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DéFI propose une évaluation obligatoire à l'entrée pour lutter contre l'échec en première année
Le mercredi 24 juin 2020

Comment lutter contre le taux structurellement et anormalement haut d’échec (62%!!!) lors de la première année de l’enseignement supérieur ? Depuis des décennies, ce chiffre suscite le fatalisme. Pour DéFI, il n’y a pourtant pas de fatalité.

Joëlle Maison, cheffe de groupe DéFI au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, vient d’ailleurs de déposer une proposition de décret mettant sur la table le principe d’ « aide à la réussite » : une mesure sociale puisqu’elle vise à accompagner les étudiants lors du délicat passage du secondaire vers le supérieur. Les inégalités sociales sont souvent pointées comme un des facteurs d’échec lors de ce grand saut mais également le manque d’accompagnement et surtout d’orientation.

S’appuyant sur l’expérience « Passeport pour le bac » menée par le professeur Marc Romainville (UNamur), qui présente une importante fiabilité de prédiction de l’échec, cette « aide à la réussite » consiste en une orientation en amont du début du cursus et en un accompagnement durant la première année dans l’enseignement supérieur (universités et hautes écoles). Concrètement, les étudiants souhaitant s’inscrire dans une faculté (ou plusieurs s’ils hésitent) passeront une évaluation des acquis de base (EAB), qui leur permettra de savoir dans quelle mesure ils sont prêts à entamer ces études. Une première évaluation aura lieu fin juin, une deuxième – en cas d’échec – fin août.

« Le contraire d’un examen d’entrée : une aide à la réussite »

Toutefois, précise Joëlle Maison, « ce n’est en aucun cas un filtre ou un obstacle à l’enseignement supérieur. Il y a 62% d’étudiants qui échouent en première année dans les hautes écoles et universités. Cela fait trente ans et on ne réagit pas. On propose donc une évaluation des acquis de base de chaque étudiant qui souhaite entreprendre des études supérieures. Et si l’étudiant présente des lacunes, nous voulons qu’il soit accompagné durant sa première année pour réussir son cursus. »

Car, et c’est le deuxième volet du processus, il n’est absolument pas question (comme c’est le cas dans les filières à examens d’entrée, médecine, polytech, enseignement artistique…) d’entraver le choix de l’étudiant de s’inscrire dans ce cursus. Au contraire, une fois identifiés ses manques, l’étudiant et la faculté s’engageront réciproquement au moyen d’un contrat d’aide à la réussite (CAR). L’université ou la haute-école proposeront des modules de remédiation pour accompagner l’étudiant et celui-ci s’engagera à les suivre pour assurer sa réussite.

Cela nécessiterait un financement mais, en même temps, rappelle la parlementaire bruxelloise DéFI,  « les études montrent que 1% de réussite d’étudiants en plus permet de compenser le déficit lié aux échecs et cela peut permettre de financer des modules de réussite et d’accompagnement dans les hautes écoles et universités. »

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