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Déchets hospitaliers/Région bruxelloise
“L’impact de l’évacuation des déchets spéciaux en termes de pollution est de 950 kg équivalent CO2/tonne, contre 360 kg pour les déchets non-spéciaux”
Le mercredi 28 avril 2021

Aujourd’hui, en Belgique, les déchets hospitaliers les plus à risque sont incinérés. Pourtant, des solutions plus écologiques et plus économiques existent. Début avril, Le journal Le Soir revenait sur cette thématique et notamment sur la proposition de Jonathan de Patoul, député bruxellois DéFI qui interpelle, à nouveau ce mercredi 28 avril, Alain Maron, ministre de l’environnement, sur le sujet.

Des coûts logistiques et environnementaux

A Bruxelles, pas le choix, les hôpitaux sont obligés d’incinérer tous leurs déchets B2. Quelques-uns de ces déchets peuvent néanmoins faire l’objet d’un prétraitement de désinfection, pour être reclassés en B1. Mais, in fine, ces déchets ne peuvent être recyclés, puisque la législation bruxelloise impose également leur incinération. « Les mentalités ont changé depuis les années 90, il faut faire évoluer le cadre, la loi », plaide Jonathan de Patoul. « C’est une question de bon sens, pour le bien de tous. Aujourd’hui, il y a un monopole sur le marché qui offre une certaine rentabilité à quelques acteurs », souligne-t-il. « A titre d’exemple, d’après les chiffres de l’hôpital Saint-Pierre, en 2019 un budget de 1.277 € par tonne de déchets spéciaux a dû être prévu. En comparaison, le traitement de déchets non-spéciaux, lui, a coûté 174,6 €  par tonne. La différence est indéniablement considérable. 

Par ailleurs, sur le plan environnemental, l’impact de l’évacuation des déchets spéciaux en termes de pollution est de 950 kg équivalent CO2 la tonne, contre 360 kg d’équivalent CO2 la tonne pour les déchets non-spéciaux.

Dans le cadre de la crise sanitaire à laquelle nos hôpitaux sont confrontés, la gestion des déchets hospitaliers est centrale. En effet, cette pandémie à augmenter drastiquement la masse de déchets spéciaux, impliquant une saturation de la capacité de traitement de ces déchets tant et si bien qu’un amendement à l’arrêté de 1994 a dû être ajouté afin de permettre un stockage réglementé de ces déchets spéciaux durant 5 jours en lieu et place de l’incinération obligatoire sous 24h. Ces éléments ne font que confirmer l’ampleur que représente la gestion de ces déchets spéciaux en matière de coûts logistiques et environnementaux, davantage en temps de crise sanitaire. »

Des alternatives à l’incinération obligatoire ?

Pour Jonathan de Patoul, il ne s’agit évidemment pas d’un problème isolé de la Région bruxelloise. De nombreux hôpitaux, à travers le monde, rencontrent les mêmes difficultés liées au coût financier et environnemental conséquent de la gestion des déchets spéciaux. Cependant, il précise : « Pour tenter de pallier ce problème, une entreprise belge a développé des solutions innovantes visant à décontaminer au préalable les déchets spéciaux, les requalifiant ainsi en déchets non-spéciaux, et réduisant donc le coût total de leur gestion. Cette société planche également sur des solutions de revalorisation de ces déchets, par des traitements préalables par désinfection, afin que ceux-ci puissent être réutilisés dans le secteur hospitalier, et ne soient pas simplement incinérés. 

Ce sont des initiatives qui coïncident complètement avec les ambitions climatiques de notre Gouvernement, qui s’est par ailleurs engagé dans sa déclaration de politique générale « à stimuler l’émergence de nouvelles filières de valorisation des déchets et des ressources par la voie réglementaire et en soutenant les secteurs ». 

Il est bien entendu évident que si ces déchets doivent faire l’objet d’une attention particulière, c’est que ceux-ci représentent un réel danger pour la sécurité sanitaire de nos citoyens. Il convient donc de maintenir une gestion stricte et sécurisée, ceci ne s’opposant pas au développement d’alternatives innovantes pour une gestion plus circulaire de ces déchets. Ceci étant, de nombreuses entraves législatives empêchent pour l’heure le développement d’une gestion alternative moins coûteuse pour les hôpitaux et l’environnement. D’une part, l’arrêté de 1994, impose l’incinération des déchets et empêche par conséquent d’autres formes de traitement, de valorisation ou de recyclage de certaines fractions de déchets. »

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