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Interview
“Les sans-papiers sont les sacrifiés de la Vivaldi or on ne peut pas faire comme si ces gens n’existaient pas”
Le jeudi 8 juillet 2021

Ce jeudi 8 juillet, François De Smet, député fédéral et Président de DéFI, était l’invité du dossier de la rédaction sur La Première qui avait pour thématique la grève de la faim entamée par plus de 400 sans-papiers à Bruxelles.

“Ils demandent quelques miettes d’espoir”

Pascal Claude, journaliste à la RTBF, entame l’interview par la question suivante : Quelle devrait être la réponse politique immédiate du gouvernement fédéral face à cette situation ? Pour François De Smet, il faut « davantage d’humanité et de pragmatisme. Ces 400 personnes sont réellement en danger à cause de leur détermination mais il faut se mettre à la place de ces gens. Pendant plusieurs années, ils ont eu affaire à un gouvernement Michel avec une N-VA très ferme et très dure sur cette question. Tellement ferme d’ailleurs qu’il n’y avait pas d’action de ce genre parce que tout le monde savait que ce n’était même pas la peine d’essayer. Maintenant, ils sont face à un gouvernement où il n’y a plus la N-VA, ce qui est une garantie intéressante en termes de droits humains, vous avez des partis progressistes qui ont dans leurs programmes des éléments de régularisation et pourtant… Rien ne bouge. Pourquoi ? Parce que les sans-papiers sont les sacrifiés de la Vivaldi.Ces sans-papiers qui se battent, ce sont des gens comme vous et moi. Si ils font une grève de la faim, c’est parce qu’ils considèrent que vivre une vie de sans-papiers c’est-à-dire une vie d’invisible, ce n’est pas une vie digne. Ils demandent quelques miettes d’espoir, ils demandent que la procédure s’améliore par nécessairement qu’ils soient tous régularisés directement. On ne peut pas faire comme si ces gens n’existaient pas. »

Définir les circonstances exceptionnelles

Mais alors, qu’est-ce qui bloque ? « Dans la loi sur les étrangers, vous avez l’article 9bis où il est expliqué que vous ne pouvez pas introduire de demande de régularisation si vous êtes déjà en Belgique sauf circonstances exceptionnelles. Aucun gouvernement n’a voulu définir ce que sont ces circonstances exceptionnelles et pourtant, c’est la solution » explique notre Président. 
François De Smet continue : « Personne ne demande de régulariser les 100.000 personnes sur le territoire d’un seul coup. Personne ne demande de faire de la grève de la faim un critère de régularisation. Ce que les collectifs de sans-papiers demandent, c’est d’inscrire dans la loi des critères clairs de régularisation et une commission indépendante. Ca permet aux sans-papiers, de manière prévisible, de dire “nous sommes dans tel et tel critère comme le fait d’avoir un enfant scolarisé, d’avoir un emploi ou de suivre une formation professionnelle par exemple. Ensuite, on donne à une commission indépendante le pouvoir de décider qui peut être régularisé ou non. C’est d’ailleurs la demande de DéFI, également, qui l’a d’ailleurs expliqué dans sa proposition de loi. »

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