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université d'été
"Il faut un gouvernement, maintenant, car le pire de cette crise est peut-être à venir"
Le samedi 26 septembre 2020

Le président de DéFI, François De Smet, a conclu, ce samedi 26 septembre à Wavre, les travaux de la première université d’été du parti. Un discours qui fait office de rentrée politique en cette période très particulière de crise Covid et de formation Vivaldi. En voici quelques-uns des thèmes les plus forts.

Protéger le travail

« Ce que je retiens de notre matinée c’est ceci. D’une part il faut protéger davantage les métiers essentiels, valoriser davantage le travail, en déplaçant la charge fiscale vers d’autres sources. D’autre part, pour que la machine tourne, il faut que celles et ceux qui travaillent soient épanouis. Cela peut passer par une meilleure démocratisation du monde du travail ; il est important que chaque travailleur se sente comme un acteur clef d’une entreprise, et non comme un maillon impersonnel. »

Libéraux sociaux ou sociaux libéraux?

« J’entends régulièrement des interrogations sur le fait de savoir si de sommes plus de gauche ou plus de droite. Je note qu’on se fait très régulièrement taxer soit de parti de droite néolibérale soit de suppôt des socialistes. Tant que je reçois des messages en nombre équivalent des deux côtés, je ne m’inquiète pas. Mais il y a une vraie question. Sommes-nous des libéraux sociaux ou des sociaux-libéraux ? Eh bien au fond c’est comme vous voulez. »

La crise sanitaire

« Nous vivons une période d’une gravité exceptionnelle : crise pandémique, crise économique, crise sociale, crise politique. La fatigue, l’angoisse des citoyens est palpable. Si tout n’a pas été désastreux, la gestion de cette pandémie par le pouvoir fédéral a connu de très graves lacunes et connaît encore aujourd’hui un manque de clarté préoccupant. La plus grave des lacunes étant son impréparation. Encore aujourd’hui la question se pose : comment est-il possible de s’être doté d’un plan pandémie depuis 2009, et d’avoir consciemment décidé de ne pas conserver de stock de masques stratégique, comme si une gestion à flux tendu n’allait pas forcément poser problème ? DéFI a tenu bon. Nous avons pris nos responsabilités en soutenant, temporairement, un gouvernement minoritaire parce qu’il est tout ce que nous avions sous la main pour limiter les dégâts sur notre économie ; mais nous avons conservé tout notre esprit critique sur la gestion sanitaire. Les premiers nous avons dénoncé le manque de clarté sur les masques et l’hypocrisie d’un message consistant à adapter le message à la pénurie. Tout le monde a remarqué que tant qu’il n’y avait pas de masques, ils n’étaient pas obligatoires voire même conseillés. Parmi les premiers, nous avons soutenu les victimes de la crise, en ce compris les artistes, l’horeca et le monde de la nuit, auquel je pense toujours aujourd’hui. »

Bruxelles

« A Bruxelles aussi, nous avons tenu bon. Bruxelles, où Bernard Clerfayt a tenu la barre de l’Emploi et de la Formation, dans une première année de législature hors normes. Dans l’urgence, nous avons pris plusieurs mesures pour protéger les plus faibles : allocations de rentrée pour les familles les plus précarisées, ou encore soutien aux aide-ménagères qui se retrouvaient au chômage temporaire avec à peine de quoi survivre. Mais après l’urgence, place à la relance ! Avec les compétences emploi, formation, transition numérique, nous sommes au cœur de cette relance en Région bruxelloise.  L’enjeu sera de permettre aux personnes qui ont perdu leur emploi de ne pas s’engluer dans le chômage. De les rendre plus attractives aux yeux des employeurs et de les outiller en compétences indispensables au nouveau marché du travail. Car si certains secteurs peinent à embaucher, d’autres engagent à tour de bras.  Plus que jamais l’orientation et la formation seront les clés de voûte d’une relance réussie. Mais nos efforts resteront vains si le fédéral ne parvient pas à accoucher d’un plan de relance. »

Visionnaires

« Voilà six mois par que tous les partis politiques découvrent qu’un pays comptant neuf ministres de la Santé ça ne marche pas aussi bien que ça, alors que nous le constatons depuis la désastreuse réforme de l’Etat de 2011.  qu’il me soit permis de mettre les choses au point : nous sommes des fédéralistes. Cela veut dire que nous croyons à l’avenir de ce pays et à un fédéralisme adulte. Mais que nous croyons aussi à la plus-value des spécificités régionales. Notre rôle est celui-là : être l’aiguillon de la démocratie. Indiquer les directions. »

La Vivaldi

« Nous avons choisi de mener une opposition constructive. Nous avons donc commencé par encourager ce gouvernement fédéral en gestation à se former. Car vous le savez, il a hélas bien besoin d’encouragements. Voilà plus d’un an que patiemment, nous expliquons en public et en privé à tous les interlocuteurs que la seule solution se fera autour d’un arc-en-ciel à compléter par soit le CD&V, soit le CDH, soit nous-mêmes – je rappelle d’ailleurs qu’on ne l’appelle « Vivaldi » que pour le confort intellectuel du CD&V. Nous avions bien deviné qu’il n’y aurait pas, aujourd’hui, de majorité pour suivre les folles aventures institutionnelles de la N-VA. Et soyons honnêtes : pour nous, un gouvernement sans N-VA est déjà une bonne nouvelle. Nous ne demandons pas mieux que d’avoir en face de nous un gouvernement majoritaire enfin réellement en charge et avec lequel croiser le fer démocratiquement. Déjà, ils ont cadenassé les matières éthiques. Quelle extraordinaire défaite pour ceux qui s’affirment progressistes. Car c’en est fini, de cette belle liberté laissée au parlement ; désormais les dossiers éthiques reviendront sous la coupe du gouvernement. Nous pouvons aussi nous inquiéter sur le communautaire. Pas pour la préparation d’une réforme en 2024 ; au fond, si elle se fait avec comme seul critère l’efficacité, comme ce que demande DéFI, on peut même imaginer aider. Mais j’ai du mal à croire que le CD&V, qui reste le premier parti, ne l’oubliez jamais, à avoir utilisé ce mot gadget de confédéralisme, et à qui nous devons d’avoir fait éclore la N-VA, se contente de ça.« 

En conclusion

« Pour autant, ne nous trompons pas, chers amis. Nous pourrions souhaiter qu’ils échouent, mais ce serait une erreur : il faut un gouvernement, maintenant, car le pire de cette crise est peut-être à venir. Le monde de l’horeca craint des faillites en nombre retentissant ; le monde de l’événementiel est en mort clinique ; les chiffres de l’épidémie ne sont pas bons, a fortiori pour une entrée vers l’automne et l’hiver remplie d’inconnues. Même imparfait, il faut un gouvernement pour affronter cette période. Il est impératif que le sens des responsabilités l’emporte. Si cette majorité échoue parce qu’elle ne parvient pas à se mettre d’accord sur un premier ministre, je le dis calmement, c’est toute la classe politique qui se déshonorera. Beaucoup comptent sur nous pour amener à ce pays l’énergie et la sérénité qui lui manquent. Beaucoup attendent de nous d’être une force tranquille et stabilisatrice. Soyons à la hauteur, restons au-dessus de la mêlée, et demain, continuons à montrer le chemin. »

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