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Province de Namur
DéFI à la rencontre des éleveurs wallons à Ciney
Le jeudi 6 février 2020

Vendredi, c’est Wallonie

Vendredi dernier, notre Président François De Smet était en visite à Ciney, en Province de Namur. Au programme, visite du marché aux bestiaux, présentation de l’histoire du marché, rencontre à l’Awé et visite du centre d’insémination et, pour finir, rencontre avec Adrien Paquet, éleveur et agriculteur à Dorinne.

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Les défis de la filière bovine belge

Aux petites heures du matin, Benoit Cassart attend ses visiteurs à l’entrée du marché couvert. A sept heures tapantes, direction la tour de contrôle, au-dessus de l’escalier pour voir l’ouverture du marché. Lors de cette première visite matinale, nous rencontrons nombre d’éleveurs, de marchands et de transporteurs venus des 4 coins du pays. 

François De Smet, accompagné de son équipe DéFI, a effectué cette visite aux côtés de Benoit Cassart, éleveur à Havelange, Pascal Goergen, nouveau Président de DéFI pour la Wallonie, Amaury Alexandre, député provincial de Namur, Jonathan de Patoul, député bruxellois et vétérinaire de formation, Bertrand Custinne, conseiller communal à Yvoir et Isabelle Noël, secrétaire pour DéFI Wallonie.

Il ressort de ces rencontres que la filière belge de la viande bovine a les nerfs à vif et est au bord de l’implosion. Sont en cause notamment : 

  • des prix trop bas dûs à l’offre supérieure à la demande (autosuffisance nationale de 140 %), 
  • une image exagérément négative de la viande et baisse de la consommation, 
  • une évolution de la consommation vers la viande industrielle au détriment de la viande de qualité et des morceaux nobles, une spécialité belge, 
  • difficultés d’exportation du bétail vif suite à l’apparition de la FCO (fièvre catarrhale ovine), 
  • la menace de l’ouverture du marché européen aux viandes du Mercosur, dont le cahier de charge est bien moins stricte que le nôtre.

Ce contexte économique difficile entraîne une forte augmentation des délais de paiement…et donc de la nervosité des opérateurs.

Consommer moins de viande et privilégier la qualité 

« Nous devons cesser de vouloir aller plus loin que nos amis et partenaires européens au niveau sanitaire, au niveau des contraintes administratives et au niveau du bien-être animal. Le marché de Ciney est le plus grand d’Europe. Il est aussi une référence internationale au niveau de la traçabilité et du bien-être animal, explique Benoit Cassart. “Il est hors de question de voir disparaître un outil qui permet de fixer les cours du bétail en confrontant offre et demande de manière ouverte et transparente. De plus, ce marché est une vitrine pour pouvoir valoriser nos animaux à l’exportation ».

Jonathan de Patoul : « On ne se rend pas compte du coût réel de l’alimentation. Manger de la viande de qualité, ce n’est pas une chose de tous les jours. Il vaut mieux manger de la viande une fois de temps en temps, en privilégiant la qualité ».

La Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) était également présente à l’occasion de cette rencontre. Marie-Laurence Semaille, responsable du secteur bovin à la FWA, éclaire les propos de Jonathan de Patoul : « Quand on dit de diminuer sa consommation de viande, les gens comprennent souvent qu’il faudrait manger moins de steak. Au contraire, on conseille plutôt d’éliminer la charcuterie, les plats transformés et tout ce qui est vendu préparé. Ces produits-là posent plus grandement question par rapport à la santé. Hors, diminuer sa consommation de viande a un impact direct sur le type d’élevage qu’on pratique chez nous » 

Mauvaise image du secteur bovin, et pourtant…

Après le marché aux bestiaux, en route vers le centre d’insémination. Dans une salle de conférence feutrée, le directeur du centre, Christophe Boccart, nous explique de manière posée et didactique son organisation : l’Association Wallonne de l’Elevage (Awé), ainsi que les atouts de notre race nationale (le Blanc bleu belge) et son destin international. Selon Benoit Cassart, « il est temps de rendre à l’élevage wallon l’image qu’il mérite par rapport à tous les efforts réalisés pour améliorer la sécurité, l’impact environnemental et la qualité de notre viande ».

Monsieur Boccart nous explique qu’un enregistrement des animaux est effectué minutieusement, car tout processus de sélection doit s’appuyer sur une connaissance du pédigrée de l’animal. On exerce dans les exploitations des contrôle de performance et de qualité, on dresse une classification, il y a des pesées selon les races. Il ajoute que « les techniques de reproduction assistées sont un véritable service public rendu aux éleveurs. Ce sont des prestations offerte à tous, quelle que soit la génétique ».

Des pistes au niveau local et européen

Place ensuite à la visite de l’exploitation d’Adrien Paquet, bioingénieur, à Dorinne. Il nous explique l’étude réalisée chez lui pour mesurer à l’émission carbone de l’activité d’élevage. Cette étude va à l’encontre des idées reçues et constitue un argument de taille pour démontrer la pertinence du modèle agricole européen.

Adrien Paquet nous donne l’exemple des pionniers de l’agriculture de conservation en France, qui énoncent le modèle plus durable : « un modèle de polyculture élevage, autrement dit, un élevage lié à des cultures d’élevage qui alimentent le sol en fumier, en carbone ». L’élevage est essentiel pour développer des systèmes intégrés pérennes.

Aujourd’hui, l’autosuffisance alimentaire européenne est menacée par le vieillissement de la population agricole. Pour, ensemble, la sauvegarder, il est important que les consommateurs citadins et les agriculteurs se rapprochent et communiquent mieux. Le nombre de fermes fond comme neige au soleil et la moyenne d’âge des agriculteurs est de 57 ans en Belgique.

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