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"Il faut suspendre le numerus clausus et les examens d'entrée en médecine"
Le mardi 28 avril 2020

Et si la crise sanitaire actuelle nous forçait à revoir le sacro-saint principe du numerus clausus à l’entrée des études de médecine ? La Flandre a annoncé récemment qu’elle ne respecterait plus à l’avenir cette mesure du fédéral, introduite voici plus de 20 ans sur base, comme l’écrit l’avocat Jean Bourtembourg, du « constat prétendu d’une sur-offre de médecins dont il se déduisait, pour les uns, qu’elle empêcherait ceux qui étaient déjà installés de bénéficier de conditions matérielles satisfaisantes, pour les autres, qu’elle entraînerait une augmentation non maîtrisée du coût des soins de santé. »

Pénurie de médecins

Depuis très longtemps, DéFI dénonce « ce système qui ne correspond nullement à la situation vécue sur le terrain où la pénurie de médecins, en particulier de généralistes, tend à s’exacerber pour atteindre une situation critique en certaines parties de notre territoire », selon les mots de Joëlle Maison, cheffe de groupe DéFI au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La crise du Covid-19 amène à se poser la question de la tenue des examens d’entrée en médecine et en dentisterie prévus les 28 août et 12 septembre prochains, et ce alors que les élèves sortant du secondaire cette année seront, vu la longue suspension des cours, moins bien outillés que leurs prédécesseurs vu l’amputation du tiers du programme de l’année scolaire. « Les inégalités entre profils d’élèves et d’écoles se seront encore exacerbées. La mise en lumière des professions liées à la santé va certainement favoriser des changements notables dans l’approche du Gouvernement fédéral vis-à-vis de ces professions », rappelle Joëlle Maison. Qui préconise en contrepartie le recours à des modules d’aide à la réussite proposés par les facultés et ce tout au long de l’année académique. « La Communauté française a été contrainte d’instaurer un examen d’entrée en médecine du fait de la posture de contingentement des numéros INAMI adoptée par le Gouvernement fédéral.  Il s’agit, ni plus ni moins, d’un processus de sélection visant à faire coïncider de façon approximative le nombre de candidats admis à l’entrée avec le nombre de diplômés qui bénéficieront, au terme de leur parcours, d’un numéro INAMI. »

Libre accès aux études

Pour DéFI, il y a donc lieu de suspendre à tout le moins le numerus clausus et l’examen d’entrée en 2020 avant une remise à plat du débat, tant pour répondre à la future probable pénurie de médecins qu’à l’inégalité de traitement entre étudiants de facultés imposant des épreuves d’entrée et les autres. Autant de questions posées ce mardi 28 avril en commission par la cheffe de groupe DéFI à la Fédération Wallonie-Bruxelles : « Parce qu’elle nous rappelle à notre état de sujets mortels, qu’elle démontre certaines failles de notre système de santé, la crise nous frappe de plein fouet, au propre comme au figuré. Les répliques du séisme promettent d’être longues et rudes. Nos réponses doivent se montrer à la hauteur de son impact. »

« Suspendre aurait eu 4 vertus »

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, a expliqué que l’épreuve d’entrée et le numerus clausus seraient maintenus (les 28 août, au Heysel, et 12 septembre, dans chaque université) mais qu’elle n’était « pas persuadée que le concept du numerus clausus représentait la meilleure façon de maîtriser les coûts des soins de santé. » Pour Joëlle Maison, « suspendre le numerus clausus et l’examen d’entrée aurait présenté 4 vertus: soulager les élèves, donner un signal fort au fédéral totalement déconnecté de la réalité, montrer à la société l’importance accordée aux soins de santé et modifier le prisme de la réussite avec des  modules d’aide à la réussite. »

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