ACTUALITÉS

Fédéral
“Le CD&V est comme un empire qui sait qu'il n'est plus un empire”
François De Smet
Le jeudi 6 février 2020

Alors qu’aucun gouvernement fédéral ne montre le bout de son nez à l’horizon, François De Smet se demande dans une grande interview publiée dans les colonnes du Vif : « Devrons-nous encore supplier longtemps le CD&V ? »

Le CD&V souhaite gouverner sans la N-VA ? 

Pour François De Smet, l’incertitude domine. “J’ai senti une grande fébrilité et une grande incertitude, que tout le monde ressent depuis la fin de la mission Magnette. Le CD&V n’a toujours pas choisi, et c’est en ça que la mission d’information Bouchez-Coens est un échec. Cette mission avait deux objectifs. Un, essayer pour la douze millième fois de voir s’il y avait moyen d’associer PS et N-VA. Et deux, surtout, faire que le CD&V parvienne à convaincre le CD&V de choisir entre la Vivaldi et autre chose. On en est toujours là, et il est assez singulier d’observer que le CD&V a toujours la balle. Parfois, le Palais reprend la balle, puis la lui rend, et on continue ce petit jeu où le CD&V doit essayer de se convaincre lui-même. Il est comme un empire qui sait qu’il n’est plus un empire. Il a le fantôme de son ancienne taille, il y a son identité flamande profonde, et il y a aussi un certain bon sens social chrétien, de sens de l’Etat. Tout ça se déchire. Et puis il aime bien se faire supplier, comme en 2010-2011. Peut-être que nous tous, tous les autres, nous n’avons pas encore fait assez pénitence, pour le supplier de bien vouloir venir, et de supplier monsieur Geens de bien vouloir devenir Premier ministre. Mais peut-être serait-il aussi utile de leur rappeler qu’il existe des majorités possibles sans eux.

En effet, depuis le début des négociations, François De Smet ne cesse de répéter que “DéFI à la modestie de son arithmétique. Nous n’avons que deux sièges, mais on essaie d’être positifs. On nourrit les notes autant qu’on le peut, on répond à toutes les invitations, et puis, il y a quand même une ou deux hypothèses où deux sièges peuvent compter.” Il y a quelques jours, le Président de DéFI proposait d’ailleurs la Coalition 77DéFI ou le CDH pouvait apporter leur contribution. 

Coalition miroir où comment ramener le confédéralisme par la fenêtre

Les récentes déclarations de M. Coens sur une coalition « miroir » montrent en outre de la fébrilité, pour François De Smet. “Cela rappelle que les premiers à avoir amené l’idée du confédéralisme, c’est le CD&V en 2001. Essayer de nous la ramener par la fenêtre, alors que la N-VA, au moins, le fait par la porte de devant, est une manoeuvre un peu curieuse : cela nie Bruxelles, cela nie aussi la logique fédérale, et cela démontre combien le CD&V n’a toujours pas de position claire et unie sur la crise sans précédent que nous vivons, et dont il est pourtant un acteur majeur.

Non, DéFI ne mange pas de petits enfants flamands !

Alors que DéFI est régulièrement comparé à une “N-VA francophone”, François De Smet remet les points sur les i : “Cette comparaison avec la N-VA, je la trouve insupportable. D’abord, nous, on ne veut pas la fin du pays. On ne défend pas les francophones parce qu’on pense qu’il y aurait une nationalité francophone, avec une langue française qui serait plus noble qu’une autre. Non, on défend les francophones parce qu’ils sont une minorité, et qu’on défend toutes les autres minorités, ici ou ailleurs, et en ce compris lorsqu’elles sont flamandes. C’est une question de valeurs, par une question de culture. Ensuite, c’est vrai qu’on a l’image de l’ancien FDF, francophonissime. Mais le « F » de DéFI ne veut pas dire francophone, mais « fédéraliste ». Nous n’avons rien d’anti-flamand. Moi-même je parle néerlandais, pas parfaitement mais suffisamment pour débattre avec mes collègues au parlement ou avec des journalistes. Autant que possible, j’essaie de parler aux médias flamands, pour leur expliquer que non, DéFI ne mange pas les petits enfants flamands en périphérie, et que pour nous, le meilleur moyen de défendre les francophones aussi bien que les Flamands, c’est d’avoir un Etat fédéral qui fonctionne. Ce qui n’est pas l’objectif de la N-VA.

De nouvelles élections, un danger pour tous les partis

Alors que le spectre de nouvelles élections plane avec de plus en plus d’instance sur le pays, le Président de DéFI et député fédéral n’a pas peur mais reste réaliste. “Tous les partis seraient en danger, singulièrement dans cette situation inédite, où nous irions aux élections parce que nous n’aurions pas pu former un gouvernement. Aucun parti n’est à l’aise. Nous, on n’en a pas peur. S’il faut vraiment y aller, on ira. Dans un contexte pareil, les débats porteront sur l’avenir du pays. Il se trouve que ce sont des thématiques sur lesquelles nous avons beaucoup travaillé et sur lesquelles nous avons une ligne extrêmement lisible. Là, nous pourrions proposer aux francophones, mais aussi à nos amis flamands, un pacte générationnel. Faisons une réforme de l’Etat pour une génération : on maintient la Belgique, on corrige ce qui ne va pas, on accepte certaines refédéralisations, on termine certaines régionalisations là où ça peut être utile, et on ne touche plus à l’Etat pendant vingt-cinq ans. Cela permettrait aux Flamands de choisir entre les nationalistes pur jus, qui comme Theo Francken font carrière sur ces aspirations, et les autres. Et ça permettrait aux francophones, qui d’habitude subissent les réformes, d’en être partie prenante.

Thématiques populaires
Culture Droits humains Droits linguistiques Education Emploi Enseignement Enseignement supérieur Environnement Fédération Wallonie-Bruxelles Gouvernance Logement Mobilité Pouvoirs locaux Santé Élections 2019
AUTRES ACTUALITÉS
DéFI dénonce les économies dans l’enseignement communal athois
Wallonie picarde DéFI dénonce les économies dans l’enseignement communal athois
« DéFI a toujours été constructif dans les différentes missions royales »
Fédéral « DéFI a toujours été constructif dans les différentes missions royales »
Créons le premier centre belge de prise en charge des enfants et adolescents victimes de harcèlement !
Charleroi Créons le premier centre belge de prise en charge des enfants et adolescents victimes de harcèlement !
Emmanuel De Bock : « Planter des arbres coûte moins cher que le béton »
région bruxelloise Emmanuel De Bock : « Planter des arbres coûte moins cher que le béton »