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Afghanistan
“J’invite notre pays à ne rien céder à ce régime et à ne pas offrir une once de reconnaissance à ce gouvernement taliban”
Le vendredi 27 août 2021

Ce jeudi 26 août, alors qu’un premier attentat meurtrier, depuis le retour au pouvoir des talibans le 15 août dernier, faisait des dizaines de morts et encore plus de blessés à Kaboul, le Parlement fédéral se réunissait en commission pour débattre de la situation en Afghanistan et des actions mises en place par la Belgique.

Devant les 4 ministres concernés, Alexander De Croo, Sophie Wilmès, Annelies Verlinden, Ludivine Dedonder et le secrétaire d’état à la migration, Sammy Madhi, notre député fédéral, François De Smet pointe avant tout « le retour d’un régime obscurantiste et moyenâgeux en Afghanistan. »

Porter un message sans ambivalence !

Notre député fédéral constate que la Belgique a été prise par surprise par les événements : « Sur la sécurité et les renseignements, il faut en effet se rendre à l’évidence. Nous avons été surpris parce que nous avons trop appris à nous reposer sur les services de renseignements alliés, en particulier américains, et avons été soumis finalement au tempo imprimé par le retrait des Etats-Unis. Les Européens doivent en tirer des leçons majeures sur l’organisation de leur défense et de leurs services de renseignements. Et ils doivent plus que jamais se prendre en main. 

Au sujet de la reconnaissance du régime, François De Smet est intransigeant ! « Je pense que la communauté internationale, et en particulier l’Europe, se doit de porter un message sans aucune ambivalence. Or de l’ambivalence, il y en a parfois eu dans les mots de la majorité. Il paraît qu’il faudrait laisser une chance aux talibans. Ou qu’il faudrait attendre et voir. D’autres voix, plus fermes, se sont heureusement fait entendre au sein de la majorité. Et pour cause. Car : Non. On ne laisse pas de “chance” aux talibans, car eux n’en laisseront aucune à leur population.

Non, il n’est pas trop tôt pour définir une attitude face à ce régime. A moins de ne rien avoir appris de l’histoire récente.

Vous nous dites que les talibans devront être jugés sur leurs actes et non sur leurs paroles. Mais enfin j’espère que personne ici n’est naïf. J’espère que personne ne pense que les talibans ont changé ? Qu’ils seraient devenus gentiment “inclusifs” comme ils s’en revendiquent eux-mêmes, ou “participatifs” ?Qui peut imaginer ici un instant que dès que les Américains auront abandonné l’aéroport de Kaboul, une chape de plomb définitive ne s’abattra pas sur les hommes et surtout sur les femmes qui vivent dans ce pays ? Qui croit que peut exister une politique axée sur la charia compatible avec les droits acquis pour les femmes ? J’invite donc notre pays à ne rien céder à ce régime et à ne pas offrir une once de reconnaissance à ce gouvernement taliban, quitte si besoin à nous désolidariser de la communauté internationale si celle-ci cédait à la tentation de préférer le pragmatisme aux droits des hommes et surtout des femmes et des filles. »

L’Europe doit être au rendez-vous

Pour finir, notre député fédéral aborde le sujet des réfugiés. En effet, pour François De Smet, être vigilant ne doit pas empêcher d’être généreux et d’être à la hauteur de la situation humanitaire. « Cela paraît surréaliste de le rappeler : il y a quelques semaines encore, votre gouvernement refusait de suspendre les retours forcés vers l’Afghanistan. Aujourd’hui nous avons basculé dans un autre monde.

L’Europe doit être au rendez-vous. Elle ne peut pas abandonner les hommes et les femmes qui veulent fuir. Ce n’est pas une question de politique migratoire mais d’humanité. Les Européens ne peuvent pas rater à chaque fois leur rendez-vous avec les crises humanitaires.

Alors j’entends bien les quatre catégories de personnes définies. On ne peut évidemment que souscrire à la volonté du gouvernement de les secourir. Mais j’aimerais que le fil ne soit pas coupé pour les autres. Vous pouvez ne pas être belge, ne pas avoir travaillé avec une ONG, ne pas avoir travaillé avec la Belgique ou ses alliés, ne pas avoir un titre de séjour ET néanmoins avoir de bonnes, de très bonnes raisons de ne pas vous considérer en sécurité avec des talibans au pouvoir. Surtout avec une avancée aussi rapide.

Peut-on se contenter d’ouvrir nos portes à vos quatre catégories de personnes ? Ma réponse est non.

Peut-on accueillir tout seul toute personne souhaitant fuir les talibans ? Ma réponse est non, également.

Mais entre les deux existe une marge, et cette marge s’appelle politique européenne de l’asile.

Je voudrais que la Belgique ait un rôle pionnier en la matière. Je voudrais que la Belgique secoue l’Union européenne, fasse émerger l’agence européenne de l’asile en gestation pour l’occasion. 

Ne laissons pas sans réponse appropriée un régime qui enferme les femmes dans des prisons de tissu, qui a par le passé dispensé des châtiments corporels et qui entretient une idéologie théocratique clairement en contradiction avec les droits humains les plus élémentaires.

Il faut un plan européen coordonné, avec répartition d’une partie des demandeurs d’asile qui arriveront dans les pays voisins de l’Afghanistan entre pays européens de manière équitable. Nous pouvons, nous devons mieux faire.Nous ne pouvons pas rester, à chaque crise humanitaire, du mauvais côté de l’histoire. »

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