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Santé
“Je ne vois pas comment on peut défendre que la prévention et les soins dépendent de différents niveaux de pouvoir”
Le vendredi 1 octobre 2021

Ce vendredi 24 septembre, François De Smet, Président de DéFI et député fédéral, répondait aux questions de la Fédération des maisons médicales sur les politiques en matière de soins de santé pendant et après la crise Covid-19.

La santé est la première préoccupation des gens

Pour DéFI, il faut revoir notre façon de faire de la politique et surtout en matière de soins de santé. François De Smet explique : « Le modèle belge a beaucoup souffert de communautarisations et de régionalisations successives, en général pour des arguments qui n’ont rien de rationnel et pas seulement dans le cadre de la santé. Mais en particulier dans ce domaine, la sectorisation conduit à un fatras : neuf ministres ont des compétences éclatées. Je ne vois pas comment on peut défendre que la prévention et les soins dépendent de différents niveaux de pouvoir. C’est comme si la main qui choisit de soigner n’avait pas de vue sur ce que fait l’autre pour prévenir. Or on sait qu’un euro investi en prévention permet d’économiser grandement un euro en soins. Depuis la division de la prévention entre communautés, on ne serait même plus capable de faire une campagne nationale contre l’obésité ou contre le tabac ! Je ne pense pas qu’il faille tout refédéraliser – des choses sont très bien exercées au niveau des régions et des communautés –, mais ce qui concerne la santé et la sécurité d’existence, en ce compris le social et les allocations familiales – scindées en dépit de toute logique – devrait être rapatrié au niveau fédéral. Notamment pour contrer cette division entre le curatif et préventif. Quelle déperdition de moyens !

L’idée est de sortir des réformes de l’État, de ce champ irrationnel. C’est très à contre-courant, mais je crois que c’est une idée qui infuse : ramener de la raison, consulter les acteurs de terrain. Et jouer cartes sur table lors des prochaines élections. Qui veut une réforme de l’État pour détricoter un peu plus ce pays ? Et qui veut une réforme de l’État pour réparer les erreurs des précédentes ? Ce qui, il ne faut pas l’exclure malheureusement, devrait aussi mener à un bras de fer avec nos amis flamands, en tout cas les plus nationalistes d’entre eux qui vivent pour une grande partie sur le détricotage progressif de l’État. La crise du Covid pourra changer un peu la donne ; l’essentiel va resurgir. Nous avons réalisé un sondage interne, et c’est ce qui ressort aussi de toutes les consultations bien avant la pandémie et même avant les élections 2019 : la santé est la première préoccupation des gens. C’est normal, c’est le domaine à la fois de l’intime, de la peur de la fin de vie, prématurée ou pas, pour soi-même et pour ses proches. Transformons donc cette crise en opportunité, pour faire en sorte que la santé ne soit plus une marge d’ajustement d’une réforme de l’État éventuelle demandée pour des motifs financiers nationalistes. Notre système a objectivement de grandes qualités, c’est un modèle qui a bien résisté au Covid même si tout n’a pas été parfait. Les problèmes que l’on doit affronter : la pénurie de médecins généralistes, la désorganisation, le numerus clausus… sont de vraies questions. Je crois que c’est difficile de reparler de la santé, notamment de définancement ou de sous-financement comme par le passé, avec les mêmes données. Le Covid a remis en lumière la précarité du personnel soignant, du moins d’une partie car on pourrait aussi parler des inégalités au sein du personnel soignant… Le débat ne va pas se poser sur les mêmes bases qu’avant. »
Retrouvez la suite de l’interview de notre Président sur le site de la Fédération des Maisons médicales.

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