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Le numérique pour tous
La Région bruxelloise lance son Plan d’Appropriation Numérique
Le lundi 15 février 2021

La crise du coronavirus agit comme une machine à accélérer le temps. Si nous étions tous conscients que le numérique allait peu à peu s’imposer, personne n’aurait pu se douter qu’il allait devenir, en moins d’un an, incontournable. Car aujourd’hui, pour une grande majorité de la population, toute la vie, tant privée que professionnelle, se maintient grâce au numérique.

Mais la crise du coronavirus agit aussi comme un rappel. Celui de porter une attention particulière aux publics qui trouvent difficilement leur place dans ce monde virtuel. En Belgique, 39% de la population sont considérés en précarité numérique. 14% n’ont aucune compétence digitale et 25% ne possèdent pas les compétences suffisantes pour accomplir une tâche sur Internet. A l’échelle de la Région bruxelloise, 170.000 personnes n’ont aucune compétence numérique et 475.000 Bruxellois, des compétences faibles.

Parallèlement, même si 90% des Belges sont connectés à Internet, de fortes disparités apparaissent en fonction des revenus. 29% des ménages avec de faibles revenus ne disposent pas de connexion internet.

Le numérique pour tous, plus qu’un slogan

Le numérique pour tous. C’est avec ce slogan en tête que la Région bruxelloise a développé un Plan d’Appropriation numérique. A travers ce Plan, la Région reconnaît l’urgence de prendre des mesures concrètes afin de s’attaquer aux compétences numériques des Bruxellois. « Rapprocher le citoyen du numérique, c’est l’ambition du Plan d’Appropriation Numérique. Il faut aider les Bruxellois à s’approprier le numérique en misant sur l’accessibilité des outils numériques, la formation dès le plus jeune âge et l’accompagnement vers une transformation digitale accessible pour tous. Parce que la fracture numérique est la résultante de deux composantes, d’une part, l’accès au matériel numérique et, d’autre part, le manque de compétences numériques », détaille Bernard Clerfayt, Ministre bruxellois de la Transition numérique et de la Simplification Administrative.

Le Plan d’Appropriation numérique est divisé en 4 axes, 17 chantiers et 66 actions.

Les quatre axes – sensibiliser, fédérer, outiller, accompagner – doivent permettre de mener une stratégie à 360° qui place les attentes des usagers au cœur des 66 actions. Confié au CIRB, le plan a été pensé pour que les oubliés du numérique, ceux qui se sentent éloignés du monde virtuel, afin qu’ils puissent prendre conscience des avantages du numérique, disposer d’un réseau d’acteurs prêts à les aider, avoir accès à du matériel à jour et être accompagnés en fonction de leurs besoins.

« Fort de son expérience sur des projets d’inclusion de même acabit (tels que wifi.brussels, le Plan Multimédia dans les écoles ou la matérialisation des EPN communaux), le CIRB joue, depuis décembre 2019, à travers la Coordination Inclusion Numérique en son sein, un rôle de chef d’orchestre des projets menés au sein de la Région bruxelloise. Grâce à une collaboration accrue entre les différents acteurs de l’inclusion numérique, qu’ils soient associatifs, privés ou publics, diverses actions sont menées afin de donner davantage de visibilité à ces projets et de faire de la transition numérique un vecteur d’opportunité et de bien-être pour les citoyens », explique Marc Van den Bossche, Directeur général adjoint du CIRB.

66 actions pour développer les compétences numériques des Bruxellois

AXE 1 : Sensibiliser

L’appropriation du numérique commence par la prise de conscience des nombreux avantages et opportunités qui sont liés à la maîtrise des services numériques. Exemples d’actions :

  • Campagne de communication
  • Organisation et participation à des événements dédiés au numérique
  • Formation des fonctionnaires régionaux et communaux aux outils en ligne
  • Développement de modules de formation aux services publics en ligne
  • Labellisation des Espaces Publics Numériques

AXE 2 : Fédérer

De nombreuses actions sont déjà menées pour l’appropriation numérique des Bruxellois. Cet axe ambitionne de fédérer ces actions, via la Coordination Inclusion Numérique, et de mutualiser les efforts de chaque acteur. Exemples d’actions :

  • Réaliser des recommandations inclusives en matière de développement de service public numérisé et développer un package pour les développeurs IT afin de tenir compte d’un public éloigné du numérique
  • Mobiliser les différents acteurs dans un groupe de travail pour échanger les bonnes pratiques
  • Recenser les différentes actions d’appropriation numérique
  • Mettre en place un baromètre annuel sur la progression de l’appropriation numérique par les Bruxellois
  • Mener une étude sur le profil des visiteurs des Espaces publics numériques

AXE 3 : Outiller

Afin d’augmenter les compétences numériques des Bruxellois, il faut améliorer l’équipement des espaces publics numériques et former les animateurs multimédias. Exemples d’actions :

  • Fournir du matériel informatique aux acteurs du secteur
  • Encourager le partage de manuels de formation entre les acteurs
  • Favoriser la mise à disposition de plateformes online de formation
  • Prévoir un socle de formation pour les animateurs multimédias

AXE 4 : Accompagner

Certains publics sont plus éloignés du numérique que d’autres. Ainsi les chercheurs d’emploi, les jeunes, les seniors, les personnes en situation de handicap, celles précarisées et les femmes sont plus susceptibles que les autres de faire partie des oubliés du numérique. En effet, 39% des personnes fréquentant les Espaces publics numériques sont à la recherche d’un emploi. 1 personne sur 3 en situation de handicap n’a pas accès à internet. 51% des internautes avec un faible revenu ne possèdent que de faibles compétences numériques contre 1 sur 5 seulement détenteurs de haut revenu. Enfin 58% des personnes fréquentant les Espaces publics numériques sont des femmes. Pour ces publics-cibles, des actions spécifiques sont prévues. Exemples d’actions :

  • Création d’un test de compétences IT
  • Cartographier l’offre de formation IT de base, y compris extrascolaire, au numérique
  • Mettre en place un mécanisme de déclassement du matériel IT des administrations au profit des personnes précarisées
  • Développer des actions mobiles des Espaces publics numériques au sein des maisons de repos ou à domicile.
  • Monitorer l’utilisation des spots wifi.brussels pour déplacer les spots les moins utilisés dans des lieux fréquentés par les publics-cibles (logements sociaux, maison de quartiers…)

«La relation entre l’usager et les administrations doit être améliorée. Le monde digital de la Smart city d’aujourd’hui offre de belles perspectives pour faciliter cette relation. Une part de la population ne peut cependant rester en marge de ce basculement.  Les outils digitaux développés ou utilisés par l’administration doivent être mieux connus. Des sensibilisations aux usagers, un accompagnement des publics cibles et l’offre d’une stratégie multicanale doivent être mises en place afin que chaque usager trouve mode de communication idéal avec l’administration. Les fonctionnaires eux aussi doivent être formés aux nouveaux outils du métier et apprendre à diriger l’usager vers la stratégie de communication la plus adaptée à son profil », explique Cathy Marcus, Directrice d’easy.brussels

« Faire monter en compétences numériques l’ensemble des Bruxellois ne signifie pas que tous les citoyens doivent devenir informaticien, développeur et codeur. Mais bien faire entrer tous les Bruxellois dans la culture du numérique. Avec un budget de 900.000€ consacré chaque année à l’appropriation numérique, ma volonté est d’offrir un bagage numérique minimum à tous. Car si mon objectif est de faire de la Région bruxelloise une Smart City, cela dépend avant tout de la capacité des citoyens à s’approprier le numérique», conclut le Ministre bruxellois.

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