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Enseignement artistique
Les nouvelles dispositions de la Fédération Wallonie-Bruxelles créent de nouvelles inégalités
Le lundi 20 janvier 2020

Selon Joëlle Maison, c’est une situation injustifiable 

Depuis l’entrée en vigueur du décret du 20 décembre 2001 relatif aux écoles supérieures des arts, tous les professeurs des domaines de la musique et des arts de la parole, hormis dans certains cas pour la formation musicale et la danse, doivent être titulaires d’un titre de Master pour pouvoir enseigner en académie. Ces professeurs continuaient pourtant à être rémunérés suivant le barème correspondant à 3 ans d’études (Barème 301). Tout au long de la législature passée, la cheffe de groupe DéFI au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Maison, n’a eu de cesse de s’insurger contre cette situation injustifiable.

Des économies sur le dos des enseignants

L’argument financier a longtemps été avancé pour justifier le refus d’aligner les salaires des professeurs de l’ESAHR (enseignement secondaire artistique à horaire réduit) sur ceux des autres enseignants. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne pouvait se permettre une dépense estimée à 10 millions d’euros ! Le gouvernement a alors promis une étude juridique qui s’étendra sur plus de trois ans.

Une réforme des barèmes, oui, mais à condition de suivre une formation

Dans les derniers mois de la législature, on aboutira toutefois à une réforme des barèmes, sous la pression également constante des organisations syndicales, fédérations de pouvoirs organisateurs et de l’asbl ESAHR. Il a donc été décidé de permettre à certains détenteurs d’un Master d’être rémunérés à hauteur de leur diplôme, c’est-à-dire au barème 501. Sur les 1112 membres du personnel de l’ESHAR, 643 personnes seulement sont concernées par la possibilité d’une adaptation de leur barème. Il s’agirait des professeurs qui sont détenteurs d’un Master doublé, comme titre pédagogique, d’une agrégation à l’enseignement secondaire supérieur (AESS) ou d’un Master à finalité didactique. Ceux-ci devront toutefois suivre un module de formation à la pédagogie de 60 heures, qui ne semble pas encore avoir été exactement défini.

Bien que l’on constate une certaine évolution, ces nouvelles dispositions créent de nouvelles inégalités au sein des professeurs d’académies. En outre, on exige de leur part de suivre un module complémentaire de 60 heures alors que toutes et tous ont déjà suivi une longue formation et bénéficient d’une incontestable expérience, très longue pour certains.

DéFI interpelle la ministre de l’Education

Sachant que le précédent gouvernement estimait le coût annuel du rehaussement des barèmes à 10 millions d’euros et que l’ajustement ici proposé en coûtera la moitié, nous pouvons aisément comprendre les motifs qui ont conduit le gouvernement à n’accorder qu’à 643 professeurs sur 1.112 un sésame vers le barème 501. Joëlle Maison a interpellé la ministre de l’Education à ce sujet.

Des fausses solutions qui ne répondent pas aux besoins des enseignants

La députée DéFI s’étonne que le nouveau dispositif aboutisse à traiter de façon différente des personnes exerçant les mêmes métiers pour des motifs budgétaires alors qu’il y a tant de pistes d’économies dans les dépenses publiques de la FWB et à leur imposer une exigence de formation complémentaire alors qu’ils sont déjà largement formés et se forment tous les jours sur le terrain. Et, entendant la réponse de la ministre, que le contenu de ce fameux module obligatoire de 60 heures est loin d’être prêt. Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite que les 643 professeurs concernés auront la possibilité de se voir enfin rémunérés à leur juste barème. Quant aux autres ?

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