Enseignement supérieur
Faisabilité de la coorganisation et codiplômation prévues par l’avant-projet de décret « Formation initiale des enseignants » et manque de clarté sur le budget
Le mardi 20 mars 2018

L’avant-projet de décret sur la Formation initiale des enseignants est organisée dans le cadre de la coorganisation ou de la codiplômation entre au moins une Haute Ecole et une Université.

Nous sommes bien d’accord que ces partenariats permettent une réduction des coûts grâce à un partage des tâches administratives, créent une mutualisation des ressources et davantage de dialogue entre des institutions trop souvent séparées, tout en permettant à chacune de garder ses spécificités.

Cependant, votre avant-projet soulève aussi de nombreuses réactions sur la faisabilité de cette co-organisation ou co-diplômation de la formation des enseignants. Je cite en exemples la lettre signée conjointement par dix doyens de cinq universités wallonnes et deux universités bruxelloises, transmise par la presse le 26 janvier ; ou encore le communiqué de presse du Directeur-Président de la Haute Ecole HELMo daté du 23 février.

Tous pointent le danger d’une mise en place trop rapide de ce décret, puisque le programme des Bacheliers devrait déjà être effectif pour la rentrée 2019.

Sans être opposés au principe du projet, ces acteurs rappellent qu’au-delà des extensions d’habilitation à prévoir, cette réforme profonde ne concerne pas seulement les contenus mais aussi l’articulation de ceux-ci entre institutions partenaires, l’articulation de méthodes pédagogiques différentes, la gestion administrative, la gestion du personnel, la gestion des inscriptions, de l’encodage des points ou encore l’organisation des délibérations.

Pour que cette réforme ait du sens et offre une formation de qualité, il est également essentiel pour ces acteurs de concevoir simultanément le programme des Bacheliers et celui des Masters, ce que le timing serré fixé par votre avant-projet ne permettrait pas.

Enfin, si l’avant-projet décrit avec précision l’articulation des études et du budget en cas d’une co-diplômation, la co-organisation semble quant à elle bien floue, voire moins intéressante à mettre en place en termes de financement et/ou de reconnaissance des partenariats.

La co-diplômation n’est aussi possible qu’avec un partenaire du même pôle, selon les critères définis par l’ARES. Il y a donc une impossibilité pour certains partenaires ayant déjà des accords bilatéraux de diplômer ensemble.

Les deux types de partenariat ne sont, par conséquent, pas identiques dans leur mise en place et risquent de déboucher sur des inégalités de traitement, voire un système à deux vitesses.

 

Voici mes questions :

– Pourquoi avoir demandé aux HE et Universités de transmettre leurs souhaits de collaboration avec d’autres partenaires, si, en bout de course, vous ne tenez pas compte de ceux-ci dans l’organisation des deux types de partenariat ?

– Pourrions-nous obtenir plus d’informations sur le financement et l’organisation de la co-organisation ? Avez-vous tenu compte du risque d’inégalités de traitement entre les deux types de partenariat ?

– Dans votre réponse à une question d’actualité à propos des inquiétudes des doyens face au projet de réforme, vous avez répondu: « il faut cinq ans pour opérer un canari, et six mois pour pouvoir enseigner ». Si votre objectif était de souligner la faiblesse de la formation actuelle des enseignants, dont le secteur et la société civile attendent le projet de réforme depuis de longues années, ne pensez-vous pas qu’il serait judicieux qu’elle pallie au mieux les faiblesses de la formation actuellement proposée ?

 

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