Affaires générales
Les comparaisons approximatives dans l’étude Cevipol tentant de justifier le nombre trop important d’élus bruxellois
Le lundi 29 janvier 2018

La presse s’est faite l’écho ces dernières semaines du trop grand nombre d’élus politiques dans notre région, s’appuyant, renseignements pris, sur l’étude CEVIPOL en reprenant notamment les chiffres repris dans le tableau 8 justifiant le trop grand nombre d’élus dans notre Région

En parcourant l’étude, j’ai été assez sidéré par le fait de calculer des ratio d’élus au km²…

Mais plus encore par le fait que les auteurs de l’étude rajoutent les députés bruxellois à Bruxelles qui exercent des compétences régionales, mais aussi décrétales via la Cocof et même toutes celles issues de l’ancienne province du Brabant, alors que pour toutes les autres villes wallonnes et flamandes, on omet les compétences exercées par les conseillers provinciaux.

Pour être tout à fait correct, l’étude aurait dû soit enlever les députés bruxellois et s’en tenir aux compétences communales, soit rajouter pour les villes wallonnes et flamandes tous les élus provinciaux ainsi que les députés régionaux au prorata de la population des villes considérées. Exemple : sur les 124 députés flamands du Vlaams Raad, cela donne globalement 12 députés sur Anvers + les conseillers provinciaux au prorata de la population considérée.

Bref, la comparaison faite par l’étude est vraiment une bancale… et totalement « anti-bruxelloise » en ce sens qu’elle dépeint une image faussée de la réalité, image reproduite dans les médias.

Autre exemple : On compare la Ville de Charleroi et la ville de Liège avec 200.000 habitants avec  « Bruxelles 1,2 M habitants » alors qu’il faudrait les comparer avec la commune de Bruxelles qui compte 185.000 habitants et autant de conseillers communaux que Liège et Charleroi. A Liège, il y a sur la province 56 conseillers provinciaux, 23 députés wallons. Bref on n’aurait pas le même décompte si on le faisait sans mélanger  les pommes et les poires.

Je ne sais pas quel étudiant a été mandaté pour réaliser cette partie de l’étude, mais les tableaux 8 et les pages associées ne sont pas rigoureusement et scientifiquement justes.

Si on avait été un peu plus rigoureux, on serait en fait arrivé à un résultat bien différent, à savoir que Bruxelles compte deux fois moins d’élus que la Wallonie et 50% de moins qu’en Flandre.

19 bourgmestres et plus de 160 échevins pour 1,2 million d’habitants, c’est effectivement élevé, mais c’est bien moins qu’en Flandre où l’on compte 16 fois plus d’élus locaux pour gérer moins de 6 fois plus de population, c’est aussi bien moins qu’en Wallonie où l’on compte 14 fois fois plus d’élus locaux pour gérer 3 fois plus d’habitants. Et je ne parle pas des 351 conseillers provinciaux flamands et 223 conseillers wallons qui ne peuvent rivaliser avec Bruxelles qui n’en compte aucun, et dont les compétences sont exercées par le Parlement bruxellois.

Il est d’ailleurs plus qu’étonnant que l’étude et les déclarations afférentes fassent systématiquement mention d’un souhait de diminuer les élus communaux, conseillers, échevins, députés, mais qu’on ne parle jamais d’une diminution de cabinets ministériels.

Ce débat est un débat important mais il me semble que pour être abordé sereinement, on ne peut réduire le nombre d’élus du pouvoir législatif sans entamer aussi une réforme de l’exécutif, et qu’aborder la question du nombre de ministres par rapport aux compétences exercées mais aussi du nombre de collaborateurs dans les cabinets, doit mériter autant d’intérêt et d’acuité scientifique que les comparaisons des pouvoirs locaux.

Dès lors mes questions sont les suivantes :

  1. Pourriez-vous nous dire quel est le coût de l’étude commandée, quand l’étude définitive sera disponible ?
  2. Avez-vous eu l’occasion de signaler ces erreurs flagrantes dans les comparaisons ?
  3. L’étude sera-t-elle corrigée en tenant compte des réalités des compétences exercées et en ne tronquant plus les tableaux afin de ne pas tenter de justifier par de mauvaises comparaisons une diminution d’élus à Bruxelles.

Découvrez : 

Le compte rendu des débats

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