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Olivier Maingain
"La clé du succès de DéFI tient à notre singularité. On a toujours su garder une cohérence et rester soudé"
Le vendredi 29 novembre 2019

Il ne reste que quelques heures à Olivier Maingain dans le rôle de Président de DéFI. L’occasion pour Le Soir et La Libre de lui consacrer deux portraits aussi bien politique que privé. 

Gouvernement fédéral

Alors que Paul Magnette continue sa mission d’information auprès du Roi, Olivier Maingain donne son opinion sur la note qui lui a été soumise : « C’est une base de discussion tout à fait valable pour DéFI. Mais il y a des partis autour de la table comme la N-VA qui sont hostiles à l’idée même que l’informateur puisse mener à bien sa mission. Il faut attendre les réactions du VLD et du CD&V également. On vit un moment de vérité. Soit on se lance dans un projet significatif, soit on tombe dans le piège de la N-VA qui veut nous emmener dans une aventure institutionnelle. La réponse viendra du nord du pays. S’il n’y a pas d’amorce de négociation gouvernementale sérieuse avant la fin décembre, la situation deviendra préoccupante ». 

Que faire en cas de blocage ? L’idée d’un référendum ne déplaît pas au Président de DéFI : « La mission de Paul Magnette est un peu celle de la dernière chance. Si elle échoue, on entrera dans un autre débat. Il ne faut pas croire que du côté francophone, il y a une acceptation indéfinie à subir le chantage et les humiliations d’une Flandre nationaliste. Certains se sentent capables de lui dire stop et de passer à autre chose. Je ne reprocherai jamais aux Flamands d’exiger des francophones qu’ils assument leur avenir. Nous devons arrêter d’être sur la défensive. Soyons exigeants envers nous-mêmes. »

L’histoire d’un homme et d’un parti

« La clé du succès du FDF puis de DéFI tient à notre singularité. On a toujours su garder une cohérence, rester soudé, même dans les temps les plus difficiles. En 2011, année où nous avons cassé le lien historique avec le MR, nous avons posé un acte nécessaire. M’imaginer un seul instant dans une majorité avec la N-VA… Cette alliance fut profondément révoltante. Le MR a dû accepter tellement de reculs par rapport aux libéralismes hérités du siècle des Lumières. » 

« Olivier aura été un tout grand président. Il connaît admirablement bien l’histoire institutionnelle de notre pays », confie Antoinette Spaak, présidente du FDF de 1977 à 1982 et ancienne députée européenne.

L’avenir de DéFI

Alors que le changement de présidence approche, Olivier Maingain explique « Impossible d’assurer que DéFI existera encore dans 25 ans. On vit une période de bouleversements. Les partis sont appelés à se recomposer. Il y a d’autres manières d’exister. Par contre, je reste convaincu que le tirage au sort et la démocratie directe ne pourront jamais remplacer les corps intermédiaires. La démocratie vit de la pluralité des idées mais aussi de la capacité à la médiation, la recherche d’un accord. » 

Pour le Président de DéFI, il est clair qu’il a “fait plus que son temps”. « Je ne me sens pas vieux au point d’aller cultiver un potager dans le sud de la France. Simplement, je n’apporte plus de plus-value sur la force de communication et de persuasion de mon parti. Je peux comprendre que les gens attendent un autre style, de nouveaux arguments, des priorités différentes des miennes. Je n’ai plus l’originalité ou la capacité à être autre chose que ce que j’ai été pendant que j’étais président. Il est temps que les gens voient l’offre politique qu’il y a derrière l’homme. Je resterai actif et disponible mais je ne serai pas l’ombre tutélaire de qui que ce soit. »

Changement de scène

Pour entamer la transition, Olivier Maingain a repris des cours de déclamation. « J’ai eu envie de reprendre des cours pour comprendre le monde et son évolution. J’ai toujours aimé les textes et j’avais envie de les dire. Je pense aussi retourner sur les bancs de l’université à la rentrée. »

Sur la tirade du nez de Cyrano de Bergerac, par exemple,“il n’est pas facile de donner correctement les douze pieds de chaque vers. J’apprends. Peut-être que j’irai sur scène… En réalité, je passe une audition dans trois semaines. Je déclamerai un texte de Pierre Palmade où je dois dire : « mon programme n’est ni de droite ni de gauche ». Tout ça m’amuse beaucoup. »

Une nouvelle carrière artistique qui n’empêchera pas Olivier Maingain de rester très actif en politique.

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