Enseignement supérieur
Les dizaines d’écoles se réclamant d’un enseignement supérieur délivrant des diplômes non reconnus par l’État
Le mardi 14 mars 2017

Nous voyons sur les réseaux sociaux et sur les sites webs de plus en plus de promotions pour ces écoles aux diplômes non-reconnus. Leurs sites webs sont parfois plus attirants que ceux de nos écoles supérieures.

À première vue, ces établissements de l’enseignement supérieur ont l’air tout à fait ordinaires, sous leur dénomination parfois ronflante: Fondation universitaire Mercure, l’Université libre internationale (ou ULiBe, qui joue sur la ressemblance avec une université bruxelloise bien connue), Supinfo International University…

Des centaines d’étudiants s’y inscrivent chaque année. Ces universités ne sont pourtant pas reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les formations qu’elles dispensent ne sont par conséquent pas contrôlées par l’État et, malgré leurs tarifs exorbitants, jusqu’à plusieurs milliers d’euros, la valeur des diplômes délivrés est incertaine…

Ce qui pose problème c’est que ces établissements privés ne sont pas illégaux pour autant car la liberté d’enseignement est inscrite dans la Constitution. Tout le monde peut créer un établissement dispensant une formation basée sur sa propre conception tant sur la forme que sur son contenu à la condition expresse que l’absence de reconnaissance officielle soit clairement énoncée, rappelait Me Sambon dans une interview récente. Or ce n’est pas le cas.

Le SPF Économie a établi une liste de 41 présumées “fausses universités”, gardée secrète “pour le bon déroulement de l’enquête”.

Il semble que le ministère de l’Enseignement supérieur se soit constitué fin janvier partie civile contre plusieurs hautes écoles ou universités pour utilisation abusive de titres comme “Université” et “Haute école”, exclusivement réservés aux établissements reconnus. Mais aussi la délivrance de diplômes prestigieux qui n’en ont que le nom. La preuve par deux.  Relatant l’article paru récemment dans la presse (Moustique), on a plusieurs exemples comme l’École supérieure de communication et de gestion à Ixelles, qui propose des “bachelor” et des “master” à 2.685 € minimum l’année. Certes, elle indique sur ses brochures fournir un “enseignement supérieur privé hors Communauté française de Belgique”. La vraie nature des diplômes n’est cependant pas précisée. De source étudiante, l’ESCG délivrerait en fait une certification professionnelle reconnue par l’État français mais qui n’équivaut pas à un master. Elle atteste simplement que la formation est “adaptée” au marché de l’emploi. Interrogée, avouant un “manque de compétence pour répondre de manière intelligente”, l’ESCG n’a pas souhaité réagir…

Autre exemple cité: l’ULiBe délivre ces mêmes titres au prix de 2.300 € par année d’études et reconnus, selon l’accréditation officielle que nous nous sommes procurée, par l’Université libre du Burkina, dont les diplômes sont eux-mêmes validés par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur. Et pas par la Communauté française. Or, cette précision ne figure nulle part dans la documentation accessible en ligne.

Ces diplômes étrangers ont-ils tout de même une quelconque valeur chez nous? La Fédération Wallonie-Bruxelles semble claire : “Si le programme d’études est accompli en Belgique, une reconnaissance académique du diplôme étranger ne peut être octroyée”.

Certes, cette absence de reconnaissance ne signifie pas forcément que ces enseignements sont de mauvaise qualité. Sauf qu’il est impossible de le vérifier puisque aucun inspecteur n’a jamais mis les mains dans leurs programmes.

Dès lors Monsieur le Ministre, je souhaiterais savoir quelles sont les initiatives que vous avez prises pour lutter contre ce phénomène et protéger les étudiants afin qu’ils ne tombent pas dans les filets de certaines de ces fausses écoles ? Combien de plaintes avez-vous déposé ? Quelle est la collaboration entre la Communauté Française, le SPF Finances et les autres pouvoirs ? Est-il exact que certaines de ces écoles bénéficient de locaux appartenant à des autorités publics (communes, régions, … ) ou bénéficient indûment d’exonération de taxes telles que le précompte immobilier ?

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