Enseignement supérieur
Les échecs négociés volontairement entre un professeur et son élève afin de pouvoir améliorer sa note en seconde session
Le mardi 23 mai 2017

Une des conséquences du décret Paysage, qui promeut la réussite de tout cours à 10/20, est la baisse de réussite moyenne générale. Le recteur Poullet de Namur y faisait encore référence dans la presse de ces derniers jours.

Ceci s’explique notamment par le fait que dans le passé, un étudiant ayant une note comprise entre 10 et 12 sur 20, choisissait (ou non) de la représenter pour l’améliorer. Tel n’est plus le cas aujourd’hui : un 10/20 est validé à vie.

En conséquence, une pratique se développe dans le chef des professeurs, qui partagent mon analyse d’imperfection du décret, afin de permettre aux étudiants d’éviter la validation d’une note de 10 ou 11/20. Ainsi, se négocie une note volontairement inférieure (un 8 ou un 9), avec l’objectif de maintenir l’accès à la seconde session, comme voie d’amélioration.

C’est assez particulier d’avoir à contourner le décret en acceptant d’être sous-côté, d’être sous-évalué, et de s’en remettre par contrat verbal à une appréciation ultérieure, qui devrait théoriquement être meilleure en seconde session.

Mais si l’élève, pour toute une série de raisons, n’améliore pas son travail ? S’il remet in fine le même travail en seconde session, aura-t-il sa note réelle ou virtuelle? Que fera le professeur? Comment justifier que le même travail, volontairement sous-évalué à 9/20 pour offrir une possibilité d’amélioration (que l’étudiant n’utilisera pas), soit désormais noté 11/20?

Cette pratique existait déjà dans le passé, de manière marginale, et se rencontrait plutôt pour les étudiants à la recherche de hauts grades. Désormais, cette pratique se développe surtout pour les notes et travaux où l’étudiant a obtenu entre 10 et 12 sur 20. Dès lors que certaines facultés conditionnent les points de balance à une moyenne de 12 sur 20, elle tend à se généraliser pour les travaux pratiques.

 

Monsieur le Ministre, voici mes questions :

 Le Ministre est-il conscient de ces contournements du décret ?

  1. Dans l’évaluation du décret, cela est-il apparu ?
  2. Le Ministre permettra-t-il à nouveau aux étudiants de repasser un cours pour lequel ils pensent pouvoir s’améliorer ? Serait-ce alors assorti de conditions, par exemple que la note obtenue soit comprise entre 10 et 12, ou laissé au libre choix de l’étudiant ?
  3. En l’état, quelles sont les voies de l’amélioration dans le décret Paysage ?

 

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