et sexuelle, être traité à égalité que l’on soit femme ou issu d’une minorité quelle qu’elle soit), nous avons besoin d’un « dictionnaire commun », c’est-à-dire de règles et d’un mode d’organisation que nous défendons et valorisons. Ce sont les principes d’égalité, de respect des minorités ou de séparation de l’État et de l’Église qui en sont garants. C’est pour cela que nous bénéficions d’un environnement et d’une liberté d’action qui sont incomparables mais toujours fragiles, ce sont les valeurs que DéFI défend.

3. Si tout était possible, quelle serait la mesure concrète et précise que vous prendriez dès demain ?

La mise en place d’un mécanisme de tiers investisseur pour permettre la rénovation et l’isolation des logements, en particulier ceux qui s’adressent aux populations les plus précarisées.

4. Qu’aimeriez-vous que l’on dise de votre mandat au terme de la législature qui vient de commencer ?

Qu’il a fait avancer les solutions pour réduire le réchauffement climatique et qu’il a apporte sa pierre à l’édifice d’une meilleure qualité de vie pour les Bruxellois. Un mandat exercé avec conviction et sincérité en faveur des habitants.

5. Vous ne seriez pas là où vous êtes aujourd’hui sans…. ?

D’abord j’ai été marquée par mon éducation, par l’histoire de mon père réfugié hongrois en 1948 qui a fait ses études en Belgique puis s’est installé en Colombie où il rencontrera ma mère. Des années plus tard, c’est moi qui ai quitté Bogota et ma famille pour étudier en Belgique et j’y suis restée. Bien que très « intégrée » en Belgique et très reconnaissante, mon regard est toujours un peu décalé, je suis d’ici et d’ailleurs… J’ai aussi été marquée par mes études de sociologie qui développent  un fort esprit critique et une attention particulière aux rapports sociaux. De mes lectures, je retiens René Dumont dont les analyses sur la crise écologique, sur les disparités entre les pays riches et les pays du Sud, sur l’exploitation des ressources naturelles mais aussi sur l’agro-industrie et l’appauvrissement des paysans, l’épuisements des sols et la pollution, m’ont initiée à l’écologie. De Bogota à Bruxelles, j’ai toujours habité et pris plaisir à habiter en ville. À Bruxelles, j’ai rencontré les gens de l’Arau et, avec eux, je me suis engagée en faveur de la Région bruxelloise et d’un développement urbain durable. C’est Jane Jacobs qui a inspiré ma pensée sur la ville mixte en activités et socialement. Ensuite, je suis devenue militante puis mandataire Ecolo. Dernièrement, la signature de l’accord de paix entre le gouvernement colombien et les Farc m’a également marquée, le processus de « vérité, justice et réparation » élaboré en collaboration avec les juristes internationaux redonne espoir dans la capacité de changement et d’amélioration d’une situation jugée inextricable et violente.

6. Quel trait de votre personnalité (hobby, loisir, caractère…) pourrait vous servir au cours de cette législature ? 

Une vie bien remplie et beaucoup d’expériences à partager à un moment de ma vie où l’empathie et l’envie de donner beaucoup sont très forts. Cela j’espère me permettra de travailler pour les Bruxellois, cette ville est si riche si complexe et les défis sont très grands parce qu’il y a beaucoup de ressentiment et de frustrations.

7. Si vous deviez faire une déclaration d’amour à votre commune, que diriez-vous ?

J’habite le centre-ville de Bruxelles, au milieu de tout, c’est une chance inouïe. Seuls bémols, le manque criant d’espaces verts, d’arbres, la pollution de l’air et sonore. Si je suis attachée à la ville qui est un condensé de la Région, j’apprécie aussi l’ensemble de cette Région bruxelloise. 

8.  Quelle est la/le citation/mantra/proverbe  ou que vous affectionnez particulièrement ? 

L’air de la ville rend libre.

9. Si vous pouviez discuter/débattre avec une célébrité/personnalité (vivante ou décédée) durant 1h, quelle serait-elle ? Quels sujets souhaiteriez-vous aborder et pourquoi ?

Avec Marie Curie, sur la science, sur son rôle de femme ayant une famille et pourtant étant une scientifique de haut vol, prix Nobel. Aussi avec Nelson Mandela, dont le combat pour la décolonisation et pour l’égalité est exemplaire. Passer 25 ans en prison et ressortir avec une telle générosité et cette capacité de construire m’inspire respect. Je parlerais avec lui du processus de construction de la paix en Colombie, dont les statuts se sont inspiré de ce qui s’est fait en Afrique du Sud. Je lui présenterais mon petit-fils qui trouverait ainsi une figure africaine majeure qui a influencé la planète entière.

10. Quel moment difficile de votre vie vous a aidé à rebondir ou vous a appris quelque chose d’essentiel pour poursuivre votre chemin professionnel et/ou personnel ?

Suite à la publication d’une carte blanche en mars 2016 sur le retour du religieux en politique, j’ai été exclue d’Ecolo et cela m’a marquée par la violence institutionnelle extrême, le peu de réaction des militants et amis et le refus d’accepter une voix divergente. Bruxelles est une ville segmentée et diverse où les groupes ne se rencontrent pas. Quel est notre « dictionnaire commun » qui nous permet de nous sentir bruxellois et de nous approprier avec lucidité notre avenir commun ? C’est un nouveau chantier qui a changé beaucoup de choses aussi positivement. J’ai repris mon destin politique en main, rencontré des personnalités incroyables. J’ai adhéré pleinement à DéFI, où j’ai trouvé un programme politique et des pratiques qui correspondent à mes valeurs et à mes idéaux. 

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