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DéFI souhaite convoquer des États-généraux de la Santé
Le lundi 11 mai 2020

Convoquer des États-généraux de la Santé dès septembre : c’est une des propositions-phares formulées par le président de DéFI, François De Smet, dans une grande interview publiée ce lundi 11 mai par La Libre Belgique.

« Il faut refédéraliser toutes les matières liées à la sécurité de l’existence »

Tel est, selon François De Smet, le premier enseignement politique à tirer de la crise après deux mois juste de confinement: « Neuf ministres de la Santé ? Dans l’état actuel des compétences, il ne serait même pas possible d’établir un plan national anti-tabac ou anti-alcool en Belgique. Il faut refédéraliser tout ce qui a trait à la sécurité de l’existence, c’est-à-dire la santé au sens large, la sécurité sociale, les allocations familiales, les maisons de repos et de soins. Dans le même temps, peut-être faut-il s’interroger aussi sur la hiérarchie des normes en Belgique. Afin d’éviter des clashs comme celui que nous avons été à deux doigts de vivre il y a quelques semaines avec les Flamands qui ne voulaient pas fermer leurs écoles en même temps que les autres, ne pourrions-nous pas imaginer un mécanisme de préséance de la décision fédérale ? C’est un des problèmes majeurs de notre impuissance. »

Réunir le secteur et les politiques

La première proposition de DéFI est donc la convocation d’États-généraux de la Santé dès que possible : « Je propose de convoquer dès septembre, si la crise sanitaire le permet, des États-généraux de la santé. Tout le monde sait que le gouvernement Michel a tenté de réformer les soins de santé mais avec un gros point noir, à savoir l’absence totale de concertation avec le secteur. Cela pourrait être un bel exercice de démocratie que de réunir tous les acteurs du secteur (hôpitaux, maisons de repos, généralistes, spécialistes, infirmiers à domicile…) et les politiques. Nous devons tous battre notre coulpe. Demain, il ne sera plus possible de gérer les soins de santé sans les soins de santé. Prenons six, neuf mois pour mener à bien cette réflexion ensemble, pour parler du refinancement du secteur et pour mettre à plat une bonne fois pour toutes cette question institutionnelle de la refédéralisation ou non de la compétence. »

Revaloriser les métiers peu valorisés

Pour le député fédéral DéFI, la crise actuelle aura été un gigantesque révélateur des inégalités sociales et aura au moins permis de rappeler le rôle capital de fonctions parfois « invisibles ». « Une série de métiers, d’habitude invisibles et d’habitude peu valorisés (infirmiers, caissiers, facteurs, éboueurs, policiers…), ont fonctionné tandis que d’autres, vous et moi, télé-travaillaient. Sur ce point, je pense que cela va être compliqué de revenir en arrière sans aborder la question de la revalorisation, notamment salariale. »

Fiscalité plus simple et plus juste

Pour DéFI, « le moment de la justice fiscale est venu » pour rendre la société plus juste: « Notre système fiscal actuel est injuste car il est illisible, martèle François De Smet. Comme nous ne sommes pratiquement jamais parvenus à nous accorder dans notre pays sur les baisses de taux d’impôts, nous gardons des taux d’imposition très élevés mais auxquels on ajoute des petits packages pour les uns et les autres : des intérêts notionnels, l’avantage fiscal sur les voitures de société, etc. Par conséquent, on aboutit à un modèle où ce ne sont pas les personnes que l’on applaudit le soir à 20 heures qui sont avantagées mais bien ceux qui ont les meilleurs conseillers fiscaux. Notre système fiscal ne fait pas l’objet d’une adhésion de la population. Ce qu’il faut, c’est un shot de simplifications fiscales qui permettraient de rendre notre système plus juste : se passer de niches fiscales, lutter contre la grande fraude, taxer les Gafa ou taxer les revenus du capital et du patrimoine. »

« Encourager le télétravail, c’est faire confiance aux individus »

Une nouvelle approche du travail, avec de multiples implications sociales et sociétales, est apparue avec la généralisation du télétravail. « Un sondage a établi que neuf employés sur dix se disent prêts à continuer l’expérience entre un et trois jours par semaine après la crise. Les employeurs, majoritairement frileux quant à l’idée du télétravail, semblent aussi revoir leur position sur la question. Une société où le télétravail est beaucoup plus fort est aussi un monde où l’on fait davantage confiance aux individus », conclut François De Smet.

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