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Journée internationale de la visibilité transgenre
“Il y a un véritable travail d'éducation à faire sur la perception et l’acceptation de la différence”
Le mercredi 31 mars 2021

Le 31 mars célèbre la visibilité transgenre partout dans le monde. À cette occasion, DéFI a souhaité mettre en lumière notre membre et militante, Samantha Warginaire, qui s’est fait connaître lors de la dernière campagne électorale (2019) comme candidate transgenre aux régionales : « Ce n’était pas l’idée au départ, mais les choses ont fait que ma campagne a tourné autour de ce thème-là. Je ne veux pas être réduite à cet aspect, mais je suis contente d’avoir pu apporter un peu de lumière à la communauté LGBTQI+. »

Malgré de nettes avancées en Belgique concernant la transidentité, les militants et les associations LGBTQI+ continuent à mener des combats notamment contre les discriminations vécues par cette communauté.

Samantha explique : “Il y a un véritable travail d’éducation à faire sur la perception et l’acceptation de la différence. En ce qui concerne la transidentité, les différents stades de transition ne sont pas toujours pris en compte dans notre société. Par exemple, au niveau carcéral. Une personne en transition peut se retrouver incarcérée “au mauvais endroit” selon l’état d’avancement de cette transition. Les spécificités entre transitions homme > femme et femme > homme, ne sont pas toujours bien connues et prises en compte non plus.

L’importance de la visibilité

Laurane De Graux, animatrice socioculturelle et assistante sociale chez Tels Quels, met en avant l’importance d’avoir des journées internationales comme celle-ci : “Une journée mondiale comme aujourd’hui sert à visibiliser les personnes transgenres. Actuellement, le regard des gens évolue grâce à la médiatisation de la communauté LGBTQIA+ : c’est un sujet moins tabou alors qu’il existe depuis la nuit des temps. Je trouve ça très important parce que ça permet aussi en termes de militantisme d’avoir vraiment une journée où on pose des actions et où on peut justement faire entendre les voix de ces personnes là, ce qu’elles ont à dire et qu’elles soient reconnues par la société, car on vit encore dans une société trop binaire.

Des avancées sérieuses depuis 2018

En Belgique, les avancées politiques et administratives sont importantes pour les personnes transgenres, Laurane De Graux (Tels Quels) explique : « Avant 2018, il y avait un seul parcours type pour pouvoir faire une transition : il fallait aller voir un psychiatre qui diagnostique une dysphorie de genre. Une dysphorie de genre, c’est quelque chose qui est comparé à une maladie ! Un suivi de 3 ans était alors nécessaire pour que le praticien puisse attester que la personne pouvait avoir un traitement hormonal. Après un certain temps sous hormones, la personne pouvait alors passer à une réassignation génitale. Seule possibilité pour pouvoir ensuite changer sa mention de genre sur sa carte d’identité et son prénom. C’est assez violent parce que ça veut dire qu’on est obligé de passer par les opérations. Encore une fois par la sphère médicale et qu’en plus on était pointé du doigt comme étant malade. Les associations se sont vraiment battues pour changer ça. »

Depuis 2018, le parcours de transition est simplifié et beaucoup moins invasif. Un médecin traitant peut, par exemple, prescrire les hormones nécessaires sans suivi psychiatrique préalable. Le changement de nom est également simplifié au niveau des procédures.

