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interview de rentrée
"La neutralité doit être claire dans l'administration : on ne sert pas le citoyen avec un t-shirt DéFI"
Le mercredi 2 septembre 2020

Interview de rentrée ce mercredi 2 septembre pour le président de DéFI, François De Smet, dans la matinale de LN24, lancée voici un an juste. Trois gros sujets d’actualité à la une : le CD&V qui se fait toujours prier pour entrer dans une Vivaldi, le ministre-président flamand Jan Jambon qui refuse de démissionner dans l’affaire Chovanec et la motion votée à Molenbeek en faveur de l’autorisation des signes religieux dans l’administration.

« Il faut du courage de la part des formations politiques »

Sur le plan fédéral, on attend donc encore et toujours la décision du CD&V de rallier libéraux, écologistes et socialistes dans une Vivaldi. Un refrain connu depuis 15 mois ! Pour François De Smet, « il ne faut pas désespérer. Depuis un an, nous sommes cohérents, nous répétons qu’il y a des coalitions sans la N-VA. On a essayé maintenant avec la N-VA. On a vu que, pour l’avoir à bord, on doit accepter des compromis institutionnels dont on voit que seule la N-VA les veut et dont les autres partis ne veulent pas. C’est un prix que les autres partis ne veulent pas payer ! Et si la N-VA voulait vraiment un gouvernement, il y en aurait un depuis longtemps mais elle a montré qu’elle ne voulait pas retirer ses exigences institutionnelles. Il est temps que les partis aient du courage. L’arc-en-ciel, avec 6 partis (libéraux, socialistes, écologistes), aurait 75 sièges sur 150, quasi une majorité : il ne faut pas lâcher cette opportunité, c’est la seule chose qui peut fonctionner. Si la mission de Lachaert échoue, on basculera dans une vraie crise dont on ne peut rien prédire : je comprendrais qu’on aille revoter si cela ouvrait de nouvelles perspectives mais, là, on sait très bien que cela ne résoudra rien. On va être le seul pays à affronter la plus grave crise économique sans gouvernement ni plan de relance ? Je comprends que rien n’est simple et que la position des partis flamands, qui ont le Belang et la N-VA dans le dos, est compliquée mais le passé a montré que, en 2011, quand le CD&V et l’Open VLD, sont montés dans un gouvernement sans la N-VA, ils s’en sont sortis. Alors que, lorsqu’ils se sont mis avec la N-VA, cela a été la catastrophe électoralement. Aujourd’hui, ils peuvent légitimement dire que tout ce qui était faisable a été tenté avec la N-VA. »

« Se préparer entre francophones »

Et, dans la perspective d’une réforme de l’Etat en 2024, François De Smet rappelle que les francophones n’ont malheureusement pas de projet commun à avancer à l’heure actuelle : « Peu importe qui lance les invitations, nous sommes prêts à le faire, nous viendrons, le plus important, c’est de se parler : ce ne sont pas les Flamands qui vont décider à notre place ce que l’on fait côté francophone. Il faut commencer à se préparer à une réforme de l’Etat rationnelle en demandant l’avis des secteurs. Il faut remettre du rationnel et de la citoyenneté pour réparer ce qui a pu être mal fait. »

« L’affaire Chovanec couvre notre pays de honte »

L’autre feuilleton politique de cette fin d’été, ce sont les suites de l’affaire Chovanec à l’aéroport de Charleroi et la mise sur la sellette de l’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon : « Ce qui est invraisemblable dans cette histoire, c’est que sans des fuites dans la presse et la combativité de la veuve de M. Chovanec, on n’aurait rien su et il n’y aurait toujours pas d’enquête ! Ce dossier couvre notre pays de honte ! Il y a un problème interne et puis la responsabilité du ministre qui estime ne pas avoir fait de faute ! Mais le boulot d’un ministre de l’Intérieur n’est pas de dormir tranquille ! C’est une légèreté coupable qui interroge : son boulot, c’est de ne pas dormir tranquille ! De toute façon, un ministre N-VA, ça ne démissionne jamais ! »

« Ce qui se passe à Molenbeek est inquiétant »

Lundi, le conseil communal de Molenbeek a ouvert une brèche dans la laïcité, proposant d’aller vers l’autorisation des signes religieux dans l’administration communale. Pour DéFI, il s’agit d’une ligne rouge, exprimée on ne peut plus clairement par François De Smet : « La laïcité, selon DéFI, c’est d’abord respecter la liberté de conviction et de religion, y compris dans l’espace public. Mais en faisant en sorte que dans certains endroits, les administrations, les écoles primaires et secondaires, il y ait une abstention, une interdiction des signes ostentatoires religieux et politiques. La neutralité doit être claire. De la même manière qu’on ne rend pas un service au citoyen avec un t-shirt de DéFI ! Cela n’empêche pas que, dans l’espace public ou sur le marché de l’emploi, tout le monde fasse ce qu’il veut. Ce qui se passe à Molenbeek, c’est inquiétant ! »

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