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DéFI plaide pour un tronc commun polytechnique
Le mardi 23 janvier 2018

Un tronc commun « polytechnique »

DéFI se réjouit tout d’abord de la récente étude Pisa relayée par l’ULG qui dénonce la filiarisation précoce avec deux constats : les pays qui la soutiennent ont un enseignement plus inéquitable, d’une part, mais aussi moins performant.

 

Ceci corrobore les positions prises par DéFI à l’amorce des discussions relatives au Pacte d’excellence. Il est primordial de donner à tous les jeunes une formation solide de base, sans aller trop tôt vers une spécialisation, qui est souvent une question kafkaïenne pour des adolescents qui ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire, ni qui ils sont.

Pour Joëlle Maison, cheffe de groupe DéFI au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), le tronc commun allongé n’aura cependant de sens que s’il comprend une dimension polytechnique dès le début et tout au long du tronc commun. Il pourra à ce moment rencontrer ses objectifs principaux qui sont au nombre de 4  :

  • de meilleures bases (lire, écrire, calculer) pour tous;
  • une meilleure accroche pour les élèves;
  • une véritable inclusion de l’art dans l’école;
  • une revalorisation de l’enseignement qualifiant;
  • enseignement plus équitable et plus performant.

 

DéFI constate aujourd’hui que notre taux de croissance est faible. L’un des éléments essentiel à la croissance est la productivité, qui implique la compétence de la main d’oeuvre, et dès lors, de ce qui en est à la source, soit notre enseignement.

Les emplois de demain seront principalement réservés à deux sortes de profils :

– ceux qui auront développé leur créativité, leur capacité à faire des synthèses, des jugements de valeur, à créer des concepts;

– ceux qui s’orienteront vers les services de proximité : soins aux personnes, aux bâtiments, restauration.

Entre les deux, les technologies vont écraser les professions. L’évolution technologique étant de plus en plus rapide, on sait que les métiers de demain n’existent pas encore pour presque 70 à 80% : dès lors, comment former les élèves à des métiers spécifiques que l’on ne connait pas encore?

Pour Joëlle Maison, «si on élargit les connaissances de base des élèves à l’aide d’un tronc commun de qualité, on leur permettra de poursuivre et diversifier leurs formations et partant, développer leurs compétences face aux évolutions à venir.» Il est essentiel de donner aux enfants, outre les apprentissages de base (lire, écrire, calculer) une éducation tournée vers le transversal, le pratique et la compréhension du monde.

 

Les grilles du secondaire

 

Concernant les Langues anciennes, si la proposition d’ajouter 2 heures aux heures de latin aux heures d’apprentissage du français est séduisante et cohérente, la cheffe de groupe craint qu’elles se retrouvent en pratique en mort lente… : «Comment éviter que ces langues mortes ne meurent une deuxième fois. Combien de fois je ne se réfère-t-on pas à ces langues dans notre quotidien pour comprendre des mots, se rattacher à l’histoire, à tes textes, à des mythes?»

 

Concernant les Sciences humaines, DéFI n’est pas a priori opposé à associer les cours d’Histoire, de Géographie et d’y ajouter les Sciences économiques. Il convient toutefois d’assurer une structure claire et précise, notamment sur le plan historique en fixant des repères et une ligne du temps.

 

Sur le plan pratique cependant, Joëlle Maison pointe que la réforme de titres et fonctions a spécialisé les fonctions alors que les annonces du gouvernement de la FWB vont dans le sens d’une plus grande intégration au travers de grands pôles.

 

La cheffe de groupe s’interroge : «Comment le gouvernement va-t-il concilier ces deux tendances paradoxales? La ministre de l’Enseignement compte-t-elle demander à des régents en Sciences humaines (qui ont les sciences sociales mais pas l’économie dans leur diplôme) de faire de l’économie? Ou aux professeurs de Sciences économiques de venir prendre des heures à des professeurs d’Histoire ou de Géographie? Qui de ce fait, perdront du volume-horaire sur l’Histoire et la Géographie! Concernant les anciens régendats, je pense notamment aux diplômés Français-Histoire qui ont été nommés en Histoire, comment cela va-t-il se passer si demain ils doivent enseigner de la Géographie pour laquelle ils n’ont pas la formation ?»

 

Formation et accompagnement des enseignants : une priorité !

 

DéFI est par ailleurs convaincu que les plus beaux outils, socle, horaires ne pourront porter leurs fruits que si les personnes qui les utilisent sont formées et accompagnées.

 

Comme toute réforme d’envergure, le Pacte sera aussi ce qu’en feront les acteurs de l’école. Avec quelle loyauté aux objectifs, au socle ou aux grilles horaire? Le terrain nous montre que de nombreuses institutrices/teurs n’utilisent toujours pas le socle de la dernière réforme !

 

Aujourd’hui, nous apprenons avec soulagement par la presse que les partenaires de la majorité se sont enfin entendus sur la réforme de la formation initiale. Il était temps.

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