A l’occasion de la Belgian Pride 2020, la Fédération Arc-en-ciel Wallonie a également réitéré ses demandes : « Le dégenrage du numéro INAMI ce qui impliquerait, entre autres : le remboursement des examens gynécologiques pour les hommes trans et le remboursement du dépistage du cancer de la prostate pour les femmes trans. » Une attention toute particulière est également portée vers la formation des médecins généralistes et des professionnel.le.s de la santé aux besoins spécifiques en santé sexuelle et mentale des communautés LGBTQI+. « La lutte contre les violences médicales, gynécologiques et obstétricales, dont sont aussi victimes les personnes LGBTI+, particulièrement les personnes transgenres et intersexes, sont toujours un combat très actuel. »

“J’ai eu la chance d’avoir un parcours sans beaucoup d’embûches, mais c’est rarement le cas”

Samantha Warginaire, militante DéFI qui a commencé sa transition avant les avancées de 2018, a toujours été soutenue par sa compagne : “Ma chance à été d’avoir une compagne qui a accepté ma différence, même si pour elle ce ne fut pas facile tous les jours.”

Au-delà de cet accompagnement bienveillant, c’est également une épreuve quotidienne : “Ça peut parfois aussi être un “handicap” parce qu’à chaque article de presse qui parle de moi, on mentionne ma transidentité. Après ça permet de changer les choses et ça permet de donner de la visibilité à cette thématique et une certaine sensibilisation.

Une transition n’est pas toujours facile à vivre par rapport aux regards des autres. Samantha l’a expérimentée et donne sur son site une liste de médecins de référence et des adresses de coiffeuses ouvertes d’esprit.

Ses thématiques de prédilection

Notre militante DéFI défend une vision de la politique citoyenne : “J’ai choisi DéFI parce que je pense que c’est un parti à l’écoute qui peut vraiment faire beaucoup pour les citoyens en défendant leurs idées. Pour moi, il faut être cohérent dans ce que l’on propose tout en écoutant les véritables difficultés des gens. DéFI a une vision citoyenne et encourage d’ailleurs, comme moi, les citoyens à investir les Parlements. Il faut que plus de citoyens s’engagent en politique pour avoir une plus grande représentativité de la réalité de terrain.” Chez DéFI, Samantha s’engage principalement sur 3 thématiques : la mobilité, le social et l’emploi/la formation. “La mobilité est une thématique compliquée parce qu’il faut un équilibre entre les usagers. Il ne faut pas diaboliser les usagers en voiture, mais il faut aussi trouver des solutions plus écologiques. En ce qui concerne le social, je mène plusieurs actions solidaires qui sont très importantes, mais je défends aussi le fait qu’il faudrait que nos administrations vulgarisent davantage leur fonctionnement vers le grand public. Les citoyens ne comprennent pas toujours clairement qui fait quoi, pourquoi et comment en Belgique. Ils ne savent pas non plus toujours à qui s’adresser en cas de problème. Pour finir, l’emploi et la formation sont des compétences que je souhaite mettre en avant également. Je pense qu’il faut valoriser les métiers en pénurie par exemple. Il faut aussi valoriser le travail et pouvoir faire comprendre à certains qu’être au chômage n’est pas un travail en revalorisant certains salaires par exemple.

Ses actions solidaires

Samantha a envie d’aider son prochain : elle est à l’origine des “1000 repas pour Noël” et du “dressing mobile solidaire”.

En 2018 et 2019, elle a financé sur fonds propres 1.000 repas pour les distribuer aux personnes précarisées, elle explique : “Il est assez incroyable qu’en 2019, beaucoup de gens ne savent pas finir leurs fins de mois et donc ne fêtent pas Noël correctement.” Elle a la volonté de venir en aide aux citoyens défavorisés et sait la chance qu’elle a de ne pas avoir ce problème : “Cette action permet de rencontrer des vraies personnes et connaître des parcours de vie qui ne sont pas toujours faciles. J’ai la chance de ne pas devoir regarder systématiquement les fins de mois pour manger.

Samantha Warginaire décrit son projet de dressing mobile solidaire : “Le dressing mobile solidaire consiste à acheter des vêtements à 1€. C’est destiné à tout le monde : aux personnes défavorisées comme aux personnes respectueuses de l’environnement. Pourquoi on ne donne pas les vêtements ? Car ça permet aux personnes précarisées de ne pas se sentir dépendantes. 50% sont reversés à une association.

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