Relations internationales
Concertation : les suites de la Ste Emilie et les perspectives pour le tourisme
Le jeudi 27 octobre 2016

Dans le cadre de la 6e réforme de l’Etat, les francophones entre eux ont adopté les accords dits de la Sainte Emilie, visant à assurer la cohérence et la coordination entre Wallonie et Bruxelles pour les compétences transférées. Un certain nombre d’éléments ont été alors formalisés, dont l’installation d’un comité ministériel et d’un organe de concertation[1].

En octobre 2014, vous expliquiez, je vous cite : « l’installation du comité ministériel et de l’organe d’avis fera l’objet d’une attention commune. Ces instances qui ont pour rôle d’assurer la concertation feront l’objet d’un décret, d’un arrêté, d’un accord-cadre portant sur la santé et l’aide aux personnes »[2]. La logique de cette concertation vise à assurer la cohérence au sein de la francophonie belge. Si les organes désignés à cet effet ne se réunissent qu’une fois les choix opérés, « une perte de substance est à craindre », déplorait mon collègue qui vous interrogeait alors.

En mars 2016, soit, plus d’un an et demi après cette première déclaration, vous étiez à nouveau interrogé, par un autre de mes collègues. A cette occasion, vous répondiez que « la mise en œuvre la plus urgente concerne en effet l’organe de concertation prévu, l’accord-cadre ainsi que la composition de l’organe ministériel et de la cellule technique permanente. Pour exécuter l’accord-cadre, nous comptons proposer un accord de coopération d’exécution, mettant en place l’organe de concertation. Une proposition de texte sera soumise en ce sens très prochainement aux partenaires de gouvernement. (…) Ceci permettra dès lors de mettre véritablement en œuvre la concertation sur ces matières »[3].

En matière de la promotion du tourisme, on observe l’efficacité de l’Office flamand pour promouvoir, à travers Bruxelles, les destinations touristiques situées en Flandre. L’attrait touristique indéniable de Bruxelles permet d’attirer les publics et de leur proposer en même temps l’offre flamande, riche et diversifiée. Pour les jeunes, un site unique a été développé, http://www.touristinfoforyoungpeople.be, qui propose des cartes subjectives de toutes ces villes dans lesquelles les centres d’intérêt « jeunes » sont mis en exergue. On trouve d’ailleurs, sur le site du Tourist Info for Young People vzw, un onglet promouvant, aux côtés d’Anvers, de Gand, de Maline, de Bruges et de Louvain, la célèbre ville flamande … de Mons[4] ! Mais lorsqu’on clique dessus, on n’arrive… nulle part !

Aussi, je me demande comment, une fois scindé le WBT (Wallonie-Bruxelles Tourisme), le dragon, les géants, les gilles, les sorcières, et les zinnekes bénéficieront d’une telle promotion concertée auprès des jeunes, notamment, et de tous les touristes, qui aiment se balader d’une ville à l’autre à la découverte des visites touristiques, lieux de divertissement nocturne, magasins, boissons, restaurants et des curiosités occasionnelles.

 

J’en viens, Monsieur le Ministre à mes questions croisées, sur la concertation nécessaire entre les entités à instaurer afin de garantir des politiques les plus cohérentes possibles sur une base large :

Où en est l’installation du comité ministériel prévu dans le cadre des Accords de la Ste Emilie et les accords d’exécution ?

  1. En leur absence, comment la Fédération Wallonie-Bruxelles joue-t-elle son rôle d’élaboration des synergies ?
  2. Pour la scission de WBT, un cadre de coopération entre les Régions est-il prévu ? Un organe de concertation, nécessaire pour promouvoir le tourisme entre les lieux touristiques francophones, est-il prévu ? Dans la négative, pourquoi ?
  3. Comment pourra s’opérationnaliser la promotion concertée des lieux touristiques au sein de toute la francophonie belge ?
  4. Comment les délégations étrangères de WBT continueront-elles à promouvoir des circuits touristiques cohérents entre la Wallonie et Bruxelles ?
  5. Comment la représentation des lieux touristiques francophones au sein des salons sera-t-elle réalisée, en dédoublant les stands, un pour Bruxelles et un pour la Wallonie ? Quid de la dimension culturelle de la promotion touristique ? Et une concertation avec les Régions pour les intérêts de commerce extérieur a été menée ?

[1] Chapitres 4 et 5 de l’accord de coopération-cadre du 27 février 2014 entre la Communauté française, la Région wallonne et la Commission communautaire française relatif à la concertation intra-francophone en matière de santé et d’aide aux personnes et aux principes communs applicables en ces matières, adopté le 3 avril 2014.

[2] CRIC N°3 – RI1 (2014-2015), p. 9.

[3] Bulletin des questions et des réponses N°7 (2015-2016), p. 45.

[4] Cfr. http://www.touristinfoforyoungpeople.be/#useit|0

 

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