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Consommation du numérique
Exposition aux écrans : 1.000 heures/an pour un élève de maternelle, c'est donc davantage que le volume horaire scolaire !
Le jeudi 14 novembre 2019

Le vendredi 8 novembre, Jonathan De Patoul, député bruxellois, interpellait Barbara Trachte, ministre-présidente chargée de la promotion de la santé sur l’addiction au numérique appelée également par certains experts, « l’héroïne numérique ».

Quels enfants voulons-nous laisser à notre planète ?

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphone, tablette, télévision, etc. – par la nouvelle génération est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour près de trois heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils y consacrent près de quatre heures quarante-cinq minutes. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent six heures quarante-cinq minutes de consommation d’écran.

En cumul annuel, ces usages représentent environ 1.000 heures pour un élève de maternelle, davantage que le volume horaire scolaire ! 1.700 heures pour un écolier de cours moyen, soit l’équivalent de plus de deux années de volume horaire scolaire ! 2.400 heures pour un lycéen, ce qui équivaut à deux années et demie. C’est colossal.

Lourdes conséquences sur la santé

Lors de son interpellation, Jonathan de Patoul constate que “contrairement aux idées reçues, cette profusion d’écran semble loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle aurait de lourdes conséquences sur la santé telles que l’obésité, le développement de maladies cardiovasculaires, une espérance de vie réduite, sur le comportement, avec des risques d’agressivité, de dépression ou de conduites dangereuses, et sur les capacités intellectuelles telles que le langage, la concentration et la mémorisation. Tous ces facteurs portent atteinte à la réussite scolaire des jeunes. 

Michel Desmurget, un docteur en neurosciences français, s’intéresse depuis plusieurs années à la plasticité cérébrale afin de comprendre comment le cerveau se développe et se répare. Pour lui, le constat est sans appel : les écrans sont néfastes. »

Symptômes similaires à ceux d’une drogue

Par ailleurs, une étude américaine indique que les appareils numériques augmentent le niveau de dopamine, l’hormone du plaisir qui nous pousse à revenir sans cesse à nos écrans. Ce niveau de dopamine entraîne donc l’apparition de symptômes cliniques similaires à ceux de l’addiction aux drogues : manque, impulsivité, agressivité.

Notre député continue : “Les enfants et adolescents seraient la cible privilégiée de l’industrie du numérique. En France, neuf adolescents sur dix utilisent des applications. La nécessité de les protéger apparaît urgente. Pour l’anecdote, les grands patrons et créateurs des réseaux sociaux en interdisent l’utilisation à leurs enfants, c’est tout dire ! »

Campagne 3-6-9-12

La plateforme yapaka.be est très active sur la question de l’exposition des enfants aux écrans. La campagne de sensibilisation 3-6-9-12 recommandait, par exemple, pas de télévision ou d’écran avant 3 ans, pas de console de jeux avant 6 ans, pas d’internet seul avant 9 ans et pas de réseau social avant 12 ans. Après 12 ans, il est conseillé d’éviter de laisser une connexion nocturne illimitée dans la chambre de l’enfant et d’engager avec lui un dialogue sur le téléchargement, les plagiats, la pornographie, le harcèlement, etc.

Sensibilisation des profs

La sensibilisation du corps enseignant est également une priorité pour Jonathan De Patoul. “J’ai recueilli le témoignage d’une maman dont l’enfant de 10 ans dépendant aux écrans connaît de petits problèmes de concentration à l’école. Elle lui a interdit l’utilisation des écrans et il se sent marginalisé, car les autres enfants de sa classe regardent leurs écrans en permanence. En revanche, son professeur lui demande de faire ses devoirs sur ordinateur ou tablette… Il faut sensibiliser les enseignants aux problèmes qu’une dépendance aux écrans peut engendrer afin d’adapter les supports d’enseignement dans certains cas.

Pour terminer sur une note plus positive, je voudrais mentionner la distribution de livres dans certains bus scolaires. Cela donne aux enfants la possibilité de lire pendant le trajet, plutôt que de consulter leur téléphone. »

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