Aidants proches
Le soutien apporté aux jeunes aidants proches
Le mercredi 19 septembre 2018

Comme je l’ai déjà fait, à plusieurs reprises, au cours de cette législature, je souhaiterais vous interroger au sujet de la problématique des jeunes aidants proches, ces jeunes âgés de 12 à 25 ans qui apportent une aide régulière à un de leurs proches (père, mère, frère, soeur, etc.) en situation de grande dépendance en raison d’un handicap, d’une maladie grave ou d’une assuétude. Bien souvent, ces adolescents et ces jeunes doivent assumer des responsabilités d’adultes avant l’heure, en ce sens qu’ils sont amenés à prodiguer des soins à la personne aidée, à lui fournir une aide lors des déplacements à l’extérieurs, à effectuer les tâches ménagères, à accomplir les formalités administratives, à gérer le budget familial ou encore à s’occuper de leurs frères et soeurs. Pour des raisons évidentes, ces différentes charges peuvent s’avérer extrêmement pesantes pour les jeunes aidants proches et peuvent avoir des répercussions négatives sur leur scolarité, sur leur vie sociale et sur leur santé tant physique que psychique. Il est, dès lors, primordial de soutenir ces jeunes afin de leur permettre de continuer à aider leur proche en situation de dépendance tout en veillant à ne pas s’oublier eux-mêmes. Il importe que les jeunes aidants proches puissent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions, consacrer du temps à leurs loisirs et préserver leur vie sociale.

Ayant pris conscience de la nécessité d’agir dans ce domaine, le Collège de la Commission Communautaire Française a pris une série d’initiatives au cours de cette législature. Avec le soutien financier de CAP 48, le Collège de la COCOF a octroyé en 2016 une enveloppe de 40 000 euros au projet de réseau Jeunes Aidants Proches afin de financer la mise en place d’une cellule de permanence chargée de développer le projet. Madame la Ministre, lorsque je vous avais interrogée à ce sujet en janvier dernier, vous nous aviez fait savoir que l’ASBL Jeunes Aidants Proches était en passe d’obtenir un agrément en tant que projet particulier et innovant pour une période de cinq ans renouvelable, ce qui allait permettre de garantir la pérennité des moyens financiers qui lui sont alloués. Pouvez-vous désormais nous confirmer que le Collège de la COCOF a bien décidé d’agréer l’ASBL Jeunes Aidants Proches en tant que projet particulier ? Quel montant annuel la COCOF accordera-t-elle à cette association au cours des cinq prochaines années ? Comment l’ASBL Jeunes Aidants Proches va-t-elle utiliser ces moyens budgétaires ? Quel(s) projet(s) l’association entend-elle mener à bien au cours des prochaines années ?

Dans son édition du 24 août 2018, le quotidien La Dernière Heure a annoncé que la première maison de répit pour les jeunes aidants proches allait bientôt ouvrir ses portes à Bruxelles. Gérée par l’ASBL Jeunes Aidants Proches, cette maison dont l’inauguration aura lieu le 26 septembre prochain offrira quelques moments de répit à ces adolescents et à ces jeunes qui peinent généralement à trouver un peu de calme et de tranquillité chez eux. En principe, trois permanences hebdomadaires seront organisées : le lundi après l’école, le mercredi après-midi et le samedi. Les jeunes aidants proches pourront se rendre dans cette maison de répit pour y faire leurs devoirs, pour s’y divertir ou pour s’y reposer. Madame la Ministre, je souhaiterais savoir si le Collège de la COCOF a apporté une contribution financière à ce projet de maison de répit pour les jeunes aidants. L’ASBL Jeunes Aidants Proches a-t-elle introduit une demande de subside auprès du Collège de la COCOF afin de pouvoir financer ce projet de maison de répit ? Dans l’affirmative, le Collège de la COCOF a-t-il accepté de dégager une enveloppe budgétaire en vue de soutenir ce projet ? Dans la négative, comment l’ASBL est-elle parvenue à dégager les fonds nécessaires pour mener à bien un tel projet ? L’association est-elle propriétaire de la maison de répit ou occupe-t-elle l’immeuble en tant que locataire ?

Si l’ouverture de cette première maison de répit constitue évidemment une excellente nouvelle dont nous ne pouvons que nous réjouir, nous devons néanmoins tenir compte du fait que cette maison, ouverte quelques demi-journées par semaine, ne pourra accueillir qu’un nombre assez restreint de jeunes aidants proches. Les milliers de jeunes aidants qui vivent en région bruxelloise ne pourront pas tous bénéficier de ce lieu de répit. Qui plus est, la maison de répit occupe une position excentrée sur le territoire de notre région, puisqu’elle se situe Boulevard de Smet de Naeyer à Laeken. Les jeunes aidants qui habitent dans des communes du sud-est de la région comme Auderghem, Uccle ou Watermael-Boitsfort éprouveront d’énormes difficultés à se rendre dans cette maison située à plus d’une heure de leur domicile en transports en commun. Conscients de ces problèmes, l’ASBL Jeunes Aidants Proches espère que d’autres structures de ce type pourront rapidement être créées en région bruxelloise de manière à pouvoir répondre aux nombreuses demandes émanant des jeunes. Madame la Ministre, avez-vous connaissance d’autres projets de maison de répit pour les jeunes aidants proches qui seraient actuellement en cours de gestation en Région de Bruxelles-Capitale ? Le Collège de la COCOF a-t-il déjà étudié la possibilité de débloquer des moyens budgétaires pour soutenir le développement des projets de ce type ?

Enfin, dans un autre ordre d’idées, j’aimerais savoir où en est le dialogue entre le Collège de la COCOF et le gouvernement fédéral au sujet de l’élaboration d’un statut légal pour les jeunes aidants proches. En janvier dernier, vous nous aviez indiqué qu’en novembre 2017, vous aviez envoyé un courrier à la Ministre fédérale en charge des Affaires Sociales et de la Santé Publique, Maggie De Block, afin de savoir si elle avait l’intention d’élargir aux mineurs non émancipés les notions prévues par la loi du 12 mai 2014 relative à la reconnaissance de l’aidant proche aidant une personne en situation de grande dépendance. Vous n’aviez alors pas encore reçu de réponse de la Ministre fédérale. Madame la Ministre, Maggie De Block vous a-t-elle répondu depuis lors ? Les lignes ont-elles enfin bougé au niveau fédéral ?

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