Education
Développement de l’esprit critique chez les élèves en FWB, Fake news et éducation aux médias
Le mardi 12 juin 2018

Selon un récent sondage d’opinion européenne (Eurobaromètre, février 2018) : 83% des Européens considèrent les Fake News comme une menace pour la démocratie.

L’abondance des Fake News dans notre environnement médiatique inquiète. Des initiatives politiques apparaissent, tant au niveau national qu’international. On invite les citoyens à s’engager dans un processus participatif. On fait appel à des groupes d’experts pour élaborer des recommandations politiques. On organise des débats. On organise des simulacres de désinformations dans les auditoires universitaires. On s’interroge sur la nécessité de légiférer, tout en peinant à définir.

Fake News, désinformation, information, rumeur, théorie du complot… Autant de termes qui côtoient notre quotidien médiatique, mais dont nous ne comprenons pas toujours le sens. Et c’est bien là notre erreur : l’absence de connaissance, « un déficit chronique des compétences médiatiques du citoyen ».

Toujours selon l’Eurobaromètre, 46% des 15-24 ans font confiance aux sites Internet de diffusion de vidéos et aux podcasts, et 36% de cette même tranche d’âge se fient aux réseaux sociaux et aux applications de messages.

Cela corrobore le constat actuel d’une véritable rupture de confiance à l’égard des médias traditionnels. La logique des réseaux sociaux induit une dimension émotionnelle dans le partage de l’information. On « like » et on « transfère » ce qui nous touche, sans analyser ou confronter la source.

Le jeune fait davantage confiance aux informations transmises par ses « proches » qu’à des journalistes et des professeurs.

Internet est devenu la première source d’informations des jeunes. Il s’agit d’une véritable révolution dans la communication et l’accessibilité à l’information. Mais, Internet a aussi permis un autre phénomène, plus dangereux, s’il n’est pas compris: la cohabitation de sources différentes. Nous retrouvons ainsi côte à côte des productions contrôlées, vérifiées par un travail éditorial et d’autres, individuelles, publiées sans contrôle, et largement diffusées par les réseaux sociaux et les plateformes de vidéo en ligne.

Cette juxtaposition d’informations nécessite un tri.

Or, il n’est pas aisé de distinguer une info d’une opinion, une rumeur d’une publicité. Il faut hiérarchiser l’information, de réfléchir, d’identifier l’auteur et ses sources.

Par conséquent, il faut prendre du recul par rapport à l’information reçue.

C’est justement cet esprit critique qui semble faire cruellement défaut aux jeunes générations.

Il est évident que les médias traditionnels ont leur part de responsabilité dans ce glissement, étant censés offrir davantage de transparence dans la méthode médiatique.

De même, les logiques algorithmiques utilisées par les plateformes de recherche Internet sont conçues pour conduire les internautes vers des sites similaires aux recherches antérieures. Pour pouvoir avoir accès à la critique d’une source, il faut donc à l’heure actuelle entrer dans une démarche délibérée de confrontation des sources. L’imposition d’une plus grande transparence dans le fonctionnement de ces plateformes serait une autre étape pour combattre les Fake News.

Au-delà de ces démarches parallèles (et sans tomber dans une des législations potentiellement liberticides à l’égard du droit à l’information), il incombe à la société civile de s’investir en se réappropriant l’information. Comment y arriver ? Par l’éducation aux médias et la création d’outils qui aideront les citoyens à développer leur esprit critique.

Et sans revenir sur un autre débat épineux issu du Tronc commun, il va de soi que la maîtrise de la langue française est le fondement de notre capacité à développer un esprit critique.

 

Voici mes questions :

– Quelle est votre position sur ce débat actuel ?

– Envisagez-vous une concertation avec vos homologues, les ministres Flahaut, Marcourt et Madrane, afin d’appréhender le problème dans toute sa globalité (budget, lutte contre le radicalisme et théories du complot ) ?

  • Le Conseil supérieur de l’éducation aux médias (CESEM) fête cette année ses 10 ans d’existence. Le bilan consécutif à cette décennie d’activités est mitigé, principalement à cause du manque de moyens qui y ont été consacrés par notre Fédération Wallonie-Bruxelles : 1,1 million d’euros par an, soit un euro par élève en FWB. Ceci en ne considérant que la seule catégorie des élèves, alors que l’ensemble des jeunes est visé par le dispositif. Envisagez-vous d’augmenter le budget accordé à cet organe ? – Quelles sont les possibilités pour diffuser plus largement les dossiers et les outils mis en place par le CESEM ?
  • A la page 52 de l’avis n°3 sur le Pacte, on peut lire que les sciences humaines et sociales, la philosophie et la citoyenneté visent, notamment, à poser un regard critique sur l’information, dans le cadre de l’éducation aux médias, y compris numériques. Pouvez-vous nous assurer que les référentiels, y compris celui du fondamental, incluront de véritables d’outils d’éducation aux médias ?

Découvrez :

Le compte rendu des débats

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