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Région bruxelloise
"Le temps passé entre le domicile et le travail a une valeur : il faut retenir les ménages à Bruxelles"
Le lundi 8 février 2021

Mobilité et fiscalité sont deux des priorités d’Emmanuel De Bock. Chef de groupe DéFI au Parlement bruxellois, le conseiller communal d’Uccle est l’invité, ce lundi 8 février, de l’interview politique hebdomadaire de La Capitale.

Pour Emmanuel De Bock, ces deux dimensions  – la fiscalité et la mobilité – sont intimement liées si l’on veut, comme le souhaite DéFI, promouvoir le maintien de la classe moyenne dans une Région de plus en plus polarisée entre quartiers hors de prix et quartiers de grande précarité.  

Seulement la moitié des emplois aux Bruxellois

« On a 700.000 emplois à Bruxelles dont seulement la moitié sont occupés par des Bruxellois. Plus vous avez une stabilité économique, plus les gens font le pas d’habiter loin de leur lieu de travail. Le fantasme de la maison avec jardin est en effet une qualité de vie que l’on ne peut pas offrir à Bruxelles. Mais ça implique une perte de qualité de vie par rapport au transport pour ceux qui continuent à travailler à Bruxelles. Ce qui est dommage, c’est que les gens ne calculent pas le temps perdu dans les trajets. Rien que pour rejoindre le haut d’Uccle depuis Linkebeek, ça prend 25 minutes en voiture. En transport, c’est 45 minutes. Pour d’autres, c’est encore plus. Ce qu’il faut, c’est matérialiser financièrement ce temps perdu dans les transports », explique Emmanuel De Bock. « Ce temps domicile-travail a une valeur. Les navetteurs perdent une heure de trajet en plus chaque jour avec l’aller-retour. Multipliez ça par 220 jours ouvrables à 20 euros net de l’heure, on arrive à 4.400 euros de perdus par an. Multipliez ça par deux, car vous êtes en couple, vous êtes à 9.000 euros perdus par an. Il a un coût environnemental car vous consommez de l’essence. Quand on calcule l’ensemble des coûts pour une famille moyenne (amortissement, entretien, essence), on arrive à 15.000 euros par an. Plus vous vous éloignez de la capitale, plus il va être important. Multipliez ça sur 20 ans de vie de travail, ça vous fait 300.000 euros. Ce sont les navetteurs qui se plaignent le plus des mesures qui sont prises pour la mobilité sans se rendre compte que ce sont eux qui créent le problème. Enormément de couples dans les Brabants wallon et flamand possèdent deux voitures. Ils veulent une mobilité plus rapide alors qu’ils accélèrent le besoin de mobilité constant. À un moment donné, le système arrive à saturation. Et on est arrivé à ce phénomène. »

Travailler sur les emprunts

Que faire alors ? Pour le député bruxellois, pour conserver les ménages moyens à Bruxelles, il faut travailler sur l’accès à la priorité : « Il faut faciliter les emprunts. Le fait que les gens restent vivre à Bruxelles a un gain économique et environnemental. On ne subventionne pas assez le rester bruxellois. »

Promouvoir le train à Bruxelles et en périphérie

Emmanuel De Bock a été un des grands artisans de la création d’une offre tarifaire unique (Brupass et Brupass XL disponibles depuis le 1er février et réunissant Stib, SNCB, De Lijn et TEC). S’il plaide aujourd’hui pour une extension et une unification de cette zone tarifaire pour aller encore plus loin dans cette synergie, l’avocat ucclois a toujours plaidé pour une mise en valeur de l’offre ferroviaire disponible en Région bruxelloise et toujours sous-exploitée à l’heure actuelle : « Tout le réseau de train a été conçu pour faire arriver les navetteurs vers Bruxelles, mais on n’a jamais fait le focus sur les habitants. La SNCB doit surtout ouvrir ses gares de la périphérie bruxelloise aux Bruxellois. Dans le Brupass, il y a cette règle des 11,5 km autour de Bruxelles. Et en fait, on se rend compte que cette règle n’est pas appliquée. La gare de Grand-Bigard est à 6 km, mais elle est dans le Brupass XL. La gare de Linkebeek est à 10,8 km. Elle est dans les conditions. Mais comme Linkebeek a un quai sur Uccle et un quai dans le Brabant flamand, ils l’ont mise hors de Bruxelles. Ce qui impose un surcoût de 30 %. Il y a des élèves qui vont à l’Athénée Uccle 2 et qui sortent à la gare de Linkebeek qui est juste à côté. S’ils s’arrêtent à Uccle-Calevoet, ils doivent prendre encore un bus et ils perdent encore 30 minutes. C’est absurde de les faire payer 30 % en plus. »

Aménager les talus ferroviaires

Une des façons d’encourager les Bruxellois de recourir à ces petites gares du réseau SNCB bruxellois, c’est de faciliter le stationnement à bas prix à leur abord : Emmanuel De Bock propose à cette fin de transformer les abords généralement désaffectés de ces stations : « Les parkings sont aujourd’hui souvent payants fait qu’il n’est pas rentable de laisser sa voiture à côté de la gare quotidiennement. Mon idée est de viabiliser les talus. En aménageant 100 mètres en amont et 100 mètres en aval de chaque côté de la voie de chemin de fer, on pourrait placer 3 à 400 voitures en épis autour de chaque gare. Cela n’aurait pas d’impact sur l’environnement immédiat. À l’échelle de la Région bruxelloise, si l’on intègre les 17 gares de la périphérie et celles qui sont aux abords, cela ferait 10.000 places de parking. Au total, ça fait 25 gares stratégiques autour de Bruxelles. En demandant 1 euro par jour et par voiture, les 100 millions d’euros d’investissement seraient rentabilisés en 40 ans. »

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