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Interview
DéFI, un libéralisme véritablement social
Le vendredi 21 décembre 2018

Ce mois de décembre, Olivier Maingain, président de DéFI et député fédéral, a accordé une interview à l’UCM Magazine en revenant, notamment, les positions et idéaux du parti. L’interview a été réalisée avant la crise gouvernementale.

Un bilan gouvernemental insatisfaisant

En dépit de la création de 218 000 emplois et de la baisse globale des charges patronales qu’il salue, pour Olivier Maingainle bilan du gouvernement reste insatisfaisant. En effet, d’une part « tous ces emplois ne sont pas de grande qualité. Les temps partiels et les contrats à durée déterminée sont nombreux. Et surtout, le taux d’activité augmente moins vite en Belgique que dans les pays environnants », constate le président de DéFI.D’autre part, le gouvernement ne fait plus confiance à la dynamique de la concertation sociale. Or « pour garder un climat serein, il faut respecter tous les partenaires sociaux », ajoute Olivier Maingain, qui reconnaît les réactions parfois brutales et disproportionnées de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB), mais qui comprend toutefois qu’elle ait perçu un déséquilibre.

Le fédéralisme doit apporter plus d’efficacité

 Nous avons vécu cinq ans de paix institutionnelle. Cependant, le président de DéFI plaide maintenant « pour un stop de très longue durée et une évaluation des réformes passées, en particulier de la sixième et dernière ».  Olivier Maingainrappelle également que DéFI était le seul parti à s’opposer à ces réformes en 2014. Réformes dont aujourd’hui plus personne ne se félicite et qui sont devenues un nid de complexité et parfois de concurrence malsaine entre les entités.

« Je suis un fédéraliste ardent, mais le fédéralisme doit amener davantage d’efficacité », ajoute Olivier Maingain. C’est pourquoi DéFI est en faveur de la création d’un centre de réflexion regroupant des experts des mondes politique, économique et académique pour redéfinir et proposer une distribution claire des responsabilités.

Prévisibilité, stabilité et autonomie dans l’enseignement

 « Je voudrais une fois pour toutes en finir avec les saccades, les changements d’orientation à chaque nouvelle majorité. Les écoles ont besoin de prévisibilité dans les objectifs, de stabilité dans les équipes et d’autonomie pour les directions et les pouvoirs organisateurs », annonce Olivier Maingain. C’est d’ailleurs l’objectif du Pacte d’excellence. Cependant, il est nécessaire, comme le rappelle le président de DéFI, de définir un tronc commun, « oui ou non, et à quelles conditions. Puis on y touche plus et on donne l’autonomie de gestion à chaque établissement ». Cela suppose aussi une adaptation du statut des enseignants. « Il ne s’agit pas de menacer leur carrière mais de faciliter leur mobilité, y compris entre les réseaux, et de pouvoir récompenser ceux qui s’engagent dans les écoles réputées difficiles, à discrimination positive », rassure le président de DéFI.

Didier Gosuin, la marque de DéFI au gouvernement bruxellois

 « Didier GosuinMinistre bruxellois DéFI de l’Économie et de l’Emploi – a fait un travail remarquable, en lien étroit avec l’UCM, pour simplifier et dynamiser les processus de soutien à la création d’entreprises et d’emplois », indique Olivier Maingain. Notamment via l’adoption du « Small business act » pour tenir compte des petites entreprises dans les décisions, la création du guichet unique 1819 et la transformation des vingt-huit mécanismes d’aide en un seul instrument compréhensible, avec un accompagnement personnalisé. « Clairement, c’est le ministre des PME le plus efficace depuis très longtemps en Région bruxelloise. Cécile Jodogne, au Commerce extérieur, a travaillé dans le même esprit », déclare Olivier Maingain.

La mobilité doit s’adapter à la façon de vivre

 « Le gouvernement a pris à bras-le-corps la maintenance des infrastructures négligée depuis dix ans. C’était indispensable. Ce n’est évidemment pas suffisant », remarque Olivier Maingain. Pour DéFI, il est primordial de s’engager dans un projet ambitieux d’alternative à la voiture. Des chèques mobilité pour les ménages à revenus faibles et moyens, utilisables dans les transports en commun, dans les taxis, la promotion de la voiture partagée et encore du vélo électrique, sont autant d’alternatives proposées par DéFI. « La mobilité doit s’adapter à la façon de vivre », ajoute Olivier Maingain. Dans cette optique, le président de DéFI va créer une prime communale significative et croissante dans le temps pour les ménages qui arrivent à Woluwe-Saint-Lambert et qui renoncent à la voiture ou à une des deux voitures.

Pour une meilleure gestion des chantiers publics

« Il manque un pilote politique dans l’organe de coordination des chantiers, qui se réunit chaque semaine… », déplore Olivier Maingain. Le ministre bruxellois de la mobilité Pascal Smet devrait s’investir pour veiller à ce que les travaux publics restent soutenables pour les entrepreneurs. Le ministre Didier Gosuina, dans ce cadre, revu l’aide régionale aux commerçants victimes de travaux en concertation avec l’UCM. A Woluwe-Saint-Lambert, « je la complète avec un dédommagement qui peut atteindre 5000 euros », indique le président de DéFI.

DéFI, libéral et véritablement social

« Nous sommes des centristes progressistes. Notre action montre que nous sommes plus libéraux que les libéraux dans la confiance que nous plaçons en l’initiative individuelle et l’entrepreneuriat. En même temps, nous sommes véritablement sociaux, à la différence des socialistes qui protègent des institutions et des procédures archaïques de protection sociale », affirme le président de DéFI.

