à la rencontre de nos élus (3)
François De Smet : « Churchill est pour moi l'incarnation du courage en politique »
Le lundi 15 juillet 2019

Tout au long de l’été, nous vous proposons d’aller à la rencontre de nos nouveaux parlementaires à la Chambre et au Parlement bruxellois au travers de portraits tant personnels que politiques. Rendez-vous avec François De Smet, député fédéral DéFI.

1. Si vous deviez définir DéFI en une phrase, quelle serait-elle?

DéFI est un parti de rassemblement : intransigeant sur la défense des droits fondamentaux, partisan d’un marché du travail fort, attentif à la cohésion sociale. Nous sommes des libéraux sociaux, intraitables sur les libertés publiques, défenseurs de la laïcité, et garants de la justice sociale.

2. Comment expliqueriez-vous les valeurs de DéFI en quelques mots à un ado ?

Notre ligne rouge, c’est le respect des droits humains : aucune politique n’est valable sans cet impératif. Ensuite, je dirais que nous sommes un parti centriste voulant rassembler le meilleur de la liberté et de l’égalité : que l’initiative soit encouragée, ceux qui travaillent soient encouragés à le faire et soient dûment récompensés pour leurs efforts est juste et nécessaire. Mais cela ne sera jamais satisfaisant si des gens continuent à dormir dans les rues. 

3. Si tout était possible, quelle serait la mesure concrète et précise que vous prendriez dès demain ?

Ouvrir un centre d’accueil pour migrants de transit dans lequel ces personnes pourraient se voir garantir de voir leur demande d’asile traitée en Belgique s’ils l’introduisent ici (la Belgique suspendrait la clause de souveraineté des accords de Dublin afin qu’ils ne soient pas renvoyés en Italie), et régler ainsi la situation intenable du parc Maximilien et de la gare du Nord. C’est l’urgence. Et au-delà, bien sûr, mettre sur pied une politique migratoire humaine et juste, enfin.

4. Qu’aimeriez-vous que l’on dise de votre mandat au terme de la législature qui vient de commencer ?

Que nous avons fait bouger les lignes, et fait de la politique autrement : sur base de constats rationnels, et non passionnels. Que nous aurions réussi à réconcilier un peu plus les citoyens et les politiques, et convaincu bien davantage de gens de s’investir, même un temps, dans l’action publique.

5. Vous ne seriez pas là où vous êtes aujourd’hui sans (une personne, une rencontre, un événement – privé, professionnel, historique, une lecture…) … ?

Un parcours, c’est quelques décisions et beaucoup d’accidents, dont quelques rencontres capitales. Chronologiquement, sur le plan politique, je dirais que l’événement-clé a sans été l’invitation par Hervé Hasquin, alors ministre-président du gouvernement de la Communauté française, de rejoindre son cabinet. C’était mon premier emploi et, dès l’instant où je franchissais cette ligne, je savais que je me couperais de certaines possibilités, mais m’en ouvrirais d’autres, et que je tracerais un chemin atypique. L’attrait pour la chose publique en général m’est resté depuis lors.

6. Quel trait de votre personnalité pourrait vous servir au cours de cette législature ?

Ma formation en philosophie. Elle pousse à renverser les données d’un problème s’il paraît insoluble, à avoir de l’empathie pour la position d l’interlocuteur s’il semble borné, et donc à trouver des voies de conciliation pour faire bouger les lignes.

7. Si vous deviez faire une déclaration d’amour à votre commune, que diriez-vous ? 

Ma commune, c’est Evere, qui est mal connue et dont je découvre les charmes : il y a un petit côté village qui me plaît, il y a une population authentique, qui vit simplement, une sorte de Bruxelles en miniature… Mais la vérité c’est que « ma » ville c’est Bruxelles toute entière. J’ai habité à quatre ou cinq endroits différents dans cette Région, j’en ai arpenté des recoins très différents. Je suis frappé par ses divisions – il y a plusieurs Bruxelles qui ne se croisent jamais – et, en même temps, cela constitue un défi formidable. Je m’y sens partout chez moi.

8. Quelle est la/le citation/mantra/proverbe  ou que vous affectionnez particulièrement ? 

« Panta Rhei » (Héraclite). Ou « On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve ». Autrement dit : autour de nous rien n’est fixe, tout est flux et tout est passager ; cela est valable pour nos existences, bien sûr, hélas, mais aussi pour nos identités, nos langues, nos religions, nos nations…C’est aussi une invitation à relativiser les problèmes identitaires qui nous empoisonnent la vie, et à voir que l’important réside moins dans le velléité de vouloir conserver intacte une identité que d’investir dans un socle de valeurs fortes.

9. Si vous pouviez discuter/débattre avec une célébrité/personnalité (vivante ou décédée) durant 1h, quelle serait-elle ? Quels sujets souhaiteriez-vous aborder et pourquoi ?

Churchill, qui est pour moi l’incarnation du courage en politique. Je lui demanderais comment lui est venue la force de conviction de s’opposer seul contre vents et marées, pendant un moment, avant et pendant la Guerre, à l’Allemagne nazie. Hitler a cherché pendant un temps une paix séparée avec les Anglais, et Churchill n’en a jamais voulu. Il avait saisi que le combat en cours n’opposait pas seulement des nations, mais des idéologies.

10. Quel moment difficile de votre vie vous a aidé à rebondir ou vous a appris quelque chose d’essentiel pour poursuivre votre chemin professionnel et/ou personnel ?

J’ai connu quelques beaux échecs et cela a toujours été ma meilleure école. Cela permet de relativiser les succès qui se présentent ensuite. Les êtres humains ont une tendance naturelle à attribuer les causes de leurs échecs aux autres ou à l’environnement, et à n’attribuer leurs succès qu’à leurs seuls mérites. Avec le temps, et si on a la chance d’avoir connu l’un et l’autre, on réalise qu’il y a une part gigantesque d’arbitraire dans les deux cas. Il y a parfois très peu de choses qui séparent une victoire d’une défaite – comme une pièce qui tombe d’un côté ou de l’autre. Comprendre cela, accepter que nous maîtrisons moins d’éléments que nous le pensons, permet de mettre moins d’ego tant dans nos échecs que dans nos succès. C’est une leçon qui permet d’affronter la vie sereinement. 

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