Le travail, c’est la reconnaissance de chacun

DéFI refuse la fatalité qui voudrait que le travail ne soit demain que le privilège de quelques-uns, les plus formés, ceux qui maîtriseraient au mieux les nouvelles technologies, alors que tous les autres seraient réduits à n’accepter que des petits boulots, du travail à temps partiel, des emplois précaires.

DéFI n’adhère pas au discours sur la fin du travail qui résulterait de la numérisation et de la robotisation de la production. Certes, la nature et les conditions du travail vont connaître de profondes mutations, mais il n’y a aucune raison de se résigner à les subir alors qu’il faut les anticiper et les accompagner. DéFI a la volonté d’y préparer les futures générations de travailleurs. Le travail, ce n’est pas qu’un besoin vital pour subvenir à ses besoins, c’est la reconnaissance d’un engagement dans la collectivité. Cette reconnaissance passe notamment par un salaire décent. Car le salaire net n’est pas l’ennemi de la compétitivité des entreprises mais est nécessaire à la croissance économique

1. DéFI préservera le pouvoir d’achat de tous les travailleurs par un salaire minimum garanti par la loi.

Certes, de nombreux secteurs d’activité ont conclu des conventions collectives qui garantissent un niveau de rémunération minimal par catégorie de travailleurs. A défaut, une convention interprofessionnelle s’applique. Malgré cela, des travailleurs sont encore rémunérés en-deçà du minimum. Les travailleurs les plus précaires et les femmes sont les plus exposés à ce risque. DéFI veut offrir une meilleure protection juridique à l’ensemble des travailleurs dans une loi qui confortera par ailleurs le rôle des partenaires sociaux. Ces derniers seront invités à définir un salaire minimum horaire, ainsi que les modalités pratiques en vue de préserver le pouvoir d’achat.

2. DéFI maintiendra l’indexation de tous les salaires, à tout le moins jusqu’à un certain seuil.

L’indexation automatique des salaires est une garantie de justice, a fortiori pour les travailleurs aux salaires faibles ou moyens. Elle est la garantie du maintien de leur pouvoir d’achat. Si des motifs liés à la compétitivité des entreprises l’exigent ou en cas de forte inflation, une limitation à l’indexation des salaires peut être envisagée au-delà d’un certain seuil à déterminer par un accord entre partenaires sociaux. Autrement dit, tous les travailleurs continueraient à bénéficier de l’indexation des salaires mais pour les salaires les plus élevés, au-delà du seuil fixé, l’indexation ne serait plus accordée.

3. DéFI organisera l’exonération de cotisations sociales pour un quota d’heures supplémentaires.

Il s’agit de reconnaître la faculté pour le travailleur de prester un quota d’heures supplémentaires, correspondant à un pourcentage du total des heures prévu à son contrat de travail, en recevant un salaire net, sans paiement de cotisations sociales ni à charge de l’employeur, ni à charge du travailleur. Les partenaires sociaux en détermineront les modalités.

4. DéFI favorisera l’accès au premier emploi.

Personne ne peut accepter de voir l’élan de la jeunesse s’épuiser dans l’attente d’un premier emploi alors qu’elle dispose de qualifications utiles. C’est le pire échec de notre société. Il ne s’agit pas de créer des emplois subsidiés dans la fonction publique mais de soutenir l’accès au marché de l’emploi, notamment par la formation auprès d’employeurs. Pour réduire le coût de ce type de formation, les aides publiques seront orientées vers le financement de groupements de coaches, souvent des travailleurs ayant acquis une grande expertise professionnelle, qui seront mis à la disposition des entreprises pour accompagner les travailleurs dans leur première expérience professionnelle.

5. DéFI reconnaîtra le droit individuel à la formation et à la reconversion professionnelle en cours de carrière.

Parce qu’au cours de sa vie professionnelle, chaque travailleur connaîtra plusieurs emplois, probablement dans des secteurs d’activité très différents, un nombre d’heures de formation sera garanti par le contrat d’emploi. Le financement des formations sera assuré par un pourcentage du montant des cotisations sociales, actuellement affectées à l’assurance chômage, qui sera versé à un fonds de reconversion professionnelle. Les partenaires sociaux organiseront la répartition de ce fonds. Complémentairement, DéFI s’engage à ce que tout demandeur d’emploi dispose d’un parcours de formation individualisé et fondé sur un bilan de compétences actualisé dès le premier jour de chômage.

6. DéFI créera le compte individuel du travailleur.

Ce compte universel accompagnera le travailleur tout au long de sa carrière professionnelle, quel que soit son statut. Il lui permettra d’allier sécurité et flexibilité, mobilité et formation. Il lui permettra de cumuler des périodes de référence pour déterminer son droit à la reconversion professionnelle car il y a une profonde injustice de considérer qu’un travailleur âgé n’a plus la capacité de se reconvertir et d’avoir accès au marché de l’emploi.

7. DéFI organisera la complémentarité des activités professionnelles.

L’organisation du travail dépend trop du statut ou du régime professionnel du travailleur. Cette rigidité empêche la complémentarité des activités professionnelles. Sans porter atteinte à la protection des conditions de travail et à l’exigence d’une juste rémunération, il convient de favoriser la complémentarité des activités professionnelles. Par exemple, un travailleur ayant acquis une grande expérience peut assurer une charge de formation, voire d’enseignement, pour quelques heures complémentaires.

8. DéFI modernisera les conditions du travail et les protections du travailleur.

Notre droit du travail ne répond pas toujours aux enjeux actuels de l’activité économique. Des formes de flexibilité du travail doivent être envisagées, mais de nouvelles protections du bien-être au travail et de qualité de vie doivent être proposées en contrepartie. Selon la nature du travail à prester et notamment sa pénibilité, il faut concilier qualité du travail et qualité de vie. La flexibilité ne peut pas bénéficier qu’à la productivité de l’entreprise, mais doit aussi bénéficier à la qualité de la vie privée du travailleur, notamment pour tenir compte des exigences de la vie de famille. Les conditions de ce nouvel équilibre doivent être déterminées par conventions collectives.