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"La N-VA est de moins en moins fréquentable et de plus en plus proche de l'extrême droite"
Le mercredi 12 février 2020

« La folie, c’est de toujours refaire la même chose en espérant un résultat différent. » Au départ de cette célèbre citation d’Einstein, le président de DéFI, François De Smet, invité de Thomas Gadisseux sur La Première ce mercredi 12 février, a rappelé qu’il était temps de changer d’approche dans la crise gouvernementale : « La situation est sérieuse, il ne faut pas dramatiser et on doit continuer à y croire parce qu’on n’est pas encore sortis de la phase d’information. Il faut sortir de l’irrationnel qui consiste à s’obstiner à vouloir marier PS et N-VA. il est temps d’acter la fin de cette possibilité. On voit que ça ne peut pas prendre. J’ai vu l’informateur, Koen Geens, il a conscience que sa première mission est de convaincre son propre parti et ainsi de mettre fin à l’ambivalence du CD&V. »

Sortir de la double majorité linguistique ?

Pour le député fédéral DéFI, « il faut prioritairement s’attaquer aux raisons pour lesquelles le N-VA, le Vlaams Belang et le PTB sont si forts. Il faut un gouvernement avec un axe social fort, il fat s’attaquer à la précarité, par exemple via la pension à 1500 euros, à la question migratoire, aux enjeux climatiques et, enfin, régler les problèmes de gouvernance de ce pays. Tant que les extrêmes sont si puissants, je crois qu’il va falloir finir par faire le deuil de la double majorité linguistique. Nous avons vécu la précédente législature avec une minorité francophone: le bilan du gouvernement est fort contestable mais il avait une légitimité démocratique et on n’était pas en dictature. L’obligation, c’est une majorité de 76 sièges à la Chambre. »

« Ce n’est pas aux partis qui refusent la N-VA à se justifier »

Pour cela, il faut que les partis flamands acceptent de gouverner sans la N-VA, un parti qui a labouré le terrain pour l’extrême droite raciste et indépendantiste. La N-VA doit-elle être considérée comme telle : « Un parti qui quitte le gouvernement à cause du Pacte migratoire, qui fait campagne contre Zakia Khattabi à la Cour constitutionnelle et qui est prêt à gouverner avec le Vlaams Belang n’est en tout cas pas un parti comme les autres, estime François De Smet. Il y a sans doute des gens convenables à la N-VA mais elle est de moins en moins fréquentable et de plus en plus proche de l’extrême droite. Elle a la couleur et certaines pratiques de l’extrême droite, la frange identitaire et nationaliste a pris le pas. Ce n’est pas aux partis qui refusent d’aller avec la N-VA de se justifier, c’est à ceux qui veulent y aller de se justifier. »

Quelle Belgique demain ?

La Belgique a-t-elle encore un avenir dans ces conditions ? « Il faut mener une vraie réforme de l’Etat, rationnelle, et non basée sur des revendications nationalistes, une réforme axée sur l’analyse de ce qui marche  ou pas. Je suis un vrai fédéraliste, je crois possible de préparer d’ici 2024 une vraie réforme de l’Etat avec les citoyens. A-t-on besoin de 7 ministres de la Santé? Que devrait-on refédéraliser en transports, en santé, en migration? Comment, au contraire, parachever certaines régionalisations pour les rendre plus efficaces? »

Un congé de paternité plus long et obligatoire

L’absence de gouvernement n’empêche pas des avancées parlementaires avec des majorités alternatives – « Chaque fois qu’il y a un vote à la Chambre, on a la N-VA et le Belang d’un côté, et les autres partis de l’autre, c’est peut-être le début de quelque chose, rappelle le président de DéFI. Parmi les sujets abordés au Parlement et susceptibles de bénéficier d’une majorité alternative : le congé de paternité. « Nous voulons le rendre obligatoire et l’allonger de 10 jours à 13 semaines, égaliser les congés de paternité, de maternité et de coparentalité. C’est mieux pour la vie de famille et, de plus, les jeunes femmes sont objectivement discriminées sur le marché de l’emploi à cause de la situation actuelle. Cela coûterait 74 millions, dit-on, mais c’est investissement pour le bien être de tous. » 

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