Choisir l’excellence de l’enseignement : plus qu’une ambition, un devoir de la société

L’enseignement francophone a trop souffert des errements des politiques plus préoccupés de laisser leur nom à l’une ou l’autre réforme, souvent anodine, que de lui donner la réelle ambition de l’excellence en faisant confiance à des équipes pédagogiques bien formées, motivées et reconnues pour la qualité de leur travail.

Au cours de l’été 2017, DéFI a proposé à l’ensemble des partis francophones de conclure un pacte politique pour garantir la pérennité de cette ambition. Certains ont dédaigné cette proposition que nombre d’acteurs avaient trouvé intéressante et nécessaire. Pourtant les parents et leurs enfants, les directions, les enseignants et tous les membres du personnel des écoles ont besoin de certitudes sur le long terme. Le Pacte d’excellence a créé une dynamique. Il doit être adapté et amélioré, précisé sur le plan budgétaire, mais les politiques qui voudraient nier l’importance du travail accompli, voire le rejeter, seraient hautement coupables de priver les jeunes francophones et leurs familles d’une appréciation claire des objectifs de notre enseignement.

Il faut remettre l’exigence de l’effort au cœur de notre enseignement. Cette exigence doit être partagée par tous les acteurs du projet pédagogique et les parents doivent assumer leur part de responsabilité dans la qualité de la formation de leurs enfants.

66. DéFI veut un enseignement qui motive chaque enfant à acquérir les meilleures capacités, connaissances et compétences.

L’enseignement doit permettre à tous les élèves de s’épanouir, de développer la confiance en eux, une pensée autonome et critique et de poser des choix éclairés. Pour ce faire, l’enseignement doit reconnaître toutes les formes d’intelligence et proposer les outils pédagogiques permettant à l’enfant de progresser et de se sentir valorisé. Il ne s’agit pas d’accepter un nivellement par le bas de notre enseignement. L’effort doit être exigé, mais il doit être aussi valorisé car un enfant progresse dans son parcours scolaire lorsqu’il est reconnu dans sa volonté de toujours aller de l’avant, dans ses compétences et capacités personnelles. La pédagogie de la motivation doit être encouragée.

67. DéFI soutiendra la dynamique amorcée par le Pacte d’excellence.

A juste titre, le Pacte d’excellence met la priorité sur la maîtrise de la langue d’enseignement. Pour un nombre non négligeable d’enfants qui fréquentent l’enseignement francophone, cette maîtrise est insuffisante. C’est dès l’enseignement maternel qu’il faut encourager la compréhension de la langue d’enseignement. L’initiation à la lecture est prioritaire dès le plus jeune âge. Un enfant qui a appris à aimer lire est celui qui a le plus de chance de réussir son parcours scolaire.

68. DéFI imposera l’obligation scolaire dès l’âge de 3 ans.

L’investissement dans l’enseignement maternel est prioritaire par le renforcement de l’encadrement que l’actuel gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a pour partie réalisé,  mais aussi par une évaluation plus précise du projet pédagogique de ce niveau d’enseignement. Il doit être obligatoire dès l’âge de 3 ans.

69. DéFI responsabilisera davantage les parents en faisant d’eux des partenaires actifs dans la scolarisation de leurs enfants au travers d’un contrat école-parents.

Ce contrat mettra également l’accent sur la maîtrise de la langue d’enseignement par les parents. A cette fin, il sera créé au sein de l’enseignement de promotion sociale une filière spécifique d’apprentissage par les parents de la langue d’enseignement de leurs enfants.

70. DéFI abrogera le décret « Inscription » pour le remplacer par un mécanisme d’encadrement des inscriptions, transparent, rationnel et décentralisé.

Le décret « Inscription » n’a jamais été accepté car les parents se sentent dépossédés du choix de l’école de leurs enfants. Plutôt que d’imposer des critères mécaniques de sélection de l’école d’un enfant sur la base d’un critère peu pertinent (distance du domicile-école), il convient de privilégier l’accompagnement des parents dans le choix de l’école de leurs enfants. C’est la priorité pédagogique qui doit guider le choix des parents. Un enseignement d’excellence ne devrait plus permettre qu’un établissement scolaire soit stigmatisé par rapport à un autre. C’est cette stigmatisation qui est la véritable cause de l’échec du décret « Inscription ».

71. DéFI imposera l’apprentissage d’une langue autre que celle de l’enseignement, néerlandais, anglais ou allemand selon le choix des parents, dès la 3e maternelle et veillera au financement pour toutes les écoles des cours de langue organisés dès la 3e année primaire.

72. DéFI évaluera et renforcera l’encadrement des différentes écoles accueillant les publics les moins favorisés.

A cette fin, le statut des enseignants sera modifié pour que les enseignants ayant la plus grande expérience professionnelle ou la volonté de travailler dans ces écoles bénéficient d’une valorisation salariale.

73. DéFI inclura le travail autonome (devoirs, leçons) dans la journée scolaire.

74. DéFI modifiera le statut du personnel pour que des professionnels expérimentés puissent apporter à l’école leurs compétences et expériences.

75. DéFI renforcera l’allongement de la formation initiale en alternance et favorisera la mobilité inter-réseaux des enseignants en permettant de garder le bénéfice de l’expérience acquise.

76. DéFI poursuivra et amplifiera la réforme visant à donner plus d’autonomie aux directions d’écoles et aux équipes pédagogiques.

La stabilité des équipes pédagogiques est essentielle à la réussite des objectifs d’un établissement scolaire. Le statut du personnel enseignant doit être adapté à cette fin.

77. DéFI précisera les évaluations de certification en fin de cycle ou de niveau scolaire.

A la fin du cycle primaire, la certification doit vérifier que l’enfant maîtrise valablement les savoirs de base : lire, écrire, les fondements des mathématiques et des sciences. A cette fin, les épreuves organisées seront évaluées et adaptées.

A la fin du cycle secondaire seront organisés des examens de certification communs à tous les établissements, selon le type d’enseignement organisé.

78. DéFI construira les écoles numériques de demain.

L’intégration du numérique dans les écoles est un enjeu pédagogique, sociétal et économique. DéFI se fixe pour objectif d’équiper, au plus tard pour 2025, l’ensemble des établissements scolaires des équipements utiles à l’éducation numérique, dès le plus jeune âge, de tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cet investissement vise l’installation du Wi-Fi dans les classes, l’implantation de tableaux numériques et la mise à disposition d’un ordinateur pour 10 élèves. Il s’accompagnera d’un plan de formation continue des enseignants. Chaque établissement disposera d’un enseignant référent chargé de sensibiliser et d’accompagner ses collègues.