Le système actuel ne peut répondre correctement aux besoins des citoyens victimes d’aléas de la vie. C’est pourquoi DéFI avance des idées novatrices pour maintenir une société harmonieuse et pacifique. « Nous vivons en Europe dans des démocraties qui ont pu créer un modèle de développement pour tous. Ne perdons pas cet acquis », rappelle Olivier Maingain.

« La hausse des revenus du travail doit être raisonnable et négociée »

 Aujourd’hui il existe un malaise visible et les gilets jaunesen sont d’ailleurs l’expression. La hausse du pouvoir d’achat ne figure plus dans les priorités des gouvernements belges et européens. « On le voit : la part des revenus du travail diminue dans la distribution des richesses », constate Olivier Maingain. Cette diminution n’est pas favorable à la croissance économique, largement dépendante des capacités financières des ménages. Cependant, « il va de soi que la hausse des revenus du travail doit être raisonnable et négociée », ajoute le président de DéFI.

DéFI plaide pour une écologie solidaire

 Il existe dans le parti Ecolo « un courant écologiste très minoritaire mais très actif, qui affirme que tout acte de consommation, même responsable, est une atteinte aux équilibres environnementaux », déclare Olivier Maingain. Si dans cette logique il faut abandonner l’économie de marché et faire marche arrière en revenant vers un comportement autarcique, la pauvreté gagnera du terrain. Ce n’est pas le choix de DéFI qui opte pour une écologie solidaire, pas régressive.

Le CDH reste un parti de pilier

 Un rapprochement avec le CDH ? « Tout est toujours possible en politique » répond Olivier Maingain. Cependant, le président de DéFI constate que le CDH manque de réflexion sur le développement des villes et leur rôle dans l’économie. Le CDH reste un parti de pilier qui ne s’est pas adapté à la pluralité philosophique et religieuse de la société. En effet, « les gens ne choisissent plus leurs services en fonction de leurs convictions, mais pour la qualité », rappelle Olivier Maingain.

DéFI regrette l’échec de la pension à points

 « C’est un système équitable, transparent et prévisible, à condition bien entendu de garantir la valeur du point », affirme le président de DéFI. En effet, la pension à point permettrait d’évoluer vers la moyenne européenne où la pension légale équivaut à 71% du salaire moyen. Alors qu’en Belgique, le taux de remplacement est de 63,7% avec d’importantes disparités.

Toutefois, des mesures positives ont été prises par le gouvernement comme le report de l’âge de départ à la retraite qui était une nécessité que DéFI avait eu le courage de dire en 2014. Mais « le dossier de la pension à points n’a pas abouti parce qu’il a été mal engagé », indique Olivier Maingain. Par ailleurs, si les carrières sont allongées, « il faut en même temps définir les éléments qui définissent un départ anticipé. Il fallait tout de suite proposer une méthode pour définir la pénibilité, avec les partenaires sociaux. Ça, c’est du libéralisme social », ajoute le président de DéFI.

Une réduction des charges fiscales

Pour DéFI, il est nécessaire de rétablir l’équité pour les chefs de PME dont la rémunération n’est pas suffisante pour bénéficier du taux réduit et supprimer l’amende qui les menace. En ce qui concerne les personnes physiques, pour le président de DéFI, il est temps d’avoir l’audace d’une réforme qui réduit véritablement les taux de prélèvement en réfléchissant à une forme de globalisation des revenus. « Il faut supprimer des niches de déductibilité, mais immuniser les dépenses d’entretien du patrimoine. Ce serait très efficace contre le travail au noir qui pénalise les entreprises correctes », mentionne Olivier Maingain.

Continuer à percer en Wallonie

 Là où DéFI est présent en Wallonie, le parti amarante a enregistré aux communales des résultats au-delà des 5 ou 6% avec des pointes à 15% voire davantage. Il est donc primordial de travailler à un maillage complet du territoire wallon. « Si nous existons, nous apportons un autre retard sur la gestion publique », déclare Olivier Maingain. Cependant, percer en Wallonie ne signifie pas délaisser d’autres zones. DéFI veut rester présent et participer aux coalitions partout où cela est possible « pour apporter l’équilibre, l’apaisement, la créativité », ajoute le président de DéFI.

« Il est temps de faire monter la jeune génération »

 Olivier Maingain quittera la Chambre en mai et ne demandera pas le renouvellement de son mandat à la présidence de DéFI. Il conservera cependant son poste de Bourgmestre dans la commune de Woluwe-Saint-Lambert. « Il est temps de faire monter la jeune génération », annonce Olivier Maingain. « J’ai envie d’écrire et d’avoir un peu de temps de vie. J’ai eu des journées infernales, mais je suis comblé de ce que j’ai pu faire à la tête du parti. DéFI aujourd’hui n’a plus rien à voir, ou très peu, avec le FDF de mon entrée en fonction. Nous avons créé un vrai parti généraliste et novateur », ajoute le président de DéFI.

 Olivier Maingain continuera à s’investir dans la réflexion au sein de DéFI et soutiendra la jeune génération, comme il a été soutenu jadis. « Je reste dans le débat politique mais d’autres incarneront l’action et le message de DéFI. On peut se lasser de voir toujours la même personne dans les médias », conclut le président de DéFI.

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