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Journée internationale contre les mutilations génitales
Pour Fatoumata Sidibé, il y a dans l’excision une dimension de « viol collectif » !
Le mardi 6 février 2018

Ce 6 février, Journée internationale contre les mutilations génitales, Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise DéFI et présidente de DéFI Femmes, rappelle qu’en dépit des avancées obtenues au niveau législatif et sur le terrain, le nombre de femmes et de filles ayant subi une mutilation sexuelle dans le monde augmente. Elles seraient aujourd’hui 200 millions dans une trentaine de pays d’Afrique et du Moyen-Orient. C’est 70 millions de plus par rapport à 2014 !

Pour Fatoumata Sidibé, les mutilations génitales sont une violation des droits à la sécurité, à la vie, à la santé, à la dignité, à l’intégrité physique, une torture, un traitement inhumain et dégradant. Il y a dans l’excision, une dimension de «  viol collectif « .

 

En Europe, il y aurait environ 500.000 femmes excisées et 180.000 jeunes filles menacées chaque année. À l’échelle de la Belgique, en 2012, on estimait à 13.112, le nombre de femmes et filles très probablement excisées, et à 4.084 celles étant dans le risque de l’être. Ces chiffres ont doublé depuis 2008.

 

“Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et de filles qui sont amputées d’une partie de leur corps, mais aussi d’une partie de leur vie, car les conséquences physiques et psychologiques peuvent durer toute la vie, quand elles ne sont pas mortelles”, déplore la députée DéFI.

 

En trois ans, le Centre médical d’aide aux victimes de l’excision (CeMAVIE) au CHU Saint-Pierre a reçu 750 patientes, 2000 consultations, pratiqué 75 interventions chirurgicales et 30 reconstructions clitoridiennes.

 

En matière de prévention et de sensibilisation auprès des familles des fillettes exposées, Fatoumata Sidibé se réjouit du projet pilote initié avec l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) et le Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) visant à sensibiliser les mères provenant d’un pays à risque via des animatrices communautaires dans les locaux de l’ONE.  Mais il faut intensifier la prévention jusqu’à la majorité de l’enfant.

 

En matière d’asile, sur base d’un risque d’excision, le statut de réfugié peut être reconnu à une fillette intacte (et à sa famille) en Belgique. Afin de s’assurer que l’enfant ne subira pas de MGF après avoir reçu le statut de réfugié, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) a mis en place un mécanisme de prévention. La/les personnes responsables signent un engagement sur l’honneur et s’engage(nt) chaque année à envoyer un certificat médical prouvant que leur fille n’a subi aucune mutilation génitale.

 

« Je plaide pour rendre cette procédure obligatoire pour toutes les familles des fillettes exposées, et ce jusqu’à leur majorité et quel que soit statut administratif ou leur nationalité », explique Fatoumata Sidibé.

 

En effet, si nous n’avons aucune preuve de la pratique de l’excision en Belgique, les excisions clandestines ne sont pas exclues. Par ailleurs, les jeunes filles qui rentrent dans leurs pays d’origine risquent d’être excisées, parfois à l’insu de leurs parents.

 

« Certains autres pays européens ont rendu un examen médical obligatoire avant et après des voyages en cas de risque d’excision, ou encore lors des visites médicales scolaires », pointe la députée amarante.

 

Les objectifs de développement durable appellent à mettre un terme aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030. Il y a urgence. Toutes les 10 secondes, une fille de moins de douze ans subit une mutilation génitale.

 

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