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CARTE BLANCHE
La jeunesse doit être impliquée pour l’élaboration des mesures sanitaires
Le mercredi 7 avril 2021

Dimanche dernier, Sophie Rohonyi, députée fédérale, publiait une carte blanche dans Le Vif, elle dit : “Depuis plus d’un an, nous vivons suspendus aux chiffres relatifs aux hospitalisations, aux admissions dans les services de soins intensifs, aux décès… Parmi nous, il y a les jeunes, très souvent pointés du doigt, alors qu’ils sacrifient aujourd’hui les plus beaux moments de leur existence et se privent des contacts et des expériences dont ils ont besoin pour se construire. Plus d’un an plus tard, ces jeunes ne voient toujours pas le fruit de ces sacrifices. Pire, les perspectives auxquelles ils s’accrochaient ne cessent de s’éloigner.

Le plan “plein air” était un espoir pour les jeunes

Le plan “plein air” avait été organisé pour que les citoyens belges puissent se voir en plus grand nombre à l’extérieur. En effet, la propagation du virus en extérieur est nettement moindre qu’à l’intérieur. Seulement, ce plan a été abandonné après deux semaines. 

Notre députée fédérale explique : “Résultat: Toutes ces bulles se retrouvent au même endroit, en l’occurrence au Bois de la Cambre en ce doux 1er avril, mais aussi à Liège, à Gand, à Louvain, et sur les quais des gares vers la côte quelques jours plus tôt. Les règles sanitaires sont devenues tellement strictes qu’elles ont fini par former un entonnoir contre-productif qui aurait dû être anticipé: ces petites bulles finissent par en former une immense de plusieurs centaines voire milliers de personnes.

Rassemblements au Bois de la Cambre, à la Boverie, à Louvain : signe du ras le bol des jeunes

Les rassemblements récemment relayés par les médias montrent le ras le bol des jeunes face aux mesures sanitaires et au fait qu’ils ne vivent plus leurs vies. Ils ont besoin de contact pour se construire et non être enfermé devant un ordinateur pour suivre les cours. Néanmoins, tout le monde est touché par cette crise.

En voyant cette foule compacte aux infos, j’ai directement pensé au personnel soignant sur le front qui devait légitimement avoir la nausée, mais aussi aux secteurs à l’arrêt comme l’Horeca, la culture et l’événementiel qui ne demandent qu’à encadrer cette foule au moyen de protocoles sanitaires stricts. Dans ces circonstances, les forces de l’ordre se voient obligées d’intervenir pour disperser la foule. Certainement pas pour « casser du jeune », pas plus que les jeunes n’étaient là pour « casser du flic ». Mais simplement pour répondre aux ordres des autorités craignant des débordements” continue Sophie Rohonyi.

Le Premier Ministre manque de pédagogie 

Selon la députée fédérale : “Le Premier Ministre n’a pas manqué de réagir, entre condamnation des violences et compréhension du désespoir qui tentait de s’exprimer. Un tweet qui se voulait ferme et pédagogue, mais qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu: le gouvernement a perdu l’adhésion de la population aux mesures sanitaires, non pas par égoïsme, mais par fatigue et incompréhension.

Pour Sophie Rohonyi, nous devons écouter la détresse des jeunes : “Ce qu’ont exprimé la majorité des jeunes au Bois de la Cambre, c’est un désir de vivre, mais aussi et surtout un cri du coeur, un appel à être reconnus, compris, pris en compte, respectés et écoutés face à leur souffrance, leur décrochage scolaire, la perte de leur job étudiant, leurs difficultés financières, les tensions familiales, les incertitudes quant à leur avenir et donc l’utilité de leurs études…

Les prochaines mesures doivent être pensées avec les jeunes 

DéFI plaide pour que les jeunes soient écoutés pour élaborer des mesures qui visent à réduire la propagation du virus mais qui aide également les jeunes qui sont en grande détresse, voir pour certains en décrochage scolaire : “Cette écoute des jeunes doit d’urgence être mise en place par le Premier Ministre, d’une part en réunissant une Conférence ministérielle Jeunesse, d’autre part en associant les jeunes et leurs représentants aux travaux du Comité de concertation. Le monde médical et le monde économique conseillent les autorités dans l’élaboration des mesures. Pourquoi pas le secteur de la jeunesse? Le 28 janvier dernier, je demandais au premier Ministre d’inclure les jeunes dans le processus décisionnel qui les concernent, plutôt que de parler en leur nom, sans aucune idée de ce qu’ils vivent réellement, mais aussi des efforts qu’ils sont encore prêts à fournir. J’ai ensuite formulé cette demande dans une proposition de résolution et demandé au Parlement fédéral de l’examiner en urgence. Demande rejetée par tous les partis de la Vivaldi.

Ce qu’il faut pour gagner la vraie bataille que nous vivons aujourd’hui, celle contre le virus et pour retrouver au plus vite nos libertés, c’est de ne pas céder au piège de la division et de la stigmatisation que nous renvoient les images de jeudi soir, et de retrouver foi en notre avenir. Le virus se charge déjà très bien de polariser notre société, de dresser les secteurs et les générations les uns contre les autres. Ne rentrons pas dans son jeu.” conclut Sophie Rohonyi.

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