Développement territorial
La mise en valeur du point culminant de Bruxelles
Le mercredi 23 janvier 2019

Ma question remettra peut-être certaines croyances populaires en doute. En effet, erronément et depuis des dizaines d’années, l’imagerie populaire bruxelloise imagine le point culminant partout sauf là où il est réellement.

Si l’on effectue une recherche dans Google sur le point culminant de Bruxelles, dans 95% des cas, on tombe sur la place de l’Altitude Cent et beaucoup de Bruxellois le croient également. En réalité, celui-ci se trouve à proximité de la drève de
Lorraine, en pleine Forêt de Soignes.

Sur la place de l’Altitude Cent, la tour de l’église Saint-Augustin s’élève à 51 mètres, mais le Palais de justice est, proportionnellement, beaucoup plus élevé, puisque l’édifice mesure plus de 100m de haut. Certains auraient pensé à d’autres endroits à Uccle, dont plusieurs dépassent d’ailleurs l’Altitude Cent forestoise : le Moensberg (90m), le Homborch (100m), le Kriekenput (102m), l’Observatoire (103m), l’avenue de l’Observatoire (120m), le château d’eau dans le bois de la Cambre, qui n’est pas tout à fait à Uccle, mais à proximité sur le territoire de la Ville de Bruxelles (126m), et enfin l’avenue du Prince d’Orange (120m).

En témoignent les premiers flocons récemment tombés sur Bruxelles, le vrai sommet naturel de notre Région se trouverait donc du côté de cette zone culminante, en pleine Forêt de Soignes, ce qui représente, selon moi, un symbole assez fort.

Ce sommet est précisément situé à hauteur de la drève des Deux Montagnes, un lieu-dit qui porte manifestement bien son nom, à proximité du monument « De Ridder », érigé en mémoire d’un gendarme qui y a perdu la vie il y a plus de vingt ans, mais aussi en commémoration des tempêtes qui y ont sévi dans les années 1990. Le cercle d’histoire d’Uccle l’a fait graver sur une face de la stèle déjà présente. Or, cette stèle n’est pas exactement le point culminant naturel de Bruxelles.

En réalité, le point culminant régional ne se retrouve indiqué sur aucune carte.

Il faudrait donc que nos experts en topographie régionale ou ceux de l’Institut géographique national se penchent sur la question et tranchent sur l’exactitude de l’endroit. Il s’agit, d’une part, de le mettre en valeur et, d’autre part, d’en faire un lieu de départ ou d’arrivée d’itinéraires cyclistes et de promenades sécurisées. Pourquoi ne pas en faire également le départ d’une piste de jogging de type finlandais qui utilise les copeaux de bois pour préserver les articulations des coureurs ?

Loin de moi l’idée de priver Forest du titre virtuel de commune la plus haute, mais il y a certainement moyen de développer une réflexion intéressante à propos la Forêt de Soignes, qui n’est pas uccloise en tant que telle, mais un site réellement régional. Cela implique sans doute également une sécurisation des passages pour piétons qui traversent la drève de Lorraine. Ces derniers sont actuellement peu sécurisés et se limitent même parfois à de simples traversées pour chevaux, ainsi qu’en attestent les quelques photos que je vous ai transmises. On pourrait également y faire partir des marches rayonnantes de 5, 10, 15 ou 20 km à travers Bruxelles et la Forêt de Soignes avec un système de cachets à tamponner pour les marcheurs qui partiraient à la découverte de ce patrimoine de la Forêt de Soignes. On voit cela dans certains pays. Cette mise en valeur profiterait à la commune d’Uccle et à la Région, contribuant, par exemple, à l’éducation des jeunes qui partiraient en promenade au départ d’un belvédère en bois, recyclable et durable. Il y a, dans cette zone, matière à développement.

Aujourd’hui, nous ne mettons pas assez en valeur ce patrimoine régional qu’est la Forêt de Soignes.

Je ne dis pas que nous ne faisons rien. Une fondation existe. Je sais que Mme Huytebroeck a beaucoup œuvré, dans le cadre de la préservation de la hêtraie cathédrale, en faveur de la Forêt de Soignes, et la Région bruxelloise s’est vraiment engagée sur  cette question.

Cependant, nous pouvons faire davantage. Il faut, selon moi, que les autorités scientifiques déterminent avec certitude quel est le « toit de Bruxelles » et surtout que les Bruxellois se l’approprient. Ce « toit de Bruxelles » pourrait être une invitation aux Belges et aux visiteurs étrangers à en faire leur point de rencontre. Pourquoi ne pas lancer un concours destiné aux artistes bruxellois pour mettre à l’honneur ce point culminant ? Une sculpture en bois ou dans un autre matériau pourrait incarner nos valeurs de protection du patrimoine environnemental, notre hêtraie cathédrale. Elle serait aussi une invitation à prendre de la hauteur,face au monde d’immédiateté dans lequel nous vivons. Une invitation à s’élever et à respirer ! Quelles démarches entreprenez-vous pour mettre en valeur, à l’instar d’initiatives similaires dans d’autres régions européennes, le point culminant de Bruxelles ?